Issa Hayatou, président de la Caf : «Je n’ai jamais été inquiété, ni entendu »

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Issa-Hayatou, président CAF
Issa-Hayatou, président CAF

Une certaine chronique nous annonce que vous êtes interdit de sortir du territoire suisse. Comment avez-vous fait pour passer entre les gouttes ?

J’ai appris cette nouvelle ce matin (lundi, ndlr). J’étais déjà à Paris quand on m’a dit que Rfi a déclaré que j’étais consigné en Suisse, que je ne devais pas sortir. Inutile de vous dire que depuis le mercredi 27 mai, quand il y a eu irruption de la police helvétique dans notre hôtel, je n’ai jamais été inquiété par qui que ce soit. Ni par les autorités politiques, ni par les autorités judiciaires, ni par la police helvétique. J’ai mené à bon port le programme que j’avais en partant d’ici et je suis en train de le respecter. Personne ne m’a rien dit, ni contacté pour des interrogatoires. Mais à ma grande surprise, j’ai appris que j’étais interdit de sortir du territoire suisse parce que la police est venue me chercher et m’a entendu pendant neuf heures. Personne ne m’a entendu.

On nous annonce que vous êtes une personne susceptible de donner des informations sur le réseau de corruption à la Fifa ?

Quand quelqu’un est corrompu, viendra-t-il me le dire pour que je le dénonce ? Ce sont des histoires. Cela veut dire que je suis moi-même corrompu. De toutes les façons, ça ne m’étonne pas. Ça fait 20 ans qu’on m’accuse, surtout les presses camerounaises et anglaise. Ce sont les deux presses qui racontent des choses sur mon compte. Mais ça ne fait rien. C’est la vie.

Quelle Fifa sort du Congrès ? Est-ce une Fifa suffisamment unie ou qui a laissé des plumes ?

Dire qu’elle est intacte, est un peu faux. Car, quand on vient à 6h du matin arrêter 10 d’entre vous, qui étaient dans leurs chambres, en train de dormir, avec tout le tapage médiatique connu par la suite, on ne peut pas dire que la Fifa n’est pas ébranlée. Mais, elle est unie. La preuve, au congrès qui s’est bien passé, on a élu notre président. On a observé toutes les formalités requises pour ce congrès et rien ne s’est passé, en dehors du fait que des gens sont venus des Etats-Unis arrêter des Américains alors qu’on aurait pu les arrêter sur le continent américain. Il y a quelque chose qui surprend tout le monde. Pourquoi ne pas les arrêter sur le continent américain parce qu’ils sont venus de là ? Il y a une raison.

Pourquoi l’Afrique soutient-elle tant le président Blatter ?

Il n’y avait que deux candidats. Nous pensons que M. Blatter remplit mieux les conditions avec son expérience. S’agissant de l’autre candidat, il est vrai qu’on dit qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années. Il a 39 ans, il ne connait pas sérieusement la maison. Mais ce qui nous amené à soutenir Sepp Blatter, c’est qu’il a vraiment aidé le continent africain. Par l’attribution de cette coupe du monde 2010, par les différents stages qu’il a organisés, par les différentes installations sportives construites.

Tout ceci a amené le continent à adhérer à sa cause. Ce n’est rien d’autre, contrairement à ce qu’on croit ?

L’argent que la Fifa donne aux associations nationales est le même pour toutes les associations, y compris les plus riches comme l’Allemagne. Je suis président de la Commission des finances et aussi de la Commission de développement. C’est au niveau de ma commission que ça se passe. Le partage est équitable. Toutes les fédérations à travers le monde, petites ou grandes, ont la même somme. C’est ce qui les fâche. Ils croient qu’il faut donner plus d’argent aux fédérations importantes. Et l’Afrique est très consciente de cette situation. Elle voit son football et ses infrastructures se développer. Par conséquent, nous supportons M. Blatter, contrairement à ce qu’on raconte.

Abdoul Karim KONATE et Caf Online

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