En cette fin d'après-midi, sur la place de l'Indépendance, des milliers de personnes arborent le vert, le jaune et le rouge du drapeau national malien.
Les vuvuzelas et leurs bruits assourdissants sont de sortie. Quelques drapeaux russes flottent au-dessus de la foule. Tandis que les slogans à l'encontre de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et de la France sont légion.
Comme bon nombre de manifestants, Modibo Koné est très remonté : «
Le Mali en a marre de la France. Le Mali en a marre de la Cédéao. On est sortis aujourd'hui pour montrer notre mécontentement contre les sanctions que la Cédéao a prises contre mon pays. »
Il faut dire que la manifestation de ce vendredi est perçue comme une mobilisation pour la défense de la souveraineté du peuple malien face à la France et aux dirigeants de l'organisation sous-régionale, qui ont durement sanctionné Bamako.
«
Nous sommes unis et tout le monde dit "le Mali". Et rien que le Mali. Il n'y a pas des divisions, c'est tout un peuple qui est debout. Nous savons que nous allons souffrir, on va souffrir, mais nous acceptons cette souffrance. Vraiment, on ne veut pas du diktat de la communauté internationale. »
Dans son discours, le Premier ministre de transition Choguel Maïga a évoqué la tenue d'un conseil national de défense qui a validé le plan de riposte des autorités maliennes face aux sanctions. Une stratégie de fermeté et de réciprocité face à la fermeture des frontières, mais aussi un appel au dialogue avec la communauté des États d'Afrique de l'Ouest.
Le point dans le reste du pays
David Baché, de la rédaction Afrique de RFI, a pu joindre des participants à différents rassemblements dans des localités du sud, du centre, du nord, et partout le constat est le même : la mobilisation a été massive.
Les images sont impressionnantes à Kayes, Bougouni, Koutiala, Ségou, dans le sud, ou encore Mopti dans le centre. À Bandiagara, dans le pays dogon, format plus réduit, le gouverneur a accueilli les participants à la Maison des jeunes. C'est vrai que partout, les officiels étaient aux premières loges, consigne leur avait été donnée d'organiser et de faciliter les rassemblements.
Dans le Nord, le stade Kassé Keïta de Gao était plein à craquer pour dire non aux sanctions et demander une « Cédéao des peuples », et non un « club de chefs d'État », ce sont les mots d'un participant.
À Tombouctou, deux rassemblements ce vendredi matin : devant la mosquée de Sankoré pour le principal, et dans un bâtiment officiel pour les représentants de la région de Taoudéni. L'après-midi a été consacré à des prières.