Unir les voix pour renforcer les liens entre médias africains
Le Forum Panafricain des Médias (FOPAME) 2026, tenu à Bamako, a marqué une étape décisive dans la réflexion sur l’avenir du journalisme en Afrique.
Les délégations venues de Mauritanie, Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun, Congo RDC, Bénin, Togo, Palestine et Maroc, aux côtés des pays de l’AES et du Mali hôte, ont partagé une conviction commune : l’avenir du continent ne peut se construire sans des médias forts, solidaires et responsables.
Dans un contexte de mutation technologique accélérée par l’intelligence artificielle et de pressions politiques croissantes, les débats ont porté sur la souveraineté narrative, la coopération et la mutualisation des moyens. Les participants ont insisté sur la nécessité de repenser les modèles économiques fragilisés par la baisse des revenus publicitaires et la dépendance aux institutions publiques. La bataille se situe désormais dans la création de contenus adaptés aux réalités africaines, capables de raconter l’histoire du continent par ses propres voix.
Le forum a aussi été marqué par l’actualité malienne : l’incarcération du journaliste El Hadj Chahana Takiou, directeur du journal Le 22 Septembre, a rappelé les défis liés à la liberté de la presse dans un contexte de conflit et de post-conflit. La délégation mauritanienne, représentée par M. Moulaye Najjim, a souligné l’importance d’une solidarité confraternelle pour protéger les journalistes face aux menaces judiciaires et sécuritaires.
Les panels animés par des figures comme Sadou Yattara, Aly Haïdara ou Bouréma Soulo ont mis en avant l’éducation aux médias comme outil citoyen. Les échanges ont montré que l’Afrique doit inventer ses propres solutions, intégrer l’IA sans perdre son éthique, et bâtir un front commun médiatique. Bamako a ainsi ouvert une nouvelle page : celle d’une Afrique qui raconte son histoire par elle-même, avec conviction et responsabilité.