Gouvernance d’IBK: les grands chantiers

En parlant de démocratie et de mondialisation, Joseph EugÚne Styglitz dit : « la conditionnalité mine les institutions politiques nationales.

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Gouvernance d’IBK: les grands chantiers

En parlant de démocratie et de mondialisation, Joseph EugÚne Styglitz dit : « la conditionnalité mine les institutions politiques nationales.

Les Ă©lecteurs voient leur gouvernement s’incliner devant les Ă©trangers, cĂ©der Ă  des institutions internationales qu’ils pensent ĂȘtre Ă  la solde des États-Unis. La dĂ©mocratie est bafouĂ©e ; l’électorat se sent trahi. Bien que la mondialisation ait contribuĂ© Ă  rĂ©pandre l’idĂ©e de la dĂ©mocratie, la façon dont on la gĂšre fragilise paradoxalement, les processus dĂ©mocratiques nationaux ». Ces propos de J.E.Styglitz nous montrent les difficultĂ©s de la gouvernance dans les pays du Sud. Au-delĂ  des facteurs liĂ©s Ă  la bonne ou mauvaise gouvernance, dans un pays donnĂ©, il est important de savoir le rĂŽle dĂ©volu Ă  un État pĂ©riphĂ©rique, dans une sociĂ©tĂ© mondialisĂ©e, dominĂ©e par une Ă©conomie de marchĂ©.

Au Mali, les carnets de la gouvernance de l’État malien continuent d’ĂȘtre la cible des rĂ©criminations de l’opposition. Pourtant, dans de nombreux domaines de la vie publique, comme les forces armĂ©es et de sĂ©curitĂ©, justice, prison, Ă©ducation-emploi-formation, santĂ©, fonction publique, infrastructures, domaines de l’État et des affaires fonciĂšres, agriculture, mine-Ă©nergie, renforcement des institutions politiques, diplomatie, de gros efforts sont dĂ©ployĂ©s. L’État joue-t-il son rĂŽle en matiĂšre de l’épanouissement humain ?

Forces armées et de sécurité :
ConformĂ©ment Ă  ses promesses de campagne, la rĂ©habilitation des forces armĂ©es et de sĂ©curitĂ© s’imposa au prĂ©sident IBK, comme une urgence. Il a fait voter, par l’AssemblĂ©e nationale, rĂ©unie en session extraordinaire, une loi d’orientation et de programmation militaire, en lui consacrant 21 % du budget dans le strict respect du taux imposĂ© par la Banque mondiale, ne dĂ©passant pas 25 % du budget.

Légitime défense
Face Ă  l’application de cette loi d’orientation et de programmation militaire, mĂȘme si l’armĂ©e de l’air commence Ă  se rĂ©veiller, l’État connait des difficultĂ©s, mĂȘme si en ces moments il a tant besoin de moderniser son arsenal militaire.
Quelle signification peut-elle avoir la position africaine commune sur un traitĂ© sur le commerce des armes ? Au point 2 du prĂ©ambule de ce document on note : « RĂ©affirmant le droit naturel de tous les États Ă  titre individuel ou collectif Ă  la lĂ©gitime dĂ©fense, conformĂ©ment Ă  l’Acte Constitutif de l’Union africaine et Ă  la Charte des Nations Unies, y compris le droit des États de fabriquer, importer, exporter, transfĂ©rer et dĂ©tenir des armes classiques, matĂ©riels connexes et des capacitĂ©s pour des besoins d’autodĂ©fense et de sĂ©curitĂ© et de participer aux opĂ©rations de maintien de la paix ». Dans ses principes, au point 16, il est Ă©crit : « le droit de tous les États de fabriquer, de dĂ©velopper, d’acquĂ©rir, d’importer, d’exporter, de transfĂ©rer et de dĂ©tenir des armes classiques, matĂ©riels connexes et des capacitĂ©s pour des besoins de lĂ©gitime dĂ©fense et de sĂ©curitĂ©, ainsi que de participer Ă  des opĂ©rations humanitaires et de soutien Ă  la paix conformĂ©ment au droit international ». Dans ses buts et objectifs, au point 25 alinĂ©a a et e, il est Ă©crit ceci : « empĂȘcher le dĂ©tournement des armes classiques licites vers le marchĂ© illicite et vers les mains d’utilisateurs non autorisĂ©s, y compris les organisations criminelles ». Dans ses paramĂštres et critĂšres, au point 36 dernier, no note : « du risque que les armes soient retransfĂ©rĂ©es ou dĂ©tournĂ©es vers des organisations terroristes et des groupes non Ă©tatiques armĂ©s non autorisĂ©s ou des acteurs non Ă©tatiques armĂ©s non autorisĂ©s ».

Le Mali et le droit de s’armer
Pour le cas du Mali, l’achat d’armes rĂ©pond Ă  des besoins et impĂ©ratifs sĂ©curitaires et de dĂ©fense nationale. Surtout que cet achat d’armes est voulu, commandĂ©, non pas par un dictateur venu au pouvoir par un coup d’État, mais par un prĂ©sident de la rĂ©publique, dĂ©mocratiquement Ă©lu au suffrage universel avec plus de 77 % des voix. Le choix est autorisĂ© par un prĂ©sident de la rĂ©publique, qui a le soutien de toutes les institutions politiques et de la sociĂ©tĂ© civile ; un prĂ©sident, gardien d’une constitution qui ne garantit pas Ă  tous les citoyens maliens le droit de possĂ©der une arme, surtout une arme de guerre.
Tout le peuple du Mali a entendu les cris de « cƓur » du prĂ©sident de la rĂ©publique, chef suprĂȘme des forces armĂ©es, Ă  SĂ©gou, lors des funĂ©railles des soldats, morts Ă  Nampala, Ă  la suite de lĂąches et barbares attaques terroristes.
Il est significatif de reprendre ici cette note pertinente d’analyse n° 14, aoĂ»t 2013, d’Armonie Dechamps : « Les transactions consacrĂ©es par le TCA portent Ă  la fois sur l’importation, l’exportation, le transbordement (ou transfert) et le courtage d’armes. Les dons, prĂȘts ou aides militaires bilatĂ©rales n’entrent pas dans le champ d’application du TCA. Ce qui rĂ©duit quelque peu sa portĂ©e pour l’Afrique dont plusieurs pays, du fait notamment de leurs capacitĂ©s financiĂšres limitĂ©es, et de leur contexte politique et sĂ©curitaire, trouvent dans la coopĂ©ration militaire et sĂ©curitaire un moyen de s’équiper en matĂ©riel militaire et de faire ainsi face aux dĂ©fis sĂ©curitaires auxquels ils sont confrontĂ©s. On peut, de ce point de vue, citer l’exemple du Mali ou de la Somalie.

Initiative étouffée à la source ?
Le Mali est le centre de l’Afrique de l’Ouest. À ce titre, stabilisĂ© et sĂ©curisĂ©, il contribuera Ă  stabiliser et sĂ©curiser toute l’Afrique de l’Ouest. Une occasion manquĂ©e Ă  l’opposition politique de quitter la rue et de venir Ă  l’union sacrĂ©e pour la rĂ©publique.
Comment peut-on faire une bonne gouvernance sĂ©curitaire si notre initiative d’acquisition d’armements est Ă©touffĂ©e Ă  la source ? La bonne gouvernance sĂ©curitaire est une affaire du peuple et non pas celle du seul gouvernement ; il faut retenir qu’aucune armĂ©e au monde ne peut prĂ©tendre Ă  une victoire si elle n’a pas le soutien du peuple dont elle est issue. Autant l’armĂ©e veille sur nous, autant nous devons veiller sur elle.

Justice
« La justice implique une libertĂ© Ă©gale pour tous ; ce qui signifie en premier lieu l’égalitĂ© des droits pour tous. Il n’y a de justice que si les individus ont une chance de la rĂ©aliser pour eux-mĂȘmes. L’objectif de la justice est de donner Ă  tous des chances Ă©gales dans l’existence. La justice est une vertu morale qui reconnaĂźt Ă  chacun ce qui lui est dĂ» ». C’est la conception du prĂ©sident d’IBK et de son parti, le RPM, sur la justice.
Parmi les services que l’État doit fournir, la justice occupe une place importante ; c’est la raison pour laquelle, dĂšs son premier gouvernement, le prĂ©sident IBK avait fait du ministre de la Justice Garde des Sceaux, le second aprĂšs le Premier ministre (gouvernement de son Excellence Tatam LY).
C’est la justice qui dĂ©finit les institutions privĂ©es et politiques dans lesquelles le rĂ©gime dĂ©mocratique se concrĂ©tise. La bonne gouvernance, en matiĂšre de justice, fait appel aux juges courageux, dĂ©sintĂ©ressĂ©s de l’argent sale, capables de moraliser la vie publique et la vie des affaires. En effet, la justice protĂšge tout le monde, y compris le juge lui-mĂȘme, mais elle ne saurait ĂȘtre au service de qui que ce soit. Le citoyen, en allant au tribunal, doit avoir le regard sur la loi, mais, non sur le juge.

L’État arbitre
Les hommes pour dominer la nature et prĂ©server leur existence se sont regroupĂ©s en sociĂ©tĂ©. C’est la faillite de la sociĂ©tĂ© qui a donnĂ© naissance Ă  l’État. Pour Ă©viter l’éclatement ou la division de la sociĂ©tĂ©, l’État doit jouer son rĂŽle d’arbitre et de pourvoyeur de l’équitĂ© et de la justice sociale. Le monde dans lequel nous vivons, la gouvernance la plus difficile est la mise en Ɠuvre de l’équitĂ© et de la justice sociale d’aujourd’hui, mais aussi celles de l’avenir. Pour le Mali, depuis trois ans, le prĂ©sident IBK s’est attelĂ© Ă  une politique de justice sociale, capable d’éradiquer l’intenable situation des pauvres dans plusieurs domaines. MalgrĂ© les contraintes imposĂ©es Ă  notre Ă©conomie par la mondialisation, il y a eu des acquis. L’égalitĂ© des chances fut l’un des thĂšmes les plus profonds de la campagne prĂ©sidentielle. Aujourd’hui, le prĂ©sident de la rĂ©publique entend instituer l’égalitĂ© des chances dans la sociĂ©tĂ©, donner Ă  chacun les moyens de l’autonomie afin que la rĂ©ussite ou l’avenir d’un enfant ne dĂ©pende pas du niveau de revenu de ses parents.
Comment rĂ©ussir une telle ambition dans un monde d’individualisme flamboyant ?

Prison
La prison n’est que la finalitĂ© de l’action judiciaire, c’est pourquoi tout le personnel de l’administration pĂ©nitentiaire relĂšve du ministĂšre de la Justice, donc du budget d’État. Il convient de connaĂźtre, dans ce personnel, la population carcĂ©rale et le taux de pourcentage que l’État lui affecte dans ce budget. Il ne s’agit ni de simplifier ni d’occulter les difficultĂ©s de la gouvernance des prisons. Si la constitution du 25 fĂ©vrier 1992 ne garantit pas Ă  tous les citoyens maliens le droit de possĂ©der une arme, surtout une arme de guerre, elle n’interdit pas aux citoyens maliens l’achat de motos ou de voitures ; celles-ci tuent plus d’autant que nos rues sont devenues des arĂšnes sanglantes, l’incivisme Ă©tant Ă  l’origine de ces tragĂ©dies et aussi grĂące Ă  la libertĂ© que l’État dĂ©mocratique garantit (article 5 de la constitution). C’est le bradage de la vie humaine au profit de la libertĂ©.
Dans une description rĂ©aliste et Ă©loquente, Gilbert Cesbron Ă©crit : « Toute sociĂ©tĂ© doit faire face Ă  trois devoirs Ă©lĂ©mentaires : soigner ses malades ; mettre les citoyens Ă  l’abri de tous ceux qui les nuisent ; intĂ©grer ou rĂ©intĂ©grer dans son sein tous ceux qui lui sont utiles. Ces trois idĂ©es sont l’armature de tout systĂšme judiciaire et pĂ©nitentiaire. Ce triple devoir implique que la sociĂ©tĂ© s’arrose collectivement ce qu’elle refuse Ă  chacun : le droit de juger et de condamner, c’est-Ă -dire d’infliger Ă  ceux qui lui nui volontairement une « punition » et une « mise Ă  l’écart ». VoilĂ  la prison justifiĂ©e, mais quelle prison ? Pour qui ? Et pour combien de temps ?
C’est l’objet de toute rĂ©forme. En effet, la punition doit ĂȘtre proportionnelle et la mise Ă  l’écart temporaire. »
Ici encore, les rĂ©flexions de Gilbert Cesbron nous aident Ă  mieux comprendre ces enjeux ; le sort des dĂ©tenus mĂȘme aprĂšs leur libĂ©ration : « oui, des convalescents. L’État – patron ne les aidera- t- il pas ? Et les autres employeurs Ă  son exemple ? La suppression du casier judiciaire et de la relĂ©gation ne suffira pas : les services du personnel des grandes entreprises ont leur « police » parallĂšle et leur rĂ©seau d’informations. Ils pensent faire leur devoir en dĂ©pistant les anciens dĂ©tenus, en brĂ»lant la terre devant leurs pas si mal assurĂ©s : en dĂ©truisant leurs derniĂšres chances. Il faut leur dire que cette dĂ©fiance engendre plus de malheurs qu’elle n’en prĂ©vient ; il faut leur assurer, preuve en main, que la « confiance paie ». Mais ils ne pourront prendre ce risque que si leur personnel, les syndicats, le public lui – mĂȘme, les soutiennent : que si tous nous chassons ce hideux racisme qui fait payer deux fois leur dette aux dĂ©tenus.

Education-emploi-formation
La constance d’un homme d’État amoureux de l’excellence. Voici un extrait de discours du Premier ministre IBK d’alors, Ă  l’occasion de la clĂŽture des travaux de la synthĂšse nationale des concertations rĂ©gionales : « Le Mali de demain serait tributaire des rĂ©alisations d’aujourd’hui. L’avenir dont hĂ©riteront nos enfants dĂ©pendra des enfants que nous lĂ©guerons au monde. C’est pourquoi notre sociĂ©tĂ© doit faire triompher l’éthique de la responsabilitĂ© du futur ainsi que les valeurs d’excellence et de l’effort constant qui permettent Ă  l’individu de donner le meilleur de lui-mĂȘme pour le progrĂšs de son univers. » C’était le 09 septembre 1994. CĂ©lĂ©brer l’excellence, c’est la rĂ©compense du mĂ©rite. Tout cela constitue la volontĂ© politique d’un homme, totalement dĂ©diĂ© Ă  sa « patrie ».
Au niveau de l’emploi et de la formation, le phĂ©nomĂšne est mondial, c’est un flĂ©au qui frappe les pays africains qui ne se sont toujours pas remis de l’ajustement structurel. Les causes du chĂŽmage, au Mali, sont nombreuses. La perte de l’emploi ou le manque d’emploi tire ses origines dans le changement drastique de l’orientation de la politique Ă©conomique du pays sur l’économie nĂ©olibĂ©rale sans changer ni reformer les structures de nos sociĂ©tĂ©s et entreprises d’État (SEE).
La suite logique de cette politique, l’État fut le seul pourvoyeur d’emploi. DĂ©sormais, tous les regards sont fixĂ©s sur la fonction publique, donc sur l’État. Quel marchĂ© de l’emploi l’Etat doit faire face ; Ă  combien s’élevait le nombre de chĂŽmeurs en 2013 ; combien sont-ils aujourd’hui ? La comparaison des donnĂ©es met en Ă©vidence ce qui a Ă©tĂ© fait entre l’annĂ©e 2013 et l’annĂ©e 2016. Pour une politique de l’emploi, cette statistique est indispensable. À cause du vide laissĂ© par le programme d’ajustement structurel, tous les Maliens sont touchĂ©s de la mĂȘme maniĂšre par le chĂŽmage, selon leur profession, leur Ăąge, leur sexe, la rĂ©gion oĂč ils vivent. Le passĂ© doit servir de leçons, faisons en sorte que l’externalitĂ© de nos actes ne soit pas nĂ©gative sur les gĂ©nĂ©rations futures.
Le problĂšme d’emploi est un problĂšme humain ; la plus importante chance que l’on peut donner Ă  une personne est l’emploi. En effet, donner de l’emploi Ă  un homme, c’est lui permettre de vivre dans la dignitĂ©, c’est lui Ă©viter de faire la manche, c’est le rĂ©habiliter dans la sociĂ©tĂ©. Conscient que le chĂŽmage est un flĂ©au qu’il faut combattre Ă  tout prix, IBK a promis Ă  ses Ă©lecteurs de crĂ©er 200 000 emplois. Comment crĂ©er 200 000 emplois en cinq ans ? Excellence, Monsieur le prĂ©sident, seule l’ouverture des grands travaux permettra d’atteindre cet objectif et mĂȘme le dĂ©passer

Quel emploi ? Pour qui ? Pendant combien de temps ? Quels sont les secteurs oĂč les possibilitĂ©s de trouver un emploi se sont dĂ©gradĂ©es ? Ces donnĂ©es doivent ĂȘtre disponibles Ă  l’institut National de la Statistique (INSTAT). Dans ce chaos, les ouvriers qualifiĂ©s, les infirmiĂšres, les infirmiers, les employĂ©s de banque, les cadres supĂ©rieurs aux compĂ©tences « avĂ©rĂ©es », ont tous en main des passeports pour un autre emploi, souvent dans d’autres pays ; comme ce fut le cas Ă  la cimenterie de Diamou. D’autres faits Ă  retenir, des cadres qui ont rĂ©sistĂ© au programme d’ajustement structurel en sacrifiant leur statut de fonctionnaire par patriotisme pour sauver l’entreprise nationale ont tout perdu. Aussi, les manƓuvres du bĂątiment, les ouvriers et les ouvriĂšres du textile, des manƓuvres qui chargeaient et dĂ©chargeaient des wagons dans la cimenterie de Diamou, dans les magasins du chemin de fer Ă  Kayes et Ă  Bamako, dans des magasins de la Somiex Ă  Kayes et Ă  Bamako, des mĂ©caniciens et des cheminots du chemin de fer, les visas sont pĂ©rimĂ©s pour un autre emploi. Faut-il le rappeler, depuis une trentaine d’annĂ©es, le monde du travail malien est assiĂ©gĂ©, ses conditions de survie sont affectĂ©es par les politiques de l’ajustement structurel ; certains droits des victimes de l’ajustement structurel sont toujours impayĂ©s, ceux qui les avaient condamnĂ©s Ă  une vieillesse misĂ©rable.
Autres faits remarquables, ces travailleurs renvoyĂ©s sur le marchĂ© du travail par l’ajustement structurel s’y retrouvaient en concurrence avec les jeunes diplĂŽmĂ©s. Beaucoup n’avaient pas l’ñge de la retraite alors que la gĂ©nĂ©ration des annĂ©es 1980 Ă©tait sur le marchĂ© du travail. La grande crise au nord du Mali a hypothĂ©quĂ© beaucoup d’emplois, notamment les agences de tourisme. Les emplois crĂ©Ă©s par la Sotelma furent Ă©crasĂ©s par le progrĂšs technologique des tĂ©lĂ©phones portables ; comme l’Internet aussi a bradĂ© des emplois Ă  la Poste.
« Il n’y a pas de secteur condamnĂ©, il n’y a que des technologies dĂ©passĂ©es », a dit un ministre de la Recherche et de l’Industrie. C’est ici que le ministĂšre de l’Emploi et de la formation a toute sa signification.

Fonctionnaires
C’est Ă  ce niveau que l’Etat, malgrĂ© la crise sĂ©curitaire, a fait des efforts remarquables parmi lesquels le contrĂŽle physique que le ministĂšre du Travail et de la fonction publique a engagĂ© et qui donna comme rĂ©sultat provisoire la dĂ©couverte de plusieurs fonctionnaires fictifs. Le tableau ci-dessous, de source crĂ©dible, dresse le bilan : « Des mesures ont Ă©tĂ© prises et il a Ă©tĂ© procĂ©dĂ© Ă  la suspension systĂ©matique des agents qui percevaient deux salaires jusqu’au remboursement intĂ©gral des sommes indĂ»ment perçues, Ă  la radiation de tous les cas de dĂ©cĂšs constatĂ©s lors de l’opĂ©ration du contrĂŽle physique, l’observation stricte du circuit financier lors du rappel Ă  l’activitĂ© des agents qui reviennent d’un dĂ©tachement ou d’une disponibilitĂ© et Ă  la suspension des salaires des agents fictifs, en abandon de poste et en situation irrĂ©guliĂšre. » Ce fut une premiĂšre au Mali.
La mise en Ɠuvre des rĂ©sultats de ce contrĂŽle physique entrainera une certaine maĂźtrise de la situation des effectifs dans nos administrations publiques. C’est ce qu’on appelle une administration maitrisĂ©e au service de la bonne gouvernance. Pour plus de transparence, il a Ă©tĂ© crĂ©Ă© un site dĂ©diĂ© aux usagers « Administration Ă  votre service ». Ce site permettra de lutter contre la corruption, contre la rĂ©tention de l’information, et, en plus, facilitera Ă  tous l’accĂšs aux informations de l’administration publique. Une premiĂšre au Mali

Cet extrait du discours du prĂ©sident de la rĂ©publique, Ă  l’occasion du 22 septembre 2016, permet de comprendre l’ambition du rĂ©gime pour l’amĂ©lioration des conditions de vie des populations : « Je reste extrĂȘmement attentif Ă  la portĂ©e des actions du gouvernement en faveur de l’amĂ©lioration des conditions de vie des populations. En raison des moyens de l’État qui restent limitĂ©s, ses actions n’atteignent pas toute l’ampleur souhaitĂ©e. Mais nous continuons Ă  dĂ©ployer une vigilance particuliĂšre pour prĂ©server le pouvoir d’achat de nos concitoyens. Ainsi, en ce mois de septembre, les prix des denrĂ©es de premiĂšre nĂ©cessitĂ©, dont ceux des cĂ©rĂ©ales, sont en baisse par rapport Ă  ceux affichĂ©s Ă  la mĂȘme pĂ©riode en 2015. Ces prix restent, dans leur ensemble, infĂ©rieurs Ă  ceux pratiquĂ©s dans la rĂ©gion ouest-africaine.
Dans le domaine de l’amĂ©lioration des conditions de vie et de travail des agents de l’État, il a Ă©tĂ© procĂ©dĂ© Ă  une augmentation du point d’indice des fonctionnaires de 20 % sur la pĂ©riode 2015-2017. Ces mesures ont Ă©tĂ© renforcĂ©es par une baisse de huit points du taux de l’impĂŽt sur les traitements et salaires.

Pensionnaires
MalgrĂ© la situation sĂ©curitaire dĂ©gradĂ©e, le gouvernement arrive Ă  faire fonctionner la sĂ©curitĂ© sociale. Cependant, le ministĂšre de la Formation professionnelle doit prendre en compte la problĂ©matique de la retraite que les dispositifs de sĂ©curitĂ© sociale ne soient pas affaiblis. Dans le programme de formation, il faut apprendre aux futurs travailleurs la transfĂ©rabilitĂ© des retraites, c’est-Ă -dire quand le travailleur quitte un employeur pour un autre, comment les dispositions administratives, pour sa retraite, doivent suivre en mĂȘme temps. Autant que les dettes fiscales d’une entreprise retiennent l’attention de l’État, autant les dettes sociales doivent retenir l’attention des organisations syndicales.
La bonne gouvernance exige l’arbitrage de l’État. Nous avons un systĂšme de sĂ©curitĂ© sociale renforcĂ© par l’AMO, qu’il faut prĂ©server, Ă  tout prix, face au danger d’une Ă©ventuelle privatisation hasardeuse.

Santé
À ce niveau, l’État a posĂ© des actes salutaires. L’Afrique et le reste du monde ont apprĂ©ciĂ© les responsables de la santĂ© avec le prĂ©sident de la rĂ©publique en tĂȘte de l’opĂ©ration pour bloquer l’Ebola. L’acte inoubliable fut la solidaritĂ© du Mali aux cĂŽtĂ©s des voisins (GuinĂ©e Conakry, Sierra LĂ©one, LibĂ©ria), frappĂ©s par l’Ebola.
Avec la crĂ©ation d’un ministĂšre de la Recherche scientifique, pour appuyer les chercheurs maliens, dont certains dans la mĂ©decine, ont fait preuve de compĂ©tence. Si les privĂ©s investissaient dans le financement de la recherche scientifique, le Mali rĂ©duira l’écart de savoir entre les pays industrialisĂ©s. Pour cette contribution volontaire, il serait intĂ©ressant de voir que les entreprises nationales allouent un pourcentage forfaitaire de leur bĂ©nĂ©fice Ă  la recherche scientifique.
La visite rĂ©cente du ministre de la SantĂ© Ă  la Pharmacie populaire du Mali (PPM), une premiĂšre depuis plus de vingt ans, est la confirmation de la volontĂ© du prĂ©sident IBK de relancer une ancienne sociĂ©tĂ© d’État dans sa nouvelle forme, et dans l’intĂ©rĂȘt exclusif du peuple malien. Pourtant, c’était une promesse du mouvement dĂ©mocratique dans le programme minimum du Front national dĂ©mocratique et populaire (FNDP) ; programme qui a Ă©tĂ© superbement Ă©grainĂ© dans le creusĂ© du pouvoir des dĂ©mocrates sincĂšres et des patriotes convaincus.

Infrastructures
Dans ce domaine, malgrĂ© les critiques de l’opposition, les infrastructures rĂ©alisĂ©es par le gouvernement entre 2013 et 2016, dont certaines sont en chantier, sautent Ă  l’Ɠil. Des infrastructures destinĂ©es, en premier lieu, au secteur privĂ©, tels les ponts, routes, aĂ©roports, centres de formation technique, hĂŽpitaux, amĂ©nagements hydro agricoles, barrages, centrales Ă©lectriques, amĂ©nagements de pĂąturages, fournitures d’eau potable, etc.. S’ajoutent Ă  ces efforts des achats de fournitures, d’équipements dans le but de moderniser l’administration publique avec en prime l’implication du secteur privĂ©.
Les projets routiers prioritaires 2016-2018 seront classĂ©s dans l’équitĂ© intergĂ©nĂ©rationnelle. En clair, la construction et l’entretien de ces infrastructures socio-Ă©conomiques modernes assureront le bien-ĂȘtre des gĂ©nĂ©rations futures. C’est le cas des travaux de rĂ©novation du Palais de Koulouba, construit en 1906, 110 ans aprĂšs, et qui sert toujours de rĂ©sidence du prĂ©sident de la rĂ©publique. Et cela, pour combien de gĂ©nĂ©rations encore ? Les infrastructures routiĂšres, une fois modernisĂ©es, comme les axes Bamako-Bougouni-Sikasso ; Bamako-Fana-SĂ©gou-Bla-San, servent combien de gĂ©nĂ©rations ? Toutes ces voies de communication n’ont-elles pas unifiĂ© le Mali, pour plusieurs gĂ©nĂ©rations, jusqu’à l’OcĂ©an Atlantique ? Le Barrage de Sansanding, Ă  Markala, construit depuis 1934, pour combien de gĂ©nĂ©rations, jusqu’à nos jours ? C’est de cela qu’il s’agit pour l’équitĂ© intergĂ©nĂ©rationnelle. Et c’est Ă  cela que le prĂ©sident IBK nous invite.

L’État et les affaires fonciùres
Sur l’étendue du dĂ©sastre foncier, tout a Ă©tĂ© dit. Le passage du ministre Mohamed Ali BATHILY, Ă  l’AssemblĂ©e nationale, suite Ă  une interpellation parlementaire, en dit long sur les causes du dĂ©sastre foncier dans notre pays. L’arbitrage de l’État est une obligation voire une urgence. Un regard rĂ©trospectif sur Bamako : hier, une ville propre, avec ses quartiers chics, aujourd’hui, sale, bruyante, congestionnĂ©e, systĂšme d’assainissement inexistant, englouti dans les immondices Ă  ciel ouvert, obligeant le prĂ©sident IBK Ă  faire du gouverneur un prestataire de service, suite Ă  l’incapacitĂ© ou plutĂŽt face Ă  la dĂ©mission collective, des maires et des populations.
Le rĂȘve de tous est de revoir Bamako dans son Ă©clat d’antan ; Ă  ce titre, la mission du gouverneur SACKO Ami KANE (Que nous avons obligation de soutenir) est salutaire, comparable Ă  celle de Sainte Jeanne d’Arc dite la Prucelle d’OrlĂ©an. Beaucoup de baraka au ministre BATHILY et au gouverneur KANE pour que Bamako retrouve son Ă©clat d’antan.

L’Agriculture
Au Mali, comme dans la plupart des pays africains, le budget de l’Agriculture, pour des contraintes multiples, n’est pas Ă  hauteur de souhait. Par contre, aux États-Unis, ainsi qu’en Europe, les agriculteurs voient tout ce que les subventions leur font gagner. Dans le mĂȘme temps, en Afrique, des milliers de paysans africains fuient les campagnes.
Comment peut-on faire une bonne gouvernance si les produits agricoles lourdement subventionnĂ©s des pays industrialisĂ©s inondent nos marchĂ©s ? Comment peut-on lutter contre la pauvretĂ© si les 80 % de la population sont des agriculteurs clouĂ©s dans un systĂšme qui gĂ©nĂšre la pauvretĂ©. DĂšs lors, il est aisĂ© de comprendre l’engagement du prĂ©sident IBK en faveur de l’augmentation du budget allouĂ© Ă  l’agriculture, conformĂ©ment Ă  ses promesses de campagne. Il s’agit, pour lui, d’accĂ©lĂ©rer des centres de formation professionnelle qui formeront des techniciens et des cadres en machinisme agricole, pour aboutir Ă  la crĂ©ation d’une industrie de fabrication des tracteurs ; d’accĂ©lĂ©rer l’électrification rurale qui permettra l’installation des entrepĂŽts frigorifiques qui faciliteront l’installation des usines de fabrication des conserves ainsi que des installations permettant la conservation en chambre frigorifique des fruits et lĂ©gumes.
Ce n’est pas tout, d’autant que tous ces efforts visent Ă  Ă©lever le niveau de vie en campagne par la construction de logements sociaux dans des grandes agglomĂ©rations rurales ; d’aider la Chambre d’Agriculture Ă  participer Ă  des foires agricoles internationales ; c’est lĂ  oĂč la diaspora malienne, d’oĂč qu’elle se trouve, pourra jouer un rĂŽle important. En dĂ©finitive, le prĂ©sident IBK veut une agriculture de dĂ©veloppement pour que le Mali profite de plus en plus de la plus-value de son potentiel agricole.

Renforcement de la démocratie
Pour renforcer la dĂ©mocratie et Ă©tablir la confiance entre l’élu et ses Ă©lecteurs, IBK n’a pas attendu la fin de son mandat pour faire Ă©taler les rĂ©alisations. DĂ©sormais, depuis peu, un compte rendu mensuel, par le biais des mas mĂ©dias (qui sont les miroirs de la sociĂ©tĂ©), dĂ©nommĂ© rendez-vous avec Koulouba, est instaurĂ©. Il permet aux citoyens de suivre les activitĂ©s de la prĂ©sidence et d’en juger. Une premiĂšre au Mali.
Pour renforcer la dĂ©mocratie, il est crĂ©Ă© auprĂšs du Premier ministre, par dĂ©cret 2015 – 0708 PM – du 6 novembre 2015, un centre d’information gouvernementale du Mali (CIGM). C’est l’Ɠuvre d’un grand rĂ©publicain pour qui, toute politique de renforcement de la dĂ©mocratie, exige une dĂ©mocratisation des sources d’information. Une premiĂšre au Mali.
Pour la transparence nĂ©cessaire au renforcement de l’institution parlementaire, la 5e lĂ©gislature 2014 – 2018 a Ă©li, en son sein, une commission de contrĂŽle dont le prĂ©sident est issu de l’opposition. Faut – il rappeler que la Constitution du 25 fĂ©vrier 1992 dispose huit (08) institutions, parmi lesquelles la Haute Cour de Justice. Le peuple souverain du Mali a attendu plus de vingt (20) ans pour que cette juridiction soit mise en place, grĂące Ă  l’arrivĂ©e du prĂ©sident IBK. C’était une aliĂ©nation de la volontĂ© du peuple, une atteinte grave Ă  la dĂ©mocratie.
La loi organique fixant l’organisation, les rĂšgles de fonctionnement de la Cour suprĂȘme (la plus haute juridiction du Mali), et la procĂ©dure suivie devant elle ; ou la loi portant statut gĂ©nĂ©ral des militaires furent adoptĂ©es sur l’initiative gouvernementale que sous l’action d’une pression irrĂ©sistible d’une certaine opposition ou la pression d’un syndicat quelconque. C’est l’Ɠuvre d’un grand rĂ©publicain, dĂ©diĂ© au renforcement de la dĂ©mocratie au Mali.

Que retenir
Quelle signification peut avoir la démocratie pour un homme qui a faim ?
Quelle signification peut avoir la dĂ©mocratie pour un homme qui ne peut pas se soigner ? Quelle signification peut avoir la dĂ©mocratie pour un homme qui ne peut pas scolariser ses enfants ? Quelle signification peut avoir la dĂ©mocratie pour des jeunes diplĂŽmĂ©s chĂŽmeurs ? Quelle signification peut avoir la dĂ©mocratie pour un citoyen qui n’arrive pas Ă  faire exĂ©cuter la grosse de justice ?
La dĂ©mocratie n’est finalement pas dans les institutions politiques, mais dans le quotidien des hommes. De ce fait, pour renforcer la dĂ©mocratie, il faut renforcer la justice sociale pour que l’homme ne perde pas la libertĂ©. C’est Ă  cette justice sociale qu’IBK veut consacrer ses hauts faits de gouvernance publique.
Le philosophe allemand ; Goethe, a dit que : LeÚ temps use le mensonge et polit la vĂ©ritĂ© ».

Somita KEITA
Dravela rue 364 Porte n° 150
Email : somikeit2@yahoo.fr

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1 commentaire

  1. Comrades matter what we would like to do or how we would like to do it number one on our agenda should be security plus it should be timely weaved with all other essential matters in people of Mali existence plus our diligent pursuit of access to modern living conditions for all people of Mali. There are very nasty plus hurtful rumors being spreaded by Europeans concerning military of Mali being unable to secure arms plus military equipment. As you all know like hurtful information could make it more difficult for government of Mali to obtain necessary military equipment plus weapons to launch plus maintain offensive stance we best take against terrorists. We need have our international media make point worldwide that conjectural information of military of Mali unable to secure arms plus military equipment is attempt to aid terrorists plus punish government of Mali for pursuing self-determination in a manner nation world wide do. Those deceptive reports are evil plus done with malice aforethought thus should be acknowledged by international community as such plus condemned. Very sincere, Henry Author Price Jr. aka Obediah Buntu IL-Khan aka Kankan.

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