Armée malienne : Ces interrogations qui accablent

08 Mars 2013 - 08:48
Mis à jour: 14 ans
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Au moment où les autres volent au secours de notre pays dont l’existence fut des plus menacée, c’est un capitaine qui se fait royalement installé dans ses fonctions de président du Comité militaire de la reforme des forces de défense et de sécurité (CMRFDS) avec des primes mirobolantes pendant que les soldats au front menacent d’y quitter faute de condition. Alors que les Maliens se mobilisent, avec plus d’un milliard F CFA et divers autres dons pour les forces armées, c’est le Procureur général qui vient du front avec un réquisitoire très accablant sur le dénuement de nos militaires au front. Pendant que le chef du gouvernement, Diango Cissoko, indique que l’absence des soldats maliens à Kidal est une question qui est en train d’être réglée par les gouvernements malien et français, c’est le directeur adjoint de la Dirpa, le lieutenant-colonel Souleymane Dembélé qui explique le fait par un manque de moyens pour la troupe. Décidemment on ne comprend plus rien. [caption id="attachment_126851" align="alignleft" width="310"]Soldats maliens à Gao le 10 février 2013. AFP Soldats maliens à Gao le 10 février 2013.
AFP[/caption] Comment comprendre ce paradoxe du président de la République par intérim, Pr. Dioncounda Traoré ayant consisté à installer royalement à Bamako un capitaine putschiste, dans ses fonctions de président du Comité militaire de suivi de la reforme des forces de défense et de sécurité (CMSRFDS) avec des primes mirobolantes au moment où le pays est en guerre et que l’état d’urgence est même décrété. Nous l’avons dénoncé en son temps, l’évènement a été un déshonneur pour les Maliens lesquels croyaient qu’on pouvait au moins s’en passant d’un tel spectacle au moment où ce sont les armées d’autres pays sont au front pour payer la liberté de notre pays, au prix du sang. Le moment n’était pas propice à un tel évènement et le capitaine Sanogo qui accomplissait déjà la fonction pouvait continuer à le faire sans un tintamarre de mauvais goût. D’ailleurs en ces moments difficiles pour la vie de la nation, la place du capitaine devrait plutôt être au front afin de mieux coordonner les opérations. Mais de cela, le capitaine n’a cure. Lui, le chef d’Etat-major général, le général Ibrahim Dahirou Dembélé de même que le ministre de la Défense, le général Yamoussa Camara, préfèrent se la couler douce dans des salons feutrés de Bamako, alors qu’au même moment, le fils du président tchadien se fait blesser au front et que le chef d’Etat-major général des armées du Tchad s’est rendu jusqu’à Tegharghar pour apporter un réconfort moral à ses troupes. C’est dire que ce sont les autres qui sont en train d’abattre le fauve malien quand les Maliens eux-mêmes sont quasi absents. Les autres payent le prix du sang à la place des Maliens. Certes, des soldats maliens sont au front à côté de leurs homologues tchadiens et français, mais quand on dit qu’ils font de la figuration, cela ne doit pas nous choquer d’autant plus que le directeur adjoint de la Direction de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa), est allé jusqu’à dire que c’est faute de moyens que l’armée malienne n’est pas aujourd’hui à Kidal. En conférence de presse le lundi dernier, le lieutenant-colonel Souleymane Dembélé, a indiqué que « l’armée malienne n’a pas les moyens d’être à Kidal. Cette absence n’est pas politique, mais elle est d’ordre logistique. Nous n’avons pas de véhicules adaptés aux réalités du terrain. A preuve, les militaires qui doivent être à Kidal sont toujours bloqués à Markala, faute de moyens. Ce manque de véhicules se répercute sur nos troupes déployées sur le terrain. A Gao, nous sommes obligés de patrouiller à pied ». C’est scandaleux parce que lorsqu’on n’a même pas les moyens de se rendre dans une localité de son pays ou lorsqu’on est obligé de faire les patrouilles à pied, vraiment ce n’est pas de cette manière qu’on pouvait libérer le Mali. Ces déclarations font froid dans le dos du Premier ministre Diango Cissoko qui attribuait l’absence des soldats maliens à Kidal à un problème qui est en train d’être réglé par les gouvernements malien et français, laissant croire que le problème est d’ordre politique quand on sait que le MNLA qui a interdit notre armée de rentrer à Kidal est aux côtés des français dans la traque des jihadistes dans l’Adrar des Ifoghas. Ces déclarations réconfortent aussi le Procureur général, Daniel A. Téssougué lequel après une mission au front n’avait pas porté de gants pour dénoncer la misère dans laquelle nos soldats évoluent auprès de leurs homologues français, tchadiens, nigériens etc. Et la lettre ouverte d’un soldat au front, parue dans « Le Républicain » d’hier dans laquelle l’intéressé indique que les soldats quitteront le front si leurs conditions de travail ne sont pas améliorées par les autorités du pays, préoccupées par la distribution de primes pharaoniques à des capitaines fuyards à Bamako. Du coup on se pose les questions suivantes : A quoi servent les milliards mobilisés pour l’effort de guerre, gérés par le ministre de l’Economie  des Finances et du Budget, Tiéna Coulibaly si on n’est même pas à mesure d’habiller nos soldats ? Pourquoi les armes achetées pour la guerre et longtemps bloquées au port de Conakry ne sont pas sur le terrain au lieu de servir pour la garde prétorienne d’un capitaine à Kati ? Décidemment le Mali va mal. Abdoulaye Diakité

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Commentaires (39)

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Dr ANASSER AG RHISSA
Dr ANASSER AG RHISSA 14 ans
Bonjour, Certains pensent que l’armée Malienne n’existe pas. Je suis désolé, l’armée du Mali existe bel et bien mais n’a pas de moyens, a besoin d’être formée, d’être dynamisée et d’être réorganisée. Si cette armée n’existait pas, qui a arrêté les Djihadistes à Konna et les a même repoussés le 07 janvier 2013 avant leur retour stoppé par l’armée française (merci France) le 11 janvier 2013 ? Certes, ses moyens sont limités et elle a un problème de management opérationnel, mais elle existe. Il convient de faire un vrai diagnostic afin de l’aider à reconstruire sa cohésion, son unité et son management opérationnel. Valorisons les métiers des forces de défense et sécurité en augmentant les salaires, en établissant des paliers de grille salariale à gravir en fonction du mérite et en donnant plus de perspectives. Quant à l’armée, motivons-la, considérons-la, aidons-la à se relever au lieu de la dénigrer et de l’anéantir. Bien cordialement Dr ANASSER AG RHISSA EXPERT TIC/GOUVERNANCE
le Mali est un pays maudit. Meme si Dieu dans sa miséricorde veut aider ce pays, les fils et les filles de ce pays feront toujours tout pour lui compliquer la tache. Un pays maudit, un peuple qui croupira continuellement dans la misère dans sa grande majorité. Bè bi ba bolo!
soribd3 14 ans
veridique, bè bi ba bolo, nga m'haculila e bina cabo i ba coro. Sinon tu n'allais pas traiter le Mali comme étant un pays maudit. Il y a beaucoup de maudits au Mali mais le pays ne pas maudit. Vive le Mali.
lol....ni I koteen térikè... :lol: :lol: #O té an kèlè...#
walati
walati 14 ans
Sanogo n'est pas le problème,il plus solution pour celui qui fait une analyse réaliste. Cherchons à sortir grandis de cette crise notre armée est surtout mal formées et en suite mal équipées à cause des actes irresponsables des responsables politiques et militaires. Ne fatiguez pas nos enfants à la formation une telle instruction ne permet pas de construire une armée enlévez le nom du neuveu du Ministre des unités de combat amène les autres à ne pas combattre. Il faut mettre fin à tout cela.
Nash
Nash 14 ans
Le Mali existe de nom et il est béni d'Allah. Ce pays croyant a incontournablement reçu de Dieu l'espérance de vivre et de retrouvé sa liberté . Cette victoire facile sur les bandits et criminels n'est pas seulement le fait d'une opération militaire serval bien accomplie, mais le résultat de puissantes prières collectives des Maliens. Dites moi, dans quelle opération militaire au monde, qu'on arrive en si peu de temps mettre hors d'état de nuire les principaux planificateurs d'une terreur à l'échelle européenne ! Au vu du dénouement de la crise malienne, j'attire l'attention de nos hommes politiques, militaires et société civile à plus d'humilité et de foi dans leurs actes, autrement dit, après avoir rentré par la grande porte sortiront par la petite porte couvert d'humiliation .
lepassant
lepassant 14 ans
C'est a Daniel Rousselier que je m'adresse
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