Renforcement des capacités de la Presse malienne : Le ministère de la Communication en tandem avec CFI

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Dans la perspective des élections de 2012 le ministère de la Communication, en partenariat avec CFI, organise un atelier de formation des journalistes de l’audiovisuelle et de la presse en ligne. Les travaux qui ont démarré vendredi dernier 10 février se dérouleront jusqu’au 18 février 2012, en plénière à la Maison de la presse et en atelier à l’ANCD (ex-CESPA).
La réussite des très attendues élections de 2012 est une préoccupation d’une brûlante actualité. Chacun entend jouer sa partition afin qu’elles se déroulent dans des conditions apaisées, transparentes et crédibles Pour sa part, le ministère de la Communication est soucieux de la bonne couverture de cette période sensible et le manifeste de plus en plus à travers des sessions de formation à l’intention des acteurs de nos médias dans le but de renforcer leurs compétences.
Ainsi, dès le lendemain de la formation destinée au renforcement des capacités par rapport au cadre institutionnel dans lequel se déroulent ces élections ( du 8 au 9 février) le département de la communication en collaboration avec Canal France International (CFI) a ouvert un atelier qui s’étalera sur 8 jours. La cérémonie d’ouverture a été présidée à la Maison de la presse par Sidiki N’Fa Konaté, ministre de Communication, porte-parole du gouvernement en présence de ses collègues de l’Administration territoriale et des collectivités locales, Gl Kafougouna Koné, de la Réforme de l’Etat, Daba Diawara, des Relations avec les institutions, Dr Abdoulaye Sall et de  l’Ambassadeur de  France au Mali, Christian Rouyer.
Selon l’ambassadeur de la France, l’objectif de cet atelier est d’aider les journalistes maliens à informer la population de manière saine.  ‘’Ces journées témoignent de la détermination sans faille de la France à contribuer à la bonne organisation des élections’’, a-t-il précisé.
Pour Sidiki N’Fa Konaté, cet atelier s’inscrit dans le cadre d’une série de formations visant à renforcer les capacités des femmes et hommes de médias pour une couverture professionnelle et équilibrée des consultations électorales. ‘’Le présent atelier est le fruit de la coopération entre le département de la Communication et  CFI en général  et  entre l’ORTM et  CFI en particulier. Nous nous félicitons de la relance de cette coopération que nous voulons féconde, dynamique et fructueuse entre le ministère de la Communication et la Coopération française’’, a-t-il précisé.
Les périodes électorales, continue-t-il, sont des moments de montée de fièvre et de risques de surenchères, où le rôle et la responsabilité de la presse, notamment des médias publics deviennent primordiaux. ‘’Pendant cette période, ne doit s’installer en aucun cas un déficit d’information qui peut être préjudiciable pour tout le processus. En effet, toutes les phases du processus électoral sont cruciales, qu’il s’agisse de la précampagne, du vote proprement dit ou de la gestion de la période post électorale’’ a-t-il souligné. Selon le porte-parole du gouvernement, toutes ces étapes requièrent une veille permanente, une vigilance de tous les instants, une grande capacité d’anticipation et de prévision. ‘’ L’aspect théorique de ladite formation va porter sur les enjeux politiques, économiques, sociaux et internationaux des élections, le rôle et la responsabilité de la presse dans la mobilisation sociale, la sensibilisation et l’information en période électorale. Cette base théorique est nécessaire pour l’entame des productions proprement dites sur des aspects évoqués plus haut’’ a affirmé le ministre Konaté.
Pendant 8 jours de formation, les participants traiteront les questions relatives à l’éthique et à la déontologie professionnelles, à la réalisation d’émissions de qualité avant la campagne, au traitement de l’information TV et radio en période électorale, à la couverture journalistique de l’actualité politique, à la réalisation de débats politiques, au rôle du journaliste et la dynamique d’antenne, à la couverture des scrutins et au positionnement du journaliste pendant les différentes étapes des élections.
Sidiki N’Fa Konaté :
‘’Nous avons la mission et le devoir de préserver la cohésion sociale’’
Actualité oblige ! Le ministre Sidiki N’Fa Konaté a largement évoqué la situation qui prévaut au Nord du Mali. De larges extraits qui en disent long.
«  …..La situation douloureuse de conflit armé imposé à notre peuple depuis le 17 janvier par les assaillants constitués des revenants de Libye, des éléments d’AQMI et de certains se réclamant du mouvement dit mouvement national de libération de l’Azawad nécessite une république collective concertée homogène et surtout un sursaut patriotique.
Pour le gouvernement du Mal, on a imposé la guerre à notre peuple, notre peuple doit imposer la paix en combattant la méfiance, l’exclusion, le rejet de l’autre parce qu’il est différent ; en cultivant la confiance. Notre ennemi n’est pas le touareg, l’arabe, le maure et que sais-je encore. Notre ennemi, nos ennemis ce sont ceux-là qui aiguisent  nos différences, des différences qui ont toujours fait la richesse et la force de notre pays, des différences qu’ils érigent en des murs d’incompréhension pour  pouvoir nous diviser, la technique elle est connue et vieille comme le monde.
Chers confrères depuis des millénaires, le Mali est un pays de blancs et noirs, de noirs et de blancs et c’est cela la beauté et la richesse du tissu social malien. On a coutume de dire que c’est dans la tête des hommes que naissent les conflits et que c’est dans la tête des hommes qu’il faut ériger les barricades contre les conflits.
En votre qualité de journalistes, vous avez aujourd’hui la mission d’ériger ces barricades pour aider à guérir et à entretenir la santé du corps social malien. Aussi comme il y a deux jours à l’ouverture de l’atelier de formation des journalistes sur les réformes institutionnelles, je voudrais ce matin encore inviter tous les médias de notre pays, les radios, la télévision, les journaux, la presse en ligne, à contribuer au renforcement de la paix, de la concorde et de l’unité nationale.
Aux médias, j’associe les Maliens de l’intérieur et de l’extérieur, les amis du Mali et tous ceux qui aiment ce pays à travailler pour que retourne la paix.
Mesdames et messieurs,
Le Mali est une terre de vieille culture dont l’unité s’est construite durant des siècles. La navire Mali tangue mais ne chavire point.  Le Mali est un et indivisible et nul n’a le droit de prendre les armes aujourd’hui pour exprimer sa différence, pour exprimer ses opinions, ses choix de société, ses choix de gestion de la cité. La liberté d’expression, la liberté de presse est une réalité aujourd’hui, le dernier classement de reporters sans frontière peut en témoigner.
La décentralisation est également en marche certes non sans difficultés mais dans le respect des identités collectives. La seule guerre qui mérite d’être menée aujourd’hui c’est la guerre contre la pauvreté, contre le SIDA, pour la sécurité alimentaire, la bonne gouvernance, contre le sous développement, contre le mal développement, autant de chantiers à la réalisation desquels s’atèle le gouvernement conformément au projet de développement économique et social du Président de la République, Amadou Toumani Touré.
Pour nous médias, nous avons la mission et le devoir de préserver la cohésion sociale, l’unité nationale et le tissu social. Nous devons travailler pour que la flamme de la cohésion sociale ne s’éteigne jamais.
Pour réussir de bonnes élections travaillons à ce que ceux de nos compatriotes, qui par peur victime de harcèlement psychologique, d’intoxication et de manipulation sont partis vers d’autres cieux, reviennent et ceux qui hésitent ou qui doutent soient rassurés.
Mettons en avant ce qui a toujours permis au Mali de gagner dans les moments décisifs de son histoire, c’est-à-dire la tolérance, le dialogue, la concorde et la convivialité, comme en témoigne notre devise : Un Peuple – Un But – Une Foi’’».
Ousmane Ballo

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