Accoucher dans environnement sain et sécurisé : l’eau, l’hygiène et l’assainissement sont indispensables.
Au Mali des efforts ont été fournis par l’Etat et les partenaires techniques et financiers dans le domaine de l’approvisionnement des centres de santé en eau, hygiène et assainissement. Mais ces efforts sont insuffisants pour atteindre l’accès universel. Pour accélérer ce processus, WaterAid a lancé une campagne baptisée : « Eau, Hygiène et Assainissement pour la Santé de la Femme ».
Donner la vie devrait être un moment de sécurité et de dignité pour les femmes. Pourtant, la réalité dans les salles d’accouchement est souvent tout autre. Selon un rapport publié en 2024 au Mali, près de 83 % des établissements de santé ne disposent pas d’une eau de qualité conforme aux normes de l’OMS. Pire encore, 57 % des structures (CSCom, CSRéf, hôpitaux) n’offrent aucun accès à des douches pour les femmes après l’accouchement. La situation est particulièrement critique en zones rurales.
« Comment peut-on demander à une femme de rester plusieurs jours à la maternité après un accouchement sans pouvoir se laver, ou dans des toilettes non séparées, souvent insalubres ? C’est une question de dignité, mais aussi de sécurité », s’indigne une sage-femme exerçant dans un centre de santé communautaire.
Selon Mme Yalcouyé Awa Guindo, présidente de l’Association des sages-femmes du Mali, le manque d’eau potable dans les centres de santé a des conséquences directes et graves. Il entraîne notamment des infections post-partum évitables, des conditions de travail précaires pour le personnel soignant et une méfiance croissante des femmes envers le système de santé.
Dans une note de plaidoyer remise à Mme la ministre de la Santé le vendredi 6 mars 2026, l’Association des sages-femmes rappelle que cette situation compromet sérieusement les objectifs nationaux et internationaux de réduction de la mortalité maternelle et néonatale.
Avec pour slogan : « Un environnement sain pour un accouchement sûr », la campagne « Eau, Hygiène et Assainissement pour la Santé de la Femme » lancée par WaterAid, vise à améliorer l’accès aux services d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement dans les établissements de santé. « La campagne vise également à sensibiliser les agents de santé au respect des bonnes pratiques d’hygiène dans les services de maternité et de néonatologie d’une part, et de plaider pour l’amélioration de l’approvisionnement des centres de santé en eau, hygiène et assainissement », a indiqué Issaka Sangaré, chargé de communication et des campagnes à WaterAid Mali.
Dans le monde, plus d’un million de mères et de nouveau-nés meurent chaque année à cause d’infections contractées lors d’accouchements dans de mauvaises conditions d’hygiène. Le manque d’eau potable et de services d’assainissement dans les établissements de santé expose fortement les femmes et les nouveau-nés à ces infections.
Un appel à l’action avant 2030
À l’instar d’autres pays, le Mali s’est engagé à atteindre les Objectifs de développement durable à l’horizon 2030. À l’approche de cette échéance, l’ODD 6, qui vise l’accès universel à l’eau potable, reste un défi majeur. Pour faire de l’EHA (Eau, Hygiène et Assainissement) dans les maternités une priorité nationale, les sages-femmes du Mali ont formulé plusieurs recommandations à l’attention des décideurs : inscrire l’EHA au cœur des politiques de santé maternelle ; mobiliser des financements spécifiques et durables ; équiper toutes les maternités d’un minimum de services (eau potable, douches, toilettes séparées).
L’accès à l’eau potable dans les centres de santé n’est pas seulement une priorité de santé publique, c’est aussi un droit humain fondamental.
Pour atteindre l’accès universel d’ici à 2030, il faut accélérer les progrès
Mamadou TOGOLA