L’éducation : Un facteur stratégique de premier ordre pour le développement d’un pays

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Pour le Parti SADI, l’éducation est un facteur stratégique de tout premier ordre pour le développement d’un pays et dans la lutte d’une nation pour se tailler une place respectable et dynamique sur l’échiquier mondial (dans le concert des nations).


 Le développement et la qualification des hommes sont la clé, le préalable à la réalisation de toute ambition collective nationale économique sociale politique culturelle et la toute première condition de la qualification des hommes. Comme le disait le Président Modibo Keita, à l’aube de notre indépendance et à la tête d’un Mali qui avait alors l’ambition  de devenir une nation indépendante, forte et prospère : «une option ne vaut que par la qualité des hommes qui l’appliquent». Or, la première condition de cette qualification, c’est l’instruction, c’est la formation, c’est l’éducation qui permettent de s’ouvrir au monde, d’accéder aux connaissances, de développer sa capacité d’imagination et de rêve, de croire en soi en se confrontant aux autres, de prendre en main son propre destin et de construire en toute autonomie son propre avenir. C’est en ce sens que Nelson Mandela proclame : «Une nation qui lit, s’instruit, s’éduque, est une nation qui gagne». Autrement dit sans éducation, une nation n’a pas d’avenir propre à lui. Elle sera seulement à la remorque des évènements et sous la domination des nations instruites, éduquées et plus éclairées sur la marche du monde  c’est-à-dire le passé,  le présent et les perspectives d’avenir.


Une condition encore plus essentielle pour assurer l’avenir d’une nation, c’est la maitrise par elle sur les choix et options stratégiques, les objectifs à court-moyen et long terme, sur les bien-fondés et la finalité de son système éducatif.
L’éducation doit être d’abord et avant tout au service de la nation, orientée vers la satisfaction de ses besoins propres, conçue et conduite par ses propres fils, ses propres citoyens et citoyennes, selon ses propres curricula, son propre processus d’accréditation et ses propres critères d’équivalence et de certification.


Pour rappel, sous le régime de Modibo Keïta, notre enseignement était  un enseignement de masse et de qualité, un système éducatif nouveau qui avait ses propres critères et qui était ouvert sur les connaissances universelles et dont les diplômes étaient reconnus sur le plan mondial. Un diplômé de l’ENSUP était admis à la Sorbonne ou dans les meilleures universités françaises ou européennes sans condition. Il n’était assujetti à aucun examen ou procédure d’évaluation de connaissance parce qu’il était le produit d’une politique de formation de qualité.
Sans une souveraineté sur sa politique éducationnelle et sa stratégie de développement, il n’y a pas de libération véritable. Un pays ne peut avoir un épanouissement intellectuel, culturel, politique, économique et social si c’est d’autres pays étrangers qui lui imposent des politiques d’éducation et les change selon ses besoins, humeurs ou caprices du moment. C’est pourquoi le Mali indépendant sous le régime de l’USRDA a tenu à articuler d’une façon cohérente et harmonieuse la planification de son développement économique avec le fonctionnement du système éducatif -grâce à la réforme de 1962- en faisant correspondre le processus de formation avec les besoins d’utilisation dans la production et les autres activités professionnelles pour le développement du pays.
Il faut sortir de la dépendance à la fois politique, institutionnelle, culturelle, idéologique dans laquelle se trouve notre pays. Il faut donc absolument se construire son identité collective nationale propre, affirmer de façon autonome sa présence au monde en tant que nation acteur à part entière. Et ce chemin passe inévitablement par l’éducation et une politique souveraine en la matière. Ce sont des principes cardinaux dont il faut nécessairement partir si nous voulons bâtir un système d’éducation digne de ce nom, utile et efficace pour le pays et ses citoyens.
Nous nous trouvons dans un contexte où notre pays ne sait plus à quel saint se vouer. C’est un fiasco sur tous les plans : Du point de vue du financement de notre système éducatif alors que le potentiel est là, du point de vue du contenu de cette éducation qui est totalement dénaturée par rapport à nos besoins de modernisation, du point de vue pédagogique et stratégique. L’horizon est obstrué.  Et fait paradoxal : alors que l’Afrique a décidé de mettre en place son propre système universitaire panafricain, évènement majeur après la création de l’OUA le 25 mai 1963 à Addis-Abeba, lors de son lancement les 13 et 14 décembre 2011, le Mali était non seulement absent à ce rendez-vous historique, mais a préféré envoyer au même moment, des responsables de nos université en France pour faire allégeance au système universitaire français et rechercher auprès d’elle un partenariat illusoire et inutile par rapport à l’ambition de notre pays en matière d’éducation, au lieu de s’inscrire dans une logique de rupture avec ce système néocolonial, seul gage d’un avenir sûr pour notre pays. C’est le chemin par lequel Cuba et le Venezuela ont passé. Et les résultats qu’ils ont engrangés sont connus du monde entier.


A la veille du premier sommet entre l’Afrique et l’Amérique Latine de 2007, Hugo Chavez a repris à son compte le discours qu’a prononcé à la tribune des Nations-Unies à New-York le 4 octobre 1984, le Capitaine Thomas Sankara qui a donné les éléments essentiels du programme politique de la révolution au Burkina-Faso. Je vous cite un extrait : 


«Chercher des formes d’organisation meilleure, plus adaptée à notre civilisation, en rejetant de manière claire et définitive toute forme d’impositions externes, pour créer des conditions dignes, à hauteur de nos ambitions.


En finir avec la survie, nous libérer des pressions, libérer notre campagne de l’immobilisme médiéval, démocratiser notre société, éveiller les esprits à un univers de responsabilité collective pour oser inventer le futur. Reconstruire l’Administration en changeant l’image du fonctionnaire, immerger notre armée dans le peuple et lui rappeler sans cesse que sans  formation patriotique, un militaire n’est qu’un criminel en puissance. Tel est notre programme politique».


Hugo Chavez voit dans ce programme, les éléments d’une intégration entre l’Afrique et l’Amérique Latine. Selon lui, Simon Bolivar a donné la clé de cette intégration : la communauté culturelle et par conséquent, le plus grand potentiel économique politique et social. A cet effet, il fera allusion au célèbre discours d’Angustura en 1819 prononcé par Simon Bolivar qui a dit : «le sang de nos citoyens est différent, mélangeons les pour l’unir». Et Hugo Chavez de poursuivre en ces termes : «Bolivar nous rappelle ce qui nous constitue comme fils de l’Amérique : ne jamais oublier notre essence africaine, métisse, cette alliance naturelle qui doit être résolument renforcée sur le plan de la pratique. Nos problèmes sont communs, les causes de ses racines sont communes. Nous avons libéré ensemble ce continent latino-américain une première fois, nous le ferons à nouveau, nous le faisons déjà et dans ce processus, les peuples de la vaste Afrique libéreront de nouveau, avec nous, leur terre et leur histoire».
C’est dans cette perspective de rupture que le Parti SADI se place résolument. C’est pourquoi il a décidé d’enrichir sa vision et son analyse de la question par les exemples de Cuba et du Venezuela, mais aussi par l’apport d’éminents intellectuels et hommes politiques maliens qui sont au cœur de cette bataille pour sortir ce secteur des Politiques d’ajustement structurel qui l’ont systématiquement désarticulé et détruit. Ils assument le rôle d’intellectuels organiques merveilleusement décrit par Antonio Gramsci, ce militant communiste, savant et résistant antifasciste italien.  
 Le Parti SADI en appelle à l’unité d’action de tous ceux qui se sont battus de jour comme de nuit pour notre pays et qui ont rêvé d’un pays libre, libre de sa terre, de son histoire, comme ont rêvé Simon Bolivar, José Marti, Fidel Castro, Hugo Chavez, Modibo Keita, Ahmed Sékou Touré, Kwamé N’Nkrumah, Amilcar Cabral, Thomas Sankara…
Nouhoum KEÏTA
 
Secrétaire Administratif du Bureau Politique du Parti SADI
Membre du Comité Central  

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