Incendie du Marché rose : La thèse de l’origine criminelle se repand

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La police privilégie la piste accidentelle : un court-circuit serait à l’origine de l’incendie qui a détruit le marché rose de Bamako
La police privilégie la piste accidentelle : un court-circuit serait à l’origine de l’incendie qui a détruit le marché rose de Bamako.
RFI/David Baché

Les incendies de marchés sont de plus en plus fréquents dans le District de Bamako et dans certaines  capitales régionales. Ce, au point qu’ils sont de plus nombreux à plancher sur la thèse du sabotage, du complot, voire de l’attentat.

 

Après l’incendie du marché «Artisanat» (pas de perte en vie humaine, mais d’importants dégâts), suivront le marché Dossolo Traoré de  Médina-Coura le 03 Février 2014, Woro-sugu »  le 5 mars 2014 et aujourd’hui le «Marché Rose» dans la nuit du 20 Mars 2014 où des dégâts estimés en milliards ont été enregistrés.

 

Bien entendu, le sempiternel «court circuit » serait toujours et partout à l’origine du mal. Une thèse perpétuellement défendue par les autorités avant même l’ouverture, à fortiori les résultats de «l’enquête ouverte» dont on ne connaîtra jamais les conclusions. D’ailleurs, le saviez-vous ? Tous les incendies de marchés dans la capitale malienne ont tous été attribués à ce fameux « court-circuit ». Mais, la cause étant officiellement identifiée, pourquoi alors jamais de solution ?

 

Les cas du « Marché Rose » et celui appelé «Woro-sugu», ils sont survenus à moins d’un mois d’intervalle et ont coïncidé avec les opérations de déguerpissements appelées «fluidité de la circulation». Dans les faits, (la thèse est fortement défendue dans les différents marchés), les victimes de déguerpissements ne seraient pas étrangères aux deux sinistres. Et pour cause.

 

L’on évoque un complot des initiateurs de l’opération «fluidité de la circulation» avec les propriétaires de grands magasins au centre-ville, lesquels se disent étouffés par les petits détaillants. C’est donc dans le souci de satisfaire les grands opérateurs, que l’Etat a décidé de se débarrasser des petits sous le prétexte de l’opération «fluidité de la circulation». C’est du moins, l’une des thèses en vogue dans le milieu. Et en retour, Les victimes ont décidé de mener des opérations de représailles. «Qu’on y passe tous» ! Telle semble être la devise.

 

Des indices probants militent en faveur de cette option: au marché Woro-sugu, le feu a pris maints endroits pourtant distants du foyer de l’incendie. Et les boutiques et magasins  épargnés ont été littéralement pillés par des voyous comme si le coup était déjà planifié.

Au marché Rose aussi, l’intervention des forces de l’ordre a permis d’arrêter au moins une centaine de pillards. Sur place, ils étaient munis d’outils appropriés pour briser les portes des magasins. En somme, tout se passait comme s’ils s’étaient préalablement équipés pour les besoins de la cause. L’opération semblait donc planifiée.

 

En définitive, si l’opération de déguerpissement a été appréciée à certains niveaux et par une catégorie d’usagers, elle a suscité de graves polémiques.  Le moment s’y prêtait-il ? Ne s’agit-il pas d’un subterfuge pour saboter le régime politique en place ce, étant entendu que l’opération dite de «fluidité de la circulation» et la gestion des marchés relèvent, respectivement du Ministère des transports et de l’administration territoriale à travers les mairies. Ces deux ministres, on le sait, ont bien de choses à expliquer.

 

Signalons que la dite opération a d’ailleurs été transformée par certains éléments malintentionnés de la BUPE pour arnaquer les populations.

 

Tom

 

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