Diffuseurs d’images : Quand CanalSat soumet ses clients au supplice de Tantale

    0

    A la veille de la fête de Tabaski, ils étaient nombreux les clients des diffuseurs d’images à se presser devant les agences de ces sociétés pour renouveler leur abonnement et pouvoir ainsi suivre à la télé leurs programmes préférés : variétés, infos, documentaires…

    CanalSat était parmi les plus sollicités. Nous fûmes parmi ses clients à se trouver dans cette situation. Vendredi, au siège de Sabbah Electronic, la société qui représente CanalSat au Mali et qui abrite en même temps le siège de la principale agence du diffuseur français d’images. A notre arrivée nous trouvâmes des clients à l’intérieur en train de remplir les formalités de réabonnement.

    Il nous fut répondu à l’entrée que c’est l’heure de la fermeture. Qu’à cela ne tienne ! Nous demandâmes l’horaire du lendemain samedi. On nous répondit que c’est de 10 heures à 12 heures. Samedi, nous nous présentâmes à l’agence Sabbah Electronic. Nous trouvâmes cette agence prise d’assaut  par une foule de clients qui faisaient le pied de grue  devant une porte fermée que les agents entrouvraient de temps à autre. Il était environ onze heures.

    Au nombre des malheureux clients se trouvait une brave dame, l’air analphabète,  qui ne cessait d’implorer les agents pour qu’ils daignent renouveler son abonnement. Impassible, l’agent qui jouait le rôle d’huissier faisait la sourde oreille devant ses récriminations.

    Notre souhait le plus ardent à cet instant précis c’était de voir de nouveau ouverte la porte pour rappeler à l’agent que l’heure de la fermeture telle qu’on nous l’avait communiquée la veille, à savoir 12 heures, n’était pas encore arrivée.

    De longues minutes s’écoulèrent quand un des agents, à l’allure très diplomate, vint ouvrir pour expliquer, en des termes courtois, que l’agence est en bute à une panne très sérieuse de ses machines. En priant donc ses clients de se rabattre sur d’autres succursales de la société à l’image de celle de Sogoniko sise à l’immeuble Hadjakôrôba.

    "Quelle est l’heure de fermeture de cette succursale ?" demandâmes-nous poliment. "A 13 heures" nous répondit l’agent. Qu’à cela ne tienne, encore ! Nous fonçâmes sur Sogoniko, après avoir enjambé le pont des martyrs à toute allure. A notre arrivée à l’immeuble Hadjakôrôba, il était environ 12h 20 mn.

    Quand nous franchîmes la porte entrebâillée, nous trouvâmes deux agents sur place. L’un d’eux était en train  de remplir les formalités de réabonnement d’un client. Ce dernier était le seul dans la succursale. Nous attendîmes sagement notre tour.

    Du reste, c’est ce que nous croyions. Mais quel ne fut notre désappointement d’entendre les deux agents chanter en chœur : "Monsieur, c’est l’heure de la descente. Nous avions arrêté depuis un certain temps et n’eût été un appel que nous avons reçu du Directeur le client que vous voyez-là n’allait pas être servi.» Quoi, faire tout ce trajet depuis la rive gauche du Djoliba pour en arriver là ?

     "Monsieur, c’est à l’agence Sabbah Electronic dont les machines sont tombées en panne qu’on nous a  recommandé de nous rabattre   sur les autres succursales comme Sogoniko ou Bacodjicoroni et on nous a bien dit qu’ici on ferme à 13 heures et nous sommes encore bien loin de ce délai. Messieurs, veuillez bien nous servir ".

    Les deux compères reprirent le même refrain qu’ils venaient de chanter : "Notre succursale a fermé depuis belle lurette. C’est à cause du coup de fil du Directeur que nous avons bien daigné servir votre devancier".

    Sur ce, nous essayâmes de prendre nos deux amis par le sentiment en affichant, pendant quelques minutes, un air éploré. Autant demander au gouvernement de Benjamin Netanyahu d’avoir pitié des Palestiniens et accepter de leur céder leur territoire pour que la Palestine devienne enfin un Etat indépendant membre de l’ONU.

    Les deux agents restèrent de marbre. Quand nous racontâmes, plus tard, notre mésaventure à un ami, il déclara que les deux pieds nickelés voulaient tout simplement que nous leur graissions la pattes. Ils sont quand même parvenus à nous soumettre au supplice de Tantale.

    Dire que, à longueur de semaines, CanalSat organise un battage publicitaire à la télé pour finir par soumettre ses clients à un si triste sort…     

                                  A suivre

     

    Yaya  SIDIBE


    PARTAGER