Violences faites aux femmes et aux filles: Le projet RIPOD brise le silence
Le Lycée Privé de l’Alliance de N’Tabacoro a accueilli, ce samedi, une table ronde consacrée aux droits des femmes et des filles, dans le cadre du projet « Horizon d’Espoir », porté par le Réseau Islamique Population et Développement (RIPOD), en collaboration avec REJEFPO et NYWE.
Cette rencontre, riche en échanges et en témoignages, a réuni élèves, enseignantes, leaders religieux, professionnels de santé et acteurs de la société civile autour d’un objectif commun : promouvoir des pratiques sociales plus équitables et lutter contre les violences basées sur le genre (VBG).
Au cœur des discussions, la vision des religions sur les droits des femmes. Adja Awa Traoré, de la communauté musulmane, et Rebecca Traoré, de la communauté chrétienne, ont rappelé que ni l’islam ni le christianisme ne tolèrent les violences faites aux femmes et aux filles.
Selon Rebecca Traoré, la Bible prône le respect, la dignité et la protection des femmes, tout en condamnant fermement le mariage d’enfants, l’excision, les violences familiales et les violences numériques. Elle a plaidé pour une société fondée sur l’amour, la justice et le vivre-ensemble.
Pour Adja Awa Traoré, l’islam valorise la cohésion sociale et l’éducation aux valeurs comme remparts contre les violences. Elle a souligné que l’affaiblissement de ces valeurs contribue largement à la banalisation des abus dans la société actuelle.
Intervenant sur les cadres juridiques, Niagnan SÈNE a présenté les principaux instruments nationaux et internationaux ratifiés par le Mali, notamment la CEDEF, la résolution 1325 et d’autres textes majeurs. Elle a également rappelé l’importance de références historiques telles que la Charte du Mandé (Kouroukan Fouga), symbole ancien du respect de la dignité humaine.
Si aucune loi spécifique ne réprime encore toutes les formes de violences basées sur le genre, le Code pénal malien intègre toutefois certaines dispositions. Des exemples concrets, dont le cas de Mariam Cissé, ont illustré la gravité et la diversité des violences subies par les femmes et les filles.
La question de la santé de la reproduction et de la planification familiale a suscité un vif intérêt. Mme Doumbia Maïmouna Konaté, sage-femme au CSRéf de la Commune V, a insisté sur l’importance de l’information et de l’accompagnement médical pour prévenir les grossesses précoces et protéger la santé des femmes.
Elle a rappelé l’existence des One Stop Centers pour la prise en charge des victimes de violences sexuelles, tout en invitant les femmes et les jeunes filles à fréquenter les centres de santé afin de bénéficier de conseils adaptés sur les méthodes de planification familiale.
L’autonomisation économique et le leadership féminin ont également occupé une place centrale dans les échanges. Rebecca Traoré a cité Déborah, figure biblique de leadership féminin, tandis qu’Adja Awa Traoré a évoqué Khadidja, épouse du Prophète Mohammed (PSL), modèle de femme entrepreneure et indépendante.
Toutes deux ont appelé les femmes à s’émanciper économiquement, tout en maintenant l’équilibre familial.
Les responsables du Lycée Privé de l’Alliance de N’Tabacoro ont salué la tenue de cette activité, qu’ils jugent essentielle pour éveiller les consciences des élèves, notamment des jeunes filles, et renforcer leur connaissance de leurs droits. Ils ont exprimé leur volonté de poursuivre la collaboration avec les organisateurs.
A travers le projet « Horizon d’Espoir », RIPOD et ses partenaires démontrent qu’un dialogue inclusif, associant religions, éducation et société civile, constitue un levier puissant pour bâtir une société plus juste, plus respectueuse et plus protectrice des droits des femmes et des filles.
khadidiatou SANOGO/maliweb.net