ENTRE NOUS: COUP DE PILON

Celui qui se sert du pilon pour écraser des céréales peut se rendre compte de la puissance de celui-ci lorsqu’il prend par inadvertance un coup en pleine figure …Pan !!! C’est à un coup perdu du genre...

3 Août 2006 - 13:29
3 Août 2006 - 13:29
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Celui qui se sert du pilon pour écraser des céréales peut se rendre compte de la puissance de celui-ci lorsqu’il prend par inadvertance un coup en pleine figure …Pan !!! C’est à un coup perdu du genre que ressemble la sanction infligée aux Maliens par les plus hautes autorités en l’espace de 45 jours, précisément entre le 23 mai, date du défi lancé à la république par des chefs de guerre et le 4 juillet, celle de la signature d’accords dans des conditions pour le moins douteuses.
N’en déplaise aux Maliennes et aux Maliens qui trouvent à redire depuis : le comité chargé d’en assurer le suivi existe désormais sur papier. Il siégera à Kidal. Neuf personnes doivent en être membres, à raison de trois pour l’Etat malien, trois pour les insurgés de Kidal et trois pour l’Algérie. Chacune des trois parties doit, très prochainement, communiquer les noms de ses représentants. Dans la foulée, le très controversé document est désormais logé au cœur du Journal officiel.
Une autre victoire de cette poignée d’individus à ne pas, selon ATT, confondre avec les populations restées fidèles et loyales à la république. Les Maliens réalisent-ils ce qui est en train de leur arriver comme ça ? Pour les frustrer, l’Etat ne pouvait leur infliger pire déculottée devant des voyous, créant un dangereux précédent.
Aujourd’hui, ce sont quelques enturbannés qui auront réussi à donner l’impression aux Maliens d’avoir mis leur Etat à genou- à moins que des vérités leur aient été cachées depuis le départ de cette regrettable affaire. De demain, ce sera peut-être le tour de deux tondus et trois pelés de venir jusqu’à Bamako nous imposer leur dictat.
En vérité, ce sont les Maliens qui continuent de garder la tête sous l’eau car ATT, lui, reste constant dans cette étonnante logique de vouloir plaire tout le temps à tout le monde, d’où cette propension à dire ou à faire une chose et son contraire à la fois.
Certains de ses détracteurs le trouveront hésitant et incapable de décider quoique ce soit, préférant laisser les événements lui en imposer. N’est-ce pas le même ATT qui, au sortir de la transition a laissé entendre que seuls les fous chercheraient à gouverner le Mali, avant de récupérer le fauteuil tout chaud de son prédécesseur et successeur, au prix de moult sacrifices et transactions ?
Le pouvoir a encore le temps de reculer et surtout de tenir le langage de la vérité, celle qui finit toujours par rattraper le mensonge de la politique politicienne. Celle qui ne consiste pas à ‘’électoraliser’’ le débat en travaillant à diviser l’opinion nationale entre adversaires et partisans des accords.
Sory HAIDARA