BIDC et GIABA : la CEDEAO maintient l’AES dans ses institutions clés

Réunis à Abuja, ce dimanche 14 décembre, les chefs d’État de la CEDEAO ont, pour ainsi dire, enterré la hache de guerre avec l’Alliance des États du Sahel (AES).

15 Déc 2025 - 19:59
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BIDC et GIABA : la CEDEAO maintient l’AES dans ses institutions clés

Au moins quatre points du communiqué final de la conférence portent sur les relations entre la CEDEAO et l’AES. Fait notable, le communiqué mentionne explicitement l’« AES », une première dans une conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO.

La 68 Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO a ainsi décidé de maintenir les liens avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger au sein de deux institutions spécialisées : la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC), opérationnelle depuis 2004 et basée à Lomé, et le GIABA (Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest), basé à Dakar et fort de 25 ans d’expérience.

« La Conférence approuve la résolution du Conseil des gouverneurs de la BIDC relative à la poursuite de la participation des pays de l’AES à la Banque en tant que membres non régionaux », peut-on lire dans le communiqué final. Elle a également approuvé la proposition visant à maintenir, au sein de la BIDC, le personnel ressortissant des pays de l’AES.

Selon la CEDEAO, les pays de l’AES ont sollicité leur adhésion au GIABA. Une demande acceptée avec l’octroi du « statut de membres non-CEDEAO du GIABA ». En contrepartie, l’organisation sous régionale exige un « fort engagement politique à mettre en œuvre l’ensemble des obligations requises des membres du GIABA ». Cet engagement inclut notamment « la correction des lacunes identifiées dans leurs cadres de lutte contre le blanchiment de capitaux ».

8 milliards de FCFA contre le terrorisme

Dans le cadre d’une « collaboration efficace et renforcée » dans la lutte contre le terrorisme, la CEDEAO exhorte ses États membres à maintenir le dialogue avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger. À cet effet, la Conférence a instruit le président de la Commission de mettre d’urgence à la disposition de cinq États membres — le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Togo — la somme de 2,85 millions de dollars, soit une enveloppe globale d’environ 8 milliards de FCFA, provenant du Fonds régional de sécurité. Ce financement sera accordé sous réserve de l’examen des plans d’action soumis.

Autre mesure antiterroriste : la Conférence a également instruit la Commission de prendre des mesures urgentes afin de rendre opérationnelle la Brigade régionale de lutte contre le terrorisme. Elle souhaite par ailleurs la convocation, en urgence, d’une réunion du Comité des chefs des services de renseignement, y compris ceux des États voisins, en vue d’accélérer la mise en place effective de ladite Brigade.

Mamadou TOGOLA/maliweb.net