Etats ouest-africains et partenaires du Mali au défi du double coup d'Etat
29 Mai 2021 - 23:00
29 Mai 2021 - 23:00
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Le colonel Assimi Goïta, à présent officiellement président du Mali, a quitté Bamako samedi pour le Ghana où les dirigeants ouest-africains se réunissent dimanche pour trancher la question épineuse de leur réponse au double putsch des militaires maliens en neuf mois.
Les chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) se retrouveront à partir de 14H00 (locales et GMT) à Accra en sommet extraordinaire exclusivement consacré au Mali.
La Cédéao a invité le colonel Goïta à venir à Accra dès samedi pour des "consultations", indique un courrier de l'organisation consulté par l'AFP. Il s'est envolé samedi pour Accra, a-t-on appris de sources militaire et aéroportuaire.
La Cour constitutionnelle malienne a déclaré vendredi le colonel Goïta président de transition du pays, parachevant le coup de force déclenché lundi contre ceux qui se trouvaient entre lui et la direction de ce pays, plongé dans la tourmente mais crucial pour la stabilité du Sahel face à la propagation jihadiste.
La Cour constitutionnelle a ainsi officialisé un fait accompli auquel les partenaires du Mali avaient tâché de s'opposer après le coup d'Etat d'août 2020.
Assimi Goïta et un groupe de colonels avaient alors renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta après des mois de contestation populaire. La junte avait dû, sous la pression internationale et de sanctions ouest-africaines, accepter la nomination d'un président et d'un Premier ministre civils. Elle s'était engagée à organiser des élections et rendre le pouvoir à des civils à l'issue d'une transition de 18 mois.
La junte avait cependant taillé pour Assimi Goïta une vice-présidence sur mesure, investie des charges primordiales de la sécurité. Les colonels avaient nommé les leurs aux postes clés.
Lundi, l'ancien commandant de bataillon des forces spéciales a fait arrêter le président et le Premier ministre, cautions civiles de la transition. La version initiale d'une destitution autoritaire est devenue officiellement une démission.
L'engagement pris pour une transition civile est foulé aux pieds, suscitant le doute sur les autres, à commencer par la tenue d'élections début 2022. La junte a dit ces derniers jours qu'elle comptait respecter le calendrier, mais ajouté qu'il pouvait être soumis à des aléas.
La Cour constitutionnelle écrit que le colonel Goïta présidera la transition jusqu'au bout.
Goïta invité à Accra
Le colonel Goïta "exerce les fonctions, attributs et prérogatives de président de la transition pour conduire le processus de transition à son terme", et il portera "le titre de président de la transition, chef de l'Etat", dit la Cour constitutionnelle.
Vendredi, dans un apparent effort pour mobiliser des soutiens intérieurs, le colonel Goïta a dit son intention de nommer "dans les jours à venir" un Premier ministre issu d'un collectif qui avait mené en 2020 des mois de contestation contre l'ancien président Keïta mais que les colonels, une fois le chef de l'Etat renversé, avaient pris soin de laisser en marge de la transition.
Même avec un tel Premier ministre, la désignation d'Assimi Goïta met les voisins et les partenaires du Mali au défi d'une réponse.
La Cédéao avait co-rédigé avec l'Union africaine, la mission de l'ONU au Mali (Minusma), la France, les Etats-Unis et d'autres un communiqué rejetant "par avance tout acte imposé par la contrainte, y compris des démissions forcées".
Une mission de la Cédéao dépêchée au cours de la semaine au Mali a évoqué l'éventualité de sanctions. La France et les Etats-Unis, engagés militairement au Sahel, en ont brandi la menace.
Il n y a pas eu double coup d état au Mali. Il y a eu assainissement du pouvoir. En plus toute constitution au monde permet le coup d état si la constitution est gravement violee!!! On ne peut violee la constitution et rester au pouvoir parce que le mandat n est pas fini!!! Quelle aberration !!Toute personne intellectuelle digne, patriote voulant le bonheur de son peuple ne condamne jamais un coup d état sans une analyse et une démarche intellectuelle.