Régulation des médias au Mali : nouvelle journée d’échanges entre la justice et les journalistes

À l’invitation de la Haute Autorité de la Communication (HAC), une journée d’échanges entre le pôle national de lutte contre la cybercriminalité et les organisations professionnelles des médias s’est tenue ce jeudi 5 février 2026.

6 Fév 2026 - 07:39
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Régulation des médias au Mali : nouvelle journée d’échanges entre la justice et les journalistes

Cette rencontre intervient dans un contexte de transition où les journalistes se sentent de moins en moins en sécurité dans l’exercice de leur métier.

« Un recul préoccupant ». C’est en ces termes que le président de la Maison de la presse, Bandiougou Danté, a dénoncé la méthode d’interpellation des journalistes. Connu pour son ton conciliant, il n’était pas d’humeur ce jeudi matin à l’hôtel Maeva Palace. Il l’a fait savoir au public : « Avant d’entrer dans la salle, j’ai été informé de l’interpellation d’un journaliste et directeur de publication ce matin. Je n’en sais pas plus pour le moment, mais cette façon d’interpeller un journaliste chez lui, sans doute pour un article, est contraire à la loi sur la presse ».

« Entre boycotter cet atelier et y participer, nous avons choisi d’être présents, car le boycott ne serait pas responsable ; ce serait une fuite en avant », a-t-il ajouté. Dans son allocution, le président Bandiougou Danté a appelé à une meilleure application des textes qui cadrent le métier de journaliste au Mali.

Prenant le pouls de la salle, le président de la HAC, Gaoussou Coulibaly, a fait écho aux préoccupations du président de la Maison de la presse. L’enjeu de cette journée, assure-t-il, n’est pas seulement de partager des idées, mais de trouver ensemble des solutions aux problèmes et difficultés ponctuels des médias. Le président de la HAC a replacé la cérémonie dans son contexte : celui de « partager des expériences et des pratiques, avec pour objectif de renforcer la collaboration ainsi que la diffusion des textes législatifs et réglementaires ».

Un autre sujet sensible a également été abordé lors de cet atelier d’échanges : la délivrance de la carte de presse par la HAC. Une solution provisoire, selon le président de l’institution, en attendant l’adoption des nouveaux textes, la commission d’attribution de la carte de presse ne siégeant plus.

Cette solution proposée par la HAC suscite des inquiétudes chez les journalistes. La principale crainte réside dans la confusion persistante, ces dernières années, entre la mission de régulation et celle de la répression. La presse prête au régulateur la volonté de sanctionner systématiquement toute critique du pouvoir en place.

Face à cette réticence, le président de la HAC a tenu à rassurer : aucune conséquence juridique pour sanctionner un journaliste ne sera tirée de ce document, au cas où il serait mis en circulation. « Cette prérogative de sanction liée à la carte de presse ne sera mise en œuvre par la HAC qu’après l’adoption du projet de texte actuellement dans le circuit », a-t-il précisé.

Mamadou TOGOLA/maliweb.net