« Au Mali, s’il y a quelqu’un qui est en droit de réclamer des droits d’auteur, c’est bien moi. Car, pas un jour ne passe sans que mon nom ne soit cité », a coutume de dire le Généralus léopardis, d’un ton badin. Mais quoi de plus normal, pour un Chef d’Etat, sur qui reposent, le présent et l’avenir de 10 millions de Maliens. Ce qui serait plutôt anormal, c’est qu’il ne puisse pas un jour dire, loin des bruits du pouvoir : « j’ai conscience d’avoir rempli ma mission … »
« On a beau détester le lapin, il faut lui reconnaître quand même ses longues oreilles », dit-on. Sous son premier mandat finissant, des changements se sont opérés dans plusieurs domaines : agricole, culturel, éducatif, sanitaire, social… Certaines performances que l’on pourrait même qualifier de « révolutionnaires » ont été réalisées. Tel que le disait le Chef de l’Etat, récemment, à Kita – pour justifier… l’option du gouvernement sur les Accords d’Alger – la seule guerre qui lui importe, c’est celle du développement de notre pays : logements pour tous, santé du corps et du ventre pour tous, éducation pour tous, emploi pour tous, et Jean passe… Bref, le Président de notre Rue publique se veut soucieux du bien-être de ses sujets. Mais là où le bât blesse, c’est qu’il veut faire des œufs sans casser des omelettes !
En fait, que lui reproche-t-on ? C’est son indifférence, face au pillage systématique de notre économie. C’est sa mansuétude envers ces flagrants délits, dont les auteurs sont connus de tous. Sa tendance jugée trop permissive à l’endroit des prédateurs économiques, convaincus de rester impunis, tant qu’il est au pouvoir. C’est son entourage, gangrené par la corruption et le népotisme, qui sapent et tuent dans l’œuf tout ce que le Chef d’Etat met du cœur à entreprendre pour le bien du peuple.
Ainsi, ses plus belles entreprises ressemblent à des gouttes d’eau dans une mer de malversations. Ainsi, le trafic d’influence, entretenu par ses proches ont, de façon indirecte, engendré l’amertume du peuple. Avec leurs corollaires de chantages, d’accusations infondées et de menaces de mort.
Si bien que dans les cercles huppés de la rue publique, il n’est pas rare d’entendre cette boutade : « aujourd’hui, on peut voler ou tuer sans être inquiété. Même « la poule ne quittera pas ses œufs » pour autant ! ». Entendez : aucune sanction ne s’ensuivra ! … Le défaut que le citoyen trouve en ATT, c’est de minimiser, voire passer un voile pudique sur ces méfaits, dont se rendent coupables ces responsables qui essaiment son entourage. C’est sa propension à ne pas vouloir « faire du tort à un moustique, si suceur de sang soit-il ». Or la plus belle preuve d’amour qu’on peut nourrir envers son pays, c’est d’empêcher de nuire, ceux qui lui sucent le sang. Et on ne peut prétendre aimer son pays, et l’abandonner aux mains des prédateurs. Car, « pour triompher, le mal n’a besoin que de l’inaction des gens de bien », alertait le penseur Edmond Burke.
Le Viator