Edito : Rassembler, dialoguer, négocier ou périr

Oui rassembler tous les maliens autour de la mère patrie sans exclusion aucune, ensuite favoriser un dialogue inclusif sans apriori et enfin négocier avec ceux qui détiennent les armes, voici désormais la délicate équation à résoudre pour éviter l’effondrement du pays.

07 Oct 2025 - 09:05
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Edito : Rassembler, dialoguer, négocier ou périr

Tous les observateurs de la géopolitique sous régionale s’accordent à dire que l’exacerbation de la crise liée à l’insécurité au sahel est due non seulement à la nature du régime qui gouverne chacun des pays en crise, à savoir issus du coup d‘état, ensuite à  l’exclusion d’une frange importante des acteurs sociopolitiques, mais aussi et surtout au manque de dialogue entre toutes les forces vives de la nation. En effet, la situation qui sévit au Mali est totalement inédite, car à la gravissime crise sécuritaire est venue se greffer une asphyxie économique d’une ampleur inégalée dans l’histoire du pays. Cette asphyxie qui devient un véritable goulot d’étranglement pour les populations, annihile non seulement tous les efforts de progrès, mais aussi et surtout prive les populations de leurs droits les plus inaliénables. Pour rappel cette asphyxie  est la conséquence d’un blocus inhumain imposé par des djihadistes, sur les voies d’accès et de ravitaillement du carburant. Cet étouffement  économique qui touche presque  toutes les régions du Mali,  en général et celles de Mopti, Koutiala, Ségou et dans une moindre mesure le District de Bamako, en particulier, fait désormais planer la crainte d’un effondrement total du Pays. Le carburant est indispensable pour toute économie moderne, car il constitue l’alpha et l’Omega de la vie en communauté. Autrement dit il est au début et à la fin de toutes les activités dans une société moderne. Le carburant est pour l’économie ce que constitue les vaisseaux sanguins pour le corps humain sans lesquels le corps arrêtera de fonctionner. 

En effet, la préoccupante question que l’on est en droit de se poser est celle de savoir comment pourrait-on résoudre cette épineuse équation de façon diligente afin d’atténuer la souffrance du très résilient peuple et éviter du coup le péril en la demeure Mali. Il est de notoriété publique sous nos tropiques que face à une crise quel qu’elle soit,   la toute première recette, la plus efficace d’ailleurs, passe inéluctablement par le dialogue pour une cohésion sociale ciment de notre société depuis la nuit des temps. Mais le constat est que cette cohésion sociale est mise à rude épreuve par les gouvernants actuels du pays. Comment dans un pays en crise si profonde l’on pourra mettre à la touche la classe politique, la société civile, la presse, les organisations des Droits de l’homme et espérer engranger des victoires ? La résolution de la périlleuse crise dans laquelle s’embourbe chaque jour un peu plus le pays passe nécessairement par la cohésion sociale qui ne s’acquiert qu’à travers un dialogue fécond et inclusif. Or le constat est que cette noble vertu séculaire fait cruellement défaut sous le régime du Général Assimi Goita. Le commandant en chef du Bateau-Mali  n’arrive toujours pas à mesurer la gravité de la crise que connait le Mali pour enfin se défaire de certaines habitudes et lancer  l’appel au rassemblement.

 En effet, ce qui est incompréhensible c’est  la posture belliqueuse et cette diplomatie va-t’en guerre des autorités, au lieu d’adopter une posture beaucoup plus conciliante. Toutes leurs sorties sur la scène internationale loin de rassurer l’opinion nationale et internationale creusent un abyssal trou qui nous éloigne du bout du tunnel. Ainsi, l’impression que les autorités donnent face à cette angoissante situation est de n’être nullement émues, encore moins préoccupées. Rien qu’à en juger par certaines de leurs décisions, comme la dissolution des partis politiques et des associations à caractère politique, des arrestations à n’en pas finir des voix dissidentes,  ensuite leur attitude à la fois méprisante à l’égard des forces vives de la nation, et surtout leur exclusion de l’élite sociopolitique pour une militarisation à outrance de l’administration. Et pourtant une écrasante majorité du résilient peuple a joué sa grande partition en soutenant souvent au prix de l’ultime sacrifice les tenants du pouvoir dans le vain espoir de voir éclore les grandes promesses d’un Mali totalement libre, souverain et prospère.  Comment ne pas s’indigner de voir que c’est le contraire qui se produit sous nos yeux au grand dam du PEUPLE MALIEN.

Youssouf Sissoko

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Commentaires (16)

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La junte aux Abois Vacille
La junte aux Abois Vacille 12 mois
Mali : situation tendue à Bamako, la junte aux abois: La situation s’est nettement détériorée au Mali ces derniers jours. Les terroristes imposent un blocus sur le carburant et tentent d'encercler Bamako. C’est un signe d’une grave détérioration de la situation au Mali. Les États-Unis et la Russie ont appelé leurs ressortissants à quitter immédiatement le pays. Ces appels s’ajoutent à un autre fait non moins significatif : le 26 octobre, le ministère de l’Éducation de la junte au pouvoir a annoncé la suspension des cours et la fermeture des écoles sur tout le territoire du Mali, jusqu’au 4 novembre. Le blocus des terroristes d’Al-Qaïda: Officiellement, c’est la pénurie de carburant qui a motivé cette décision extrême. Depuis que le JNIM, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda, a imposé un blocus sur le carburant en s’attaquant aux camions-citernes qui approvisionnent la capitale et les principales villes, tout le pays est à l’arrêt. Dans le même temps, les djihadistes mènent leurs attaques jusqu’à près de Bamako et tous les scénarios sont envisagés. « La pénurie de carburant, la fermeture des écoles et des universités à travers le pays (…) et le conflit persistant entre le gouvernement malien et des éléments terroristes près de la capitale Bamako aggrave la nature imprévisible de la situation sécuritaire à Bamako », a écrit mardi 28 octobre l’ambassade des États-Unis dans un communiqué, appelant les ressortissants américains à « quitter le pays immédiatement par des vols commerciaux ». L’ambassade de la Russie, pourtant alliée sur lequel comptait la junte du général Assimi Goïta pour reprendre le contrôle de la situation, en a fait de même ce mercredi. Les difficultés socio-économiques se sont aggravées dans ce pays pauvre et enclavé du Sahel et la situation sécuritaire se détériore jour après jour. Alors que le Nord, où activent des groupes rebelles Touaregs, échappe presque entièrement au contrôle du gouvernement central, les villes du centre et Bamako sont sous la menace des djihadistes du JNIM. La ville de Léré, entre le centre du pays et la frontière mauritanienne, est désertée par ses habitants après un ultimatum des djihadistes, rapportent des sources médiatiques maliennes ce mercredi. Mali : le pouvoir de la junte militaire vacille: Issue d’un double coup d’État, en 2020 et en 2021, la junte malienne voit son pouvoir s’effriter inexorablement, conséquence d’une fuite en avant et d’une succession de décisions irréfléchies Les militaires au pouvoir ont invité la France à mettre fin à l’opération antiterroriste Barkhane menée depuis 2014. Ce fut ensuite au tour de la Minusma, la mission de maintien de la paix de l’ONU, d’être priée de partir. La junte a fait le pari pour rétablir la sécurité de recourir aux paramilitaires russes de Wagner, devenu Africa Corps. Leur plus grande erreur a été de révoquer unilatéralement, début 2024, l’accord de paix d’Alger conclu en 2015 avec les rebelles Touaregs sous l’égide de l’Algérie. L’accord d’Alger a « préservé la souveraineté et l’intégrité territoriale du Mali et son unité nationale », a rappelé en juillet 2024 le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf, déplorant que « tout ce que l’Algérie redoutait est aujourd’hui une réalité dans la région avec le retour de la guerre civile contre laquelle elle avait mis en garde ». Le retour de la guerre civile est le fait de la junte qui a lancé une grande offensive contre la ville de Kidal en octobre 2023, deux mois avant d’enterrer l’accord d’Alger. En juillet 2024, les rebelles ont étrillé les forces maliennes et celles de Wagner à Tin Zaouatine, près de la frontière algérienne, quelques semaines après un bombardement de l’armée qui a fait des dizaines de morts parmi les civils. La junte s’est parallèlement enfoncée dans les attaques verbales inacceptables contre l’Algérie, notamment à la tribune de l’ONU. La fuite en avant ne pouvait déboucher que sur cette situation de chaos, dont les putschistes sont les seuls responsables. Leur illusion de « libération » du Mali n’a pas fait long feu. Aujourd’hui, la situation, comme la décrivent les Américains, est imprévisible, et tous les scénarios sont envisagés. Une chute de la junte n’est pas exclue, et même une révolte de la population, excédée par des conditions socio-économiques intenable.
ali
ali 1 an
comment toujours, c'est du balaise ce article de la part de youssouf. c'est le seul journaliste au mali qui ose encore dit la verite.
Kinguiranke
Kinguiranke 1 an
Youssouf Sissoko souviens-toi de l'Hymne du Wasulu qui disait: si tu ne peux faire la guerre et vaincre l'ennemi alors tu donnes ton sabre de guerre aux femmes qui t' indiqueront le chemin de l'honneur!
MaliMali
MaliMali 1 an
Regardez ces lâches. Depuis combien d’années traînons-nous avec ces voyous ? Un fanfaron crie partout, mais dès qu’on lui demande négocier quoi, et avec qui ? , il se met à bégayer. Qu’il aille négocier sa parcelle de Mali si elle lui appartient, nous, Maliens dignes, nous défendrons notre dignité. Vous étiez les premiers à jacasser que le Mali ne tiendrait pas dès les premières heures, il y a cinq ans, aujourd’hui, alors qu’on entrevoit la sortie du tunnel et que les voyous et leurs sponsors sont en débandade, ce sont ces mêmes lâches qui brandissent le drapeau de la « négociation ». Hier, invité à un plateau TV, ce journaliste a prétexté l’absence de carburant pour ne pas venir. C’est tout simplement honteux. Ayez un peu de respect pour nos militaires et civiles tués par ces lâches.
Matt
Matt 1 an
Ce grand monsieur dit seulement la verite "négocier ou périr." C'est la triste verite qui fait peur aux valets de la junte aux abois....
MaliMali
MaliMali 1 an
De quelle vérité parle-t-on ? Il défend plutôt ses propres intérêts, car sa "sauce" est en train de se renverser avec l’élimination progressive des chefs terroristes. Il est en mission, comme tous les autres. Nous, nous suivons l’actualité de notre pays et nous l’analysons, contrairement à vous qui ne faites que réagir. Certains anciens politiciens et leurs sponsors tiennent le même discours depuis le défilé du 22 septembre.
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