Forum de Bougouni : Oumar Mariko veut mobiliser les populations contre la mauvaise gestion des ressources du Mali

Commentaires fermés [-] Texte [+] Email Imprimer

Du 28 au 30 décembre derniers, la ville de Bougouni a abrité les manifestations marquant la célébration du Forum autour de la gestion des ressources nationales dans notre pays. Organisée par la Fondation allemande Rosa Luxemburg en partenariat avec le réseau de communication « Kayira » dans le cadre du projet « Bonne gouvernance », cette rencontre a regroupé dans la « Capitale du Banimounétié ». Plus de 200 personnes issus des organisations de la société civile, et des partis politiques de plusieurs régions du pays ont participé à cette rencontre qui veut mobiliser les populations contre la mauvaise gestion des ressources du  Mali.

L’objectif de ce Forum, selon les organisateurs, est d’amener les populations à élaborer, valider les recommandations issues de leurs discussions, et d’engager la lutte politique pour une meilleure gestion des ressources nationales. En clair, il s’agissait d’expliquer et de mettre les participants au même niveau d’information sur le choix politique des dirigeants, conséquence, selon eux, de la misère de nos populations.

Pour le représentant du maire de Bougouni, M. Dominique Fomba, la rencontre a une  importance capitale quand on sait que la question des ressources nationales occupe une place de choix dans les préoccupations des populations de cette localité. Selon lui, cette rencontre constitue une opportunité pour celles-ci d’adopter les voies et moyens  pour une meilleure compréhension et résolution de la problématique de la gestion de nos ressources.

Pendant trois jours de débats et d’échanges fructueux, les participants ont engagé la réflexion sur plusieurs thématiques. Il s’agit notamment de « la répression des paysans et la question de la terre au Mali », « la problématique de l’orpaillage au Mali et la gestion de l’exploitation des mines », « le dialogue intercommunautaire, facteur de gestion des conflits sociaux », « la question de l’environnement : cas de Kalana, Morila, Kekoro, etc. », « comment organiser le combat contre le système politique actuel : critique des armes actuelles et nouvelles armes à expérimenter », etc.  Il s’agit en effet d’autant de thématiques, dont les discussions ont donné lieu à des débats houleux, mais enrichissants entre les participants. Selon eux, il s’agit sans doute d’une tribune du donner et du recevoir.

Pour le directeur général du réseau de communication « Kayira », qui a rappelé le contexte du partenariat entre la Fondation Rosa Luxemburg et ledit réseau, la tenue du présent Forum à Bougouni n’est pas fortuite. Selon Dr Oumar Mariko, cette localité constitue par excellence une zone de production agricole. A Bougouni comme ailleurs, explique-t-il, les violations des droits des populations sont régulières à tous les secteurs d’activités. « Les populations subissent les conséquences des spéculations foncières, de l’exploitation abusive des mines et la pollution de l’environnement par les multinationales. La majorité de la population, constituée de paysans et d’ouvriers, souffre de ce système capitaliste imposé par le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et les dirigeants » a dénoncé le directeur général du réseau communication « Kayira ». Qui rappelle le combat de sa radio face à cette politique jugée suicidaire pour nos populations. Pour le responsable du réseau « Kayira », plus que jamais, la nécessité s’impose pour les populations de se mobiliser contre les politiques de gestions des ressources nationales.

Issa Fakaba Sissoko

 

 
SOURCE:  du   4 jan 2012.