Arrestation d’officiers subalternes et de sous-officiers pour « tentative de déstabilisation des institutions et atteinte à la sûreté de l’Etat » : Le Gouvernement opte pour la dédramatisation en dépit de plusieurs indices concordants

09 Juin 2014 - 03:47
Mis à jour: 12 ans
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D’autres arrestations de militaires ont été ébruitées le week-end dernier   [caption id="attachment_348472" align="aligncenter" width="610"]Le lieutenant Mohamed Ouattara Le lieutenant Mohamed Ouattara[/caption] Suite à l’information relative à l’interpellation du lieutenant Mohamed Ouattara et de quelques sous-officiers pour «  tentative de déstabilisation des institutions et atteinte à la sûreté de l’Etat » dans la nuit de mercredi 4 au jeudi 5 juin, donnée par certains organes de presse dont « L’Indépendant », le ministre de la Communication, Mahamadou Camara, a cru devoir apporter un démenti.   En effet, sur les antennes de la radio Klédu dont il était l’invité samedi dernier, il a indiqué que l’arrestation du lieutenant Mohamed Ouattara n’était pas liée à une « tentative de déstabilisation », mais qu’il s’agissait plutôt d’ « un acte isolé ». Ajoutant que le moment venu, des explications seront fournies sur cette interpellation. Et de préciser qu’avec la restructuration de l’armée en cours, un « coup d’Etat » n’était pas envisageable.     Rappelons que RFI a été la première à parler de cette affaire, jeudi, en parlant plutôt d’ « enlèvement ». Après la parution de notre article le lendemain vendredi sous le titre : « Pour tentative de déstabilisation et atteinte à la sûreté de l’Etat, le lieutenant Mohamed Ouattara et d’autres officiers mis aux arrêts », la radio mondiale est revenue sur le sujet. Son correspondant à Bamako, Serge Daniel, qui a approché un officier supérieur, précise : « Dans un premier temps, la famille et les proches de Mohamed Ouattara affirmaient qu’il avait été enlevé par des hommes armés, habillés en tenue militaire. Mais c’est toute une autre version qu’une importante source sécuritaire malienne livre : je vous autorise à le dire, le lieutenant Mohamed Ouattara est plutôt aux arrêts pour tentative de déstabilisation des institutions de la République ».   D’autres journaux, « le Sphinx »  de Bamako et le site d’information ivoirien « Koaci » sont allés dans ce sens.   Des investigations ultérieures tendent à corroborer cette thèse. Une haute autorité militaire jointe par nos soins a confirmé la « tentative de déstabilisation des institutions et l’atteinte à la sûreté de l’Etat ». Notre interlocuteur va plus loin en précisant qu’il ne s’agissait pas d’ « un coup d’Etat classique », mais que le plan consistait à « porter atteinte à l’intégrité physique du chef de l’Etat, à créer une situation de désordre pour l’empêcher d’exercer ses fonctions convenablement ».   Notre source d’ajouter qu’en plus du lieutenant Mohamed Ouattara, d’autres officiers ont été arrêtés puis transférés, au cours du week-end, au Camp I de la gendarmerie nationale.   Le démenti sans consistance du ministre de la communication révèle  que le gouvernement a choisi de dédramatiser, voire de banaliser l’affaire. Et l’on comprend pourquoi. Avec l’échec de la tentative de libération de Kidal, le pays ne s’est jamais senti aussi mal depuis l’occupation, courant 2012, de sa partie septentrionale par les narcojihadistes. Il souffre aussi d’un malaise politique profond lié à certains actes posés par le gouvernement, notamment l’achat injustifié d’un avion à 20 milliards FCFA.   Si une « tentative de déstabilisation » venait à être créditée, ce serait lui porter le coup de grâce.   En attendant les résultats de l’enquête ouverte qui établiront s’il s’agit réellement d’une « tentative de déstabilisation des institutions » ou d’un « cas isolé » comme le souhaite et l’affirme sans preuve le ministre Mahamadou Camara, il est constant et irréfragable que l’interpellation de ces jeunes militaires est consécutive à la tragédie du 21 mai à Kidal, suivie de la démission du ministre de la défense Soumeylou Boubèye Maïga.   Après cette démission qu’il a décrite comme « une mesure de redressement » au sein de l’armée, le Premier ministre Moussa Mara avait annoncé qu’il y en aura d’autres. On pense, naturellement, à des sanctions contre les officiers suspectés d’avoir déclenché l’opération de Kidal sans l’ordre de l’autorité politique. Et c’est précisément pour protester contre d’éventuelles sanctions de cette nature que Soumeylou Boubèye Maïga avait démissionné, à moins qu’il ait été démis comme le président IBK l’a affirmé, la semaine dernière, lors de sa rencontre au palais de Koulouba avec les chefs des partis politiques.   Est-ce pour contrer ces sanctions qui ruineraient leurs carrières que les officiers concernés ont ourdi un complot visant non pas à s’emparer du pouvoir (ce n’est pas imaginable dans le contexte actuel au Mali) mais à neutraliser la personne du chef de l’Etat ? Il n’est pas interdit de le penser.   Il y a lieu de préciser que ce n’est pas la première fois que des militaires cherchent à mettre en mal les institutions de la République.   On se rappelle qu’en mars dernier, pour empêcher en mars dernier, une célébration envisagée de la date anniversaire du coup d’Etat du 22 mars 2012, des éléments de la force Serval ont dû intervenir au Camp I de la gendarmerie pour retirer des mains de responsables de l’ex-junte putschiste qui étaient détenus leurs téléphones portables. Des informations dont ils disposaient étaient susceptibles, nous dit-on, de mettre en mal les institutions de la République. Toute chose qui a conduit le juge d’instruction chargé de l’enquête sur les 21 bérets rouges disparus, Yaya Karembé, à décider de transférer les personnes liées à cette affaire en différents lieux de détention.     Abdoulaye DIARRA

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Commentaires (16)

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Sékouba
Sékouba 12 ans
Dieu fait bien les choses, heureusement que Sanogo n'est pas dehors sinon nous aurions pu entendre par les journalistes d'autres interprétations pour semer la haine entre les Maliens pour nous faire oublier l'essentiel des informations. Vous savez les journalistes doivent jouer le même rôle qu'un espion au service de sa nation mais vous donnez nos informations à RFI ou à d'autres pour votre propre intérêt. Ce n'est pas ce que nous appelons la gestion des informations à l'intérieur d'un pays souverain qui n'est pas aimé par les autres ou qui n'a bénéficié d'aucune impartialité de la colonisation hexagonale.
Cheick
Cheick 12 ans
10 juin 2014 - à 15:31 De toute façon le Mali ne sera pas un territoire où nos citoyens transformés en automates viennent nous guider sur leur chemin de perdition et c’est là l’inconvénient de l’obscurantisme. La valeur d’un homme intellectuel ou non dépend de la manière dont il est éclairé et celle d’un homme aigri nous amène au suicide collectif. Enfin, nous l’avons failli avec des renégats devenus dirigeants par hasard d’une nation dont ils ont sous-estimé la valeur pour la corruption comme s’ils ont obtenu la clé du paradis céleste par des imbéciles comme eux. En tout cas quand il y a un événement destructeur concernant notre pays vous les journalistes vous jouez au catalyseur pour mettre pays tout en branles bas en parlant de l’avion présidentiel qui est d’ailleurs nécessaire pour notre nation. D’ailleurs vous ne soulignez jamais les cas désespérants c’est à dire les sous empruntés au nom du Mali pour lutter contre pauvreté et dans quel but ces sommes ont été utilisée
Cheick
Cheick 12 ans
De toute façon le Mali ne sera pas un territoire où nos citoyens transformés en automates viennent nous guider sur leur chemin de perdition et c'est là l'inconvénient de l'obscurantisme. La valeur d'un homme intellectuel ou non dépend de la manière dont il est éclairé et celle d'un homme aigri nous amène au suicide collectif. Enfin, nous l'avons failli avec des renégats devenus dirigeants par hasard d'une nation dont ils ont sous-estimé la valeur pour la corruption comme s'ils ont obtenu la clé du paradis céleste par des imbéciles comme eux. En tout cas quand il y a un événement destructeur concernant notre pays vous les journalistes vous jouer le catalyseur pour mettre pays tout en branles bas en parlant de l'avion présidentiel qui est d'ailleurs nécessaire pour notre nation. D'ailleurs vous ne soulignez jamais les cas désespérants c'est à dire les sous empruntés au nom du Mali pour lutter contre pauvreté et dans quel but ces sommes ont été utilisées.
NFP
NFP 12 ans
« tentative de déstabilisation des institutions et atteinte à la sûreté de l’Etat » Ca me parait surtout une tentative de ............DIVERSION! Deux très curieuses: UN: Cette "tentative de complot" et cette arrestation est apparue à la une de nos médias JUSTE et PILE quand IBK et Mara avaient de toute urgence intérêt à détourner le regard des populations sur leur gâchis de Kidal (Et jusqu'à aujourd'hui, ils n'ont TOUJOURS PAS annoncé officiellement le NOMBRE EXACT de nos morts!!! Donc, de ceux que EUX (et EUX SEULS!) ont fait tuer là-bas! DEUX: Connaissez-vous UN SEUL président au monde (je dis bien UN SEUL) suffisamment con pour quitter le pays pour une cérémonie sans le moindre intérêt en Egypte, ALORS MÊME que de soi-disant sous officiers comploteurs (:roll: :roll: ) viendraient d'être arrêtés et seraient interrogés par la SE???... Les 2 coincidences sont énormes! Je ne maîtrise pas les cauris aussi bien que Coco, mais je "vois" plutôt qu'on nous prend pour des cons! :roll: :roll: :roll: :roll:
sankingba
sankingba 12 ans
Mon cher fs, tu n'as rien compris de l'opposition. Il y a opposant destructeur, égocentrique et haineux et l'opposant constructeur dans la contradiction. C'est le dernier opposant que le Mali a besoin. Quand les djihadistes sont arrivés aux portes de Mopti, qui ne se sentait pas meurtri dans son âme, sa dignité et son être existentiel? Je ne suis nullement contre l'opposition car sans elle pas de démocratie mais je suis l'opposant à l'égocentrisme. Tout comme ceux qui pensent que la grève veut dire la casse et le vandalisme. Que des individus du genre aillent à l'école de la conscience et de la morale. Ce n'est pas la peine qu'ils entonnent l'hymne national du Mali.
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