FOPAME 2026 : Le Mali face aux «guerres informationnelles» et au défi de la «souveraineté narrative»
En marge de la première édition du Forum Panafricain des Médias (FOPAME 2026), qui se tient du 3 au 6 juin à Bamako, Abdoulaye Diop, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a animé une rencontre de presse aux côtés de son collègue chargé de la Communication, Alhamdou Ag Ilyène.
Devant une assemblée de médias étrangers, les deux membres du gouvernement ont dressé un tableau sans complaisance des défis sécuritaires, diplomatiques et informationnels que traverse le pays, plaçant la quête de la souveraineté narrative au centre des débats.
Organisé par la Maison de la Presse du Mali et les organisations professionnelles des médias, le FOPAME se veut un cadre de dialogue constructif entre professionnels de l’information et pouvoirs publics du continent. Dans un contexte mondial marqué par des bouleversements géopolitiques et une guerre informationnelle rampante, l’objectif affiché est clair : contribuer activement à la souveraineté narrative des États africains pour leur permettre de dire et d'écrire leur propre histoire.
Abordant la situation sécuritaire, le ministre Diop est revenu sur les récentes attaques qualifiées de «perfides et criminelles». Selon lui, ces actions violentes visaient ouvertement la décapitation du leadership de l’Exécutif malien, afin de briser l’élan d’une gouvernance axée sur la souveraineté et la reprise en main de la destinée du pays par ses plus hautes autorités.
Le chef de la diplomatie malienne a salué la «réactivité remarquable» des Forces de défense et de sécurité du Mali, agissant en coordination avec la Force unifiée de la Confédération des États du Sahel (AES), les partenaires stratégiques et la population résiliente. Grâce à cette synergie, la tentative désespérée des groupes terroristes - inscrits, selon lui, dans des agendas politiques de puissances impérialistes et de sponsors étatiques du terrorisme - a été mise en échec.
Dénonciation des «cabales médiatiques» et appel à une presse professionnelle
M. Diop a vigoureusement dénoncé les «cabales médiatiques, la guerre informationnelle et les relais médiatiques du terrorisme à la solde de certaines puissances néocolonialistes» qui tentent d'asphyxier cette souveraineté narrative. Il a souligné la lourde responsabilité de la presse, particulièrement africaine, appelant à promouvoir des médias professionnels, contemporains, rigoureux, objectifs et patriotiques, dans le strict respect de l’éthique et de la déontologie.
Sur le plan diplomatique, le ministre a rappelé les fondements de la politique extérieure du Mali : bon voisinage, fraternité, solidarité et non-ingérence dans les affaires intérieures des États. Il a insisté sur la diversification des partenariats, dans le respect des principes constitutionnels, tout en réaffirmant l’ouverture du pays au raffermissement des liens avec les nations voisines, par principe de solidarité et par pragmatisme géographique.
Se prêtant aux questions des journalistes, les deux ministres ont mis en lumière plusieurs priorités pour concrétiser cette souveraineté narrative : l’urgence de promouvoir une coopération dynamique entre les médias face aux enjeux actuels de communication ; l’accroissement des investissements en faveur des médias africains, pour générer des récits et narratifs en phase avec les réalités locales ; l'existence d’un triptyque terrorisme armé, terrorisme économique et terrorisme médiatique, utilisé à des fins politiques ; la nécessité de renforcer la communication gouvernementale pour contrer un front médiatique qualifié de «véritable arme de destruction massive».
En conclusion, le ministre Abdoulaye DIOP a mis en avant les efforts importants consentis par le Mali sur ses ressources propres pour sécuriser son territoire, ainsi que les grands chantiers de développement multisectoriel ouverts par les Autorités de la Transition. Ces actions visent à répondre aux aspirations profondes du peuple malien : paix, sécurité et prospérité partagée, tant au niveau national qu’à l’échelle de la Confédération AES.
M. SANOGO