Pinochet toujours à la barre : Le colosse a déjoué tous les pronostics

Le Premier ministre, chef du gouvernement, Ousmane Issoufi Maïga, Pinochet, est rentré de Bentia, son village natal, où il s’était rendu pour des vacances bien méritées mais sans doute aussi pour se ressourcer auprès des siens...

4 Sep 2006 - 11:41
4 Sep 2006 - 11:41
 0
Pinochet toujours à la barre : Le colosse a déjoué tous les pronostics

Le Premier ministre, chef du gouvernement, Ousmane Issoufi Maïga, Pinochet, est rentré de Bentia, son village natal, où il s’était rendu pour des vacances bien méritées mais sans doute aussi pour se ressourcer auprès des siens. Connu pour son sens élevé de la famille et son attachement aux valeurs multi-séculaires de la société africaine, singulièrement celles du Songhaï, saviez-vous que Pinochet, ce grand commis de l’Etat devenu ministre de la république  est un prince bon teint, car issu d’une famille de chefferie ?

Premier ministre de la république du Mali depuis mai 2004, l’homme à poigne qu’il est, a réussi à déjouer tous les pronostics. Contrairement à tout ce qui se disait ça et là sur sa personne, et sa méthode, force aujourd’hui est de se convaincre au regard du chemin parcouru que l’occupant de Bamako-Coura est véritablement un colosse. Mohamed Ahmed Ag Hamani n’a pas fait autant, pas en tout cas mieux que lui en terme de durée à la tête d’une équipe gouvernementale composée de ministres de tous bords. A 8 petits mois du prochain scrutin présidentiel, il reprend le commandement du lourd navire. Deux années bien remplies avec en prime des réussites notables à bien des égards .

A vrai dire, plein de choses plaide en faveur du locataire de la primature crédité de résultats on ne peut plus probants, juste concrétisation des actes qu’il a posés et qu’il continue d’ailleurs d’aligner en matière de gouvernance, de développement tout court.

Malgré les coups de Jarnac de quelques canards boiteux, qui ont maille à partir avec lui sans parvenir à le déstabiliser véritablement, Pinochet a réussi sans coup férir à imprimer son rythme à un attelage gouvernemental qui a fini par s’y adapter.

Il ne s’agit point, même ‘il le mérite, de faire un bilan laudateur de l’œuvre d’Ousmane Issoufi Maïga, de surcroît dans un pays où les attentes restent nombreuses, fortes et pressantes. Mais on ne peut pas, à moins évidemment d’être d’une indécrottable mauvaise foi, affirmer tout go qu’il a transpiré dans la pluie. Force est de retenir un certain nombre de prouesses qu’il a réussies depuis avril 2004 où il a pris les rênes de l’attelage gouvernemental.

Demeuré fidèle, pour ne pas dire collé à la lettre de cadrage que le président Amadou Toumani Touré a su intelligemment extirper de sa vision politique à l’intention du premier ministre en 2002, Pinochet a été pragmatique dans la gestion du consensus politique. D’abord, en tentant avec la complicité de l’homme qui lui a fait confiance, de dépolitiser l’appareil administratif de l’Etat.

A l’école, par exemple, la tension existe certes toujours, mais elle a diminué de plusieurs degrés. Y aura notablement contribué le fait que les postes de responsabilités comme ceux de directeur d’académie, de directeur de Cap ou de proviseur ne sont plus seulement une affaire de parti politique au pouvoir.

Le programme décennal pour l’éducation fait son petit bonhomme de chemin. En vue d’une bonne administration de la justice, quotité non négligeable de la demande sociale, des efforts énormes ont été réalisés, notamment pour sécuriser les juges et les mettre dans les conditions idoines de travail.

Idem pour la santé où les réalisations sont aussi éloquentes. En matière de sécurité alimentaire, il a pu maintenir le cap grâce à une pragmatique politique préventive après le péril acridien et une mauvaise pluviométrie qui ont occasionné une pénurie alimentaire dans certains pays du Sahel. Le Commissariat à la sécurité alimentaire est doté d’une marge de manœuvre lui permettant certes de prendre des initiatives, mais le regard vigilant de la primature veille au grain. Aux grains.

L’homme est surtout réputé sur le terrain des infrastructures. On sait que des grands chantiers de construction de routes, de ponts, d’aménagements hydro- agricoles sont en cours de réalisation. Les bailleurs de fonds, dont la Banque mondiale, ont récemment salué les efforts en matière de croissance économique du premier ministre au moment où plusieurs pays de la sous-région n’arrivent pas à sortir de l’ornière. Pas plus tard que la semaine dernière, le représentant de la Banque mondiale pour la sous - région, James Bond, en visite dans notre pays, a loué les prouesses économiques obtenues par le Mali en matière de finance.

Les Maliens retiennent aussi de Pinochet l’image d’un premier ministre jaloux de la bonne image de la capitale. Il suffit, pour s’en convaincre de s’aventurer dans la ville, par exemple du côté de ‘’La promenade des Angevins’’ qui n’a pas été assainie seulement, mais grâce aux travaux d’aménagements, « rail- da » est désormais devenu un décor fort agréable qui s’offre aux Bamakois.

Bref, le premier ministre aura sans doute réussi à confirmer tout le bien que le peuple pense vraiment de lui : un bourreau du travail.

Après le retour de ses vacances bien méritées de son Bentia natal, c’est un Pinochet très requinqué qui revient pour continuer sur sa lancée. Ce qui fait dire à plus d’un observateurs que le président de la république, Amadou Toumani Touré, ne semble être plus dans la logique d’un remaniement ministériel d’envergure qui toucherait le premier ministre.

Car, de bonnes sources, on apprend qu’ATT compte cheminer avec Pinochet jusqu’à la présidentielle de 2007.

Sory HAIDARA