Vie associative : La communauté Kagoro se fédère au sein de « Douna Kagorota »
La communauté Kagoro a franchi une étape historique, le week-end, au CICB en procédant à la tenue de l’Assemblée générale constitutive de Douna Kagorota.
Cette nouvelle organisation est destinée à rassembler les Kagoro du Mali et de la diaspora autour d’un idéal commun de solidarité, de préservation culturelle et de développement.
La cérémonie, présidée par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, a enregistré la participation de plusieurs personnalités, dont le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le maire de la Commune III du District de Bamako, des représentants d’associations partenaires ainsi que de nombreux membres de la communauté Kagoro.
Dans son discours d’ouverture, le secrétaire général de Douna Kagorota, Cheichnè Déttéba Kamissoko, a salué la forte mobilisation des participants, qu’il a qualifiée de témoignage vivant de l’attachement des Kagoro à leur histoire, leur culture et leur identité. Il a également rendu un hommage appuyé au Général Sadio Camara, initialement désigné comme parrain de l’événement, ainsi qu’aux pionniers qui ont œuvré à la promotion et à l’organisation de la communauté. Selon les traditions orales rappelées lors de la rencontre, les Kagoro, également appelés Kakolo, comptent parmi les plus anciennes communautés de l’Afrique de l’Ouest. Les récits historiques les situent parmi les populations ayant occupé les territoires du Wagadou avant l’émergence de l’Empire du Ghana.
Reconnus au fil des siècles comme gardiens des traditions ancestrales, détenteurs de savoirs rituels, chasseurs et guerriers valeureux, les Kagoro ont contribué à l’organisation sociale et culturelle de vastes espaces de la sous-région. Malgré cet héritage remarquable, leur histoire demeure encore insuffisamment connue, d’où la nécessité, selon les responsables de l’association, de renforcer sa préservation et sa transmission aux nouvelles générations. L’idée de fédérer les Kagoro au sein d’une structure unique s’inscrit dans la continuité d’un mouvement amorcé il y a trois décennies. Le secrétaire général a rappelé que les premières initiatives remontent au 23 mars 1996, sous l’impulsion de cinq députés kagoro de la première législature de la IIIe République. La première réunion fondatrice s’était tenue au domicile de feu Djeliba Sissoko, figure emblématique de la communauté, à qui un hommage a été rendu pour son engagement en faveur de l’unité et de la promotion des Kagoro. Au fil des années, plusieurs associations kagoro ont vu le jour au Mali et à travers le monde. Si cette dynamique témoigne de la vitalité de la communauté, elle a également fait émerger le besoin d’une organisation fédératrice capable de coordonner les initiatives et de porter une vision commune.
Vers une nouvelle ère d’unité
Les travaux de l’Assemblée générale constitutive ont permis de mise en place des organes dirigeants de l’organisation, d’adopter les textes fondamentaux et de procéder à l’élaboration d’un programme d’actions axé sur la promotion du patrimoine culturel, social et économique des Kagoro. Les organisateurs ont également tenu à associer les représentants de la communauté Diawanbé à cette rencontre, soulignant les liens historiques et fraternels qui unissent les deux communautés depuis plusieurs générations. À l’issue de cette journée historique, Ousmane Fofana a été élu à la tête d’un bureau consensuel de 95 membres. Les postes de secrétaires général et secrétaire administratif sont revenus Oumar Dallabu Camara et à Seydou Nour Magassa. Le poste de secrétaire à la communication est confié à notre confrère Modibo Fofana, non moins président de l’Association des Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL-Mali).
Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net