Point de presse téléphonique sur le premier exercice régional d’opérations conjointes en Afrique de l’Ouest

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Département d’État des États-Unis

Centre médiatique régional pour l’Afrique

Le 7 avril 2021

Julie Cabus, sous-secrétaire adjointe à la Sécurité diplomatique, et Michael C. Gonzales, sous-secrétaire adjoint aux Affaires africaines

Modératrice : Bonjour à tous depuis le Centre médiatique régional pour l’Afrique du département d’État des États-Unis. Je tiens à souhaiter la bienvenue à nos participants de tout le continent et vous remercie tous pour votre participation à cette discussion. Aujourd’hui, nous avons le plaisir de nous trouver en compagnie de Julie Cabus, sous-secrétaire adjointe du bureau de la Sécurité diplomatique du département d’État, et de Michael Gonzales, sous-secrétaire adjoint du bureau des Affaires africaines. La sous-secrétaire adjointe Cabus et le sous-secrétaire adjoint Gonzales parleront du tout premier exercice régional d’opérations conjointes en Afrique de l’Ouest qui se sont déroulées du 29 au 31 mars de cette année. Ils sont avec nous depuis Washington.

Nous commencerons l’appel d’aujourd’hui par l’allocution d’ouverture de la sous-secrétaire adjointe Cabus, puis nous passerons à vos questions. Nous essaierons de répondre à autant d’entre elles que possible dans le temps qui nous est imparti. Si vous souhaitez participer à la conversation sur Twitter, veuillez utiliser le hashtag #AFHubPress et suivez-nous sur @AfricaMediaHub.

À titre de rappel, l’appel d’aujourd’hui est enregistré et, sur ce, je cède la parole à Julie Cabus, sous-secrétaire adjointe au bureau de la Sécurité diplomatique, pour son allocution d’ouverture.

Mme Cabus : Madame Scott, merci beaucoup et bonjour à ceux qui sont ici aux États-Unis et bonsoir à ceux d’entre vous qui sont à l’étranger.

Le département d’État a organisé la semaine dernière le tout premier exercice régional d’opérations conjointes en Afrique de l’Ouest pour mettre en relation les enquêteurs antiterroristes avec leurs homologues des autorités judiciaires dans trois pays : le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Environ 80 agents des forces de l’ordre et de la justice y ont participé.

L’exercice était organisé par le Programme d’assistance antiterroriste du département d’État, également connu sous le nom d’ATA. L’ATA est le principal prestataire de services de formation antiterroriste et fournisseur de subventions à l’équipement du gouvernement américain à l’intention des forces de l’ordre étrangères. Depuis sa création en 1983, l’ATA a dispensé une formation antiterroriste à plus de mille – excusez-moi, 150 000 agents des forces de l’ordre et personnels de première intervention de plus de 150 pays. Le bureau de la Lutte contre le terrorisme du département fournit à l’ATA un financement et des orientations politiques, et le service de la sécurité diplomatique du bureau de la Sécurité diplomatique dispense des formations et procède à la remise d’équipement dans chaque pays. Le bureau chargé du développement, de l’assistance et de la formation des procureurs à l’étranger du département de la Justice a également largement contribué au succès de cette formation et de cet exercice.

L’exercice régional pour l’Afrique de l’Ouest qui vient de s’achever s’inspire en partie de l’exercice réussi des opérations conjointes en Afrique de l’Est. Ces exercices ont lieu depuis 2014.

Pour cet exercice, nous nous sommes concentrés sur la collecte de preuves précises dans les délais opportuns tout en travaillant avec les autorités judiciaires pour garantir le respect des lois locales. Les objectifs de l’exercice étaient entre autres : le renforcement de la capacité d’enquête et des capacités des unités axées sur les affaires de terrorisme au Burkina Faso, au Mali et au Niger ; veiller au respect de l’état de droit et des principes des droits de l’homme dans le cadre des enquêtes ; et faciliter la coopération régionale transfrontalière en partageant les meilleures pratiques.

L’exercice de l’Afrique de l’Ouest a été initialement conçu comme un exercice multinational plus complet. Ces plans ont toutefois été modifiés en raison des restrictions aux déplacements dus à la pandémie de COVID-19.

Les premiers retours d’information ont été très encourageants, en particulier avec la coordination entre les professionnels des forces de l’ordre et leurs homologues des instances judiciaires. La lutte contre les menaces terroristes fait appel à une approche holistique. Les trois pays s’efforcent de gérer le nombre croissant de cas de terrorisme et de suspects qui leur sont confiés. Ils ont pris de nombreuses mesures pour accroître leur capacité à traduire en justice et juger les terroristes, et nous sommes heureux de nous associer à eux pour fournir des capacités supplémentaires, renforcer la coopération entre les forces de l’ordre et les acteurs judiciaires et les mettre à l’épreuve de scénarios du monde réel auxquels ils sont confrontés sur une base quasi quotidienne.

Mes fonctions sont plus particulièrement axées sur le maintien de l’ordre international, tandis que mon collègue, le sous-secrétaire adjoint Michael Gonzales, du bureau des Affaires africaines du département d’État, pourra vous parler de questions de politique générale américaines.

Merci encore et bienvenue encore une fois.

Modératrice : Merci beaucoup. Nous allons maintenant commencer la partie questions et réponses de l’appel d’aujourd’hui. Lorsque vous posez des questions, veuillez indiquer votre nom, votre organe de presse et vous limiter à une question liée au sujet du point de presse d’aujourd’hui : l’exercice régional des opérations conjointes en Afrique de l’Ouest qui a eu lieu en mars – en mars 2021.

Nous avons reçu des questions soumises à l’avance par e-mail, et les journalistes peuvent continuer à envoyer des questions en anglais sur Twitter et via l’e-mail [email protected] Par courtoisie pour les autres journalistes participant à l’appel, veuillez faire en sorte que vos questions soient aussi brèves que possible, compte tenu des contraintes de temps.

Je vais donc faire usage de ma prérogative de modératrice ici et poser la première question, parce que Madame la sous-secrétaire adjointe Cabus, vous avez mentionné le maintien de l’ordre à plusieurs reprises dans votre allocution d’ouverture. Pouvez-vous parler de la différence entre ce programme et d’autres programmes sur lesquels les États-Unis ont plus particulièrement travaillé en matière de contre-terrorisme et qui sont liés à AFRICOM ou à notre département de la Défense ?

Mme Cabus : Oui madame. L’ATA travaille principalement avec les forces de l’ordre, tandis que le département américain de la Défense travaille principalement avec les forces militaires. Ces activités se chevauchent toutefois de temps en temps dans certains pays. Les unités militaires désignées effectuent des tâches telles que la patrouille aux frontières dont, aux États-Unis, par exemple, se chargeraient normalement les forces de l’ordre civiles.

Je pense qu’il s’agit d’une distinction importante parce que, dans les pays principalement francophones, les services de police et de gendarmerie assument peut-être à la fois des fonctions et des responsabilités d’application de la loi civile et certains rôles et responsabilités d’ordre militaire. Notre travail est toutefois essentiellement centré autour de l’application des lois civiles. L’ATA est l’un des nombreux programmes du département d’État dont l’action repose sur la collaboration de pays partenaires pour lutter contre les menaces terroristes, et nous les aidons à le faire. Les programmes du département d’État sont par ailleurs coordonnés avec le département de la Défense, celui des États-Unis. Par exemple, l’AFRICOM du département de la Défense effectue des manœuvres dans le cadre de Flintlock en Afrique de l’Ouest, et ces dernières années, l’ATA et des forces de l’ordre civiles formées par l’ATA participent de manière croissante aux exercices Flintlock pour mieux coordonner les activités militaires et civiles de maintien de l’ordre.

Modératrice : Merci. Monsieur le sous-secrétaire adjoint Gonzales, nous avons une question de Senator Iroegbu du Global Sentinel au Nigeria. Sa question est la suivante : « Quel est le niveau de pénétration de Daech et d’Al-Qaida au Nigeria et en Afrique de l’Ouest en général ? »

Gonzales : Bonjour et merci pour la question. En ce qui concerne les zones touchées, je dirais que Daech et Al-Qaïda sont assez largement présents dans l’ensemble du Nigeria et de l’Afrique de l’Ouest, qu’il s’agisse de Daech-Afrique de l’Ouest ou de Boko Haram dans le nord-est du Nigéria ou de Daech-Grand Sahara ou ses affiliés de type GSIM plus à l’ouest.

Quand on parle du nombre réel d’individus, il peut être plutôt limité, quelques milliers. Mais étant donné leurs opérations et leur capacité à s’infiltrer dans différentes communautés et à répartir et collecter des ressources, je dirais que les affiliés et les membres de Daech et d’Al-Qaïda sont assez largement présents dans la région.

Modératrice : Merci. La question suivante nous vient de Bloomberg News, de Katarina Hoije au Tchad. Sa question est la suivante : « Cette formation du mois dernier indique-t-elle un changement dans la stratégie américaine au Sahel ? » Encore une fois, je pense que le sous-secrétaire adjoint Gonzales peut répondre à cette question.

Gonzales : Bien sûr, avec plaisir. Je dirais que cette formation est un bon exemple de la mise en œuvre de notre stratégie au Sahel en termes des trois D, comme nous les appelons : diplomatie, défense et développement. En fin de compte, relever les défis au Sahel nécessitera des interventions dans le domaine de la sécurité, mais en dernier lieu, la réponse aux défis du Sahel repose sur la résolution de la crise de la légitimité de l’État et l’offre d’une gouvernance et de services aux communautés marginalisées.

Et donc cet exercice opérationnel conjoint en Afrique de l’Ouest que nous avons vu le mois dernier est un très bon exemple du partenariat des États-Unis avec nos pays partenaires dans la région pour accroître leurs capacités afin qu’ils puissent bénéficier d’une plus grande confiance de leur public en assurant efficacement la responsabilisation et le suivi des menaces à la sécurité des communautés.

Comme l’a dit le secrétaire Blinken lors de son audience de confirmation, les États-Unis sont en train de procéder à l’examen de leur stratégie au Sahel ainsi que dans d’autres endroits. Mais en fin de compte, nous pensons que l’approche adoptée combinera la prise en compte de la dynamique de la sécurité, le travail avec nos partenaires à la fois dans la région et au niveau international pour renforcer la gouvernance et faire en sorte que l’État soit présent et crédible et en mesure de répondre aux besoins et souhaits des populations qu’il sert.

Modératrice : Merci. Mme la sous-secrétaire adjointe Cabus, comment le département d’État travaille-t-il exactement avec les gouvernements locaux dans le cadre de ces programmes ?

Mme Cabus : Merci pour cette question. Heureusement, dans chaque ambassade des États-Unis dans le monde entier, il y a un de mes collègues, un agent spécial de la Sécurité diplomatique, que l’on appelle l’agent de sécurité régional. L’agent de sécurité régional coordonne toutes les formations offertes par le programme de formation de l’assistance à la lutte contre le terrorisme, et travaille avec son pays hôte, ses partenaires gouvernementaux locaux, et contribue à définir les besoins en matière de formation et les listes de participants correspondants.

Ce lien est très important, car dans chaque pays, les programmes ATA sont dirigés par nos équipes locales de l’ambassade des États-Unis et nos agents de sécurité régionaux. Dans la plupart des cas, ils nouent et entretiennent des relations bilatérales à long terme avec les forces de l’ordre dans chaque pays. L’ambassade propose généralement des programmes ATA avant leur mise en œuvre, et les agents de l’ATA, en collaboration avec le bureau de la Lutte contre le terrorisme du département d’État, évaluent les besoins et la disposition des partenaires à y répondre.

Il convient toutefois de noter que chaque pays a la possibilité de s’exprimer s’agissant des types de formation dont il aimerait bénéficier. Il s’agit d’un véritable partenariat. Nous identifions les besoins et nous travaillons avec chaque nation pour y répondre.

Modératrice : Merci. Nous avons une question de Sarel Van Der Walt du journal Beeld / Die Burger en Afrique du Sud. La question s’adresse au sous-secrétaire adjoint Gonzales : « Voyez-vous un lien entre ce qui se passe en Afrique de l’Ouest et les problèmes dans le Cabo Delgado dans le nord du Mozambique ? »Gonzales : C’est une excellente question. Pour ce qui est de la dynamique que nous voyons sur le terrain, oui, je pense qu’il y a beaucoup, beaucoup de similitudes. Il y a des extrémistes qui identifient des régions qui ont longtemps été caractérisées par une absence de gouvernance ou qui ont été très isolées ou éloignées du centre, des capitales, d’une gouvernance à leur écoute dans leurs pays, où il existe des revendications sociales, et ils s’en sont servis pour faire avancer leur cause et leurs activités.

En ce qui concerne des liens concrets ou la coordination entre Daech-Mozambique et Daech ou les groupes d’Al-Qaïda que nous voyons en Afrique de l’Ouest, ce n’est pas très manifeste à notre avis. Nous constatons certainement que Daech-Mozambique se coordonne avec Daech-Province d’Afrique centrale ainsi qu’avec Daech-al [inaudible] basé en Somalie. Mais pour ce qui est des liens plus tangibles entre l’Afrique de l’Ouest et Daech-Mozambique, nous ne les voyons pas. Mais encore une fois, les facteurs qui permettent aux extrémistes violents de profiter de ce type de situations sont certainement très similaires dans les deux régions.

Modératrice : Merci. La question suivante est celle d’Anita Powell de Voice of America. Sa question est la suivante : « Pouvez-vous parler de ce que les forces américaines ont appris des experts en sécurité dans ces trois pays africains » – donc au Burkina Faso, au Mali, au Niger – « en particulier en ce qui concerne leurs expériences avec le terrorisme intérieur ? Est-ce que certaines de ces leçons peuvent être appliquée aux défis auxquels les États-Unis sont confrontés ?»

Monsieur le sous-secrétaire adjoint Gonzales, je vous donne la parole. Et Madame la sous-secrétaire adjointe Cabus, n’hésitez pas à intervenir sur cette question également si vous avez quelque chose à ajouter.

Gonzales : En fait, je pense que c’est peut-être une question plus concrète, centrée sur l’ATA, et que Madame la sous-secrétaire adjointe Cabus sera mieux à même d’y répondre, si elle n’y voit pas d’inconvénient.

Mme Cabus : Je répondrai avec plaisir à cette question. Je dirais simplement que, encore une fois, l’objectif principal de l’ATA est de travailler avec les forces de l’ordre civiles, donc pour commenter ce que nous – les forces, cela signifie généralement militaires pour nous ici aux États-Unis, je ne peux pas en parler. Mais ce que je peux dire sur les enseignements tirés et l’échange de problèmes thématiques mutuels est ceci.

Nous avons tous – tous les pays du monde en ont – des problèmes transnationaux puis locaux qui ont un impact en fonction des conditions sur le terrain, et en quelque sorte d’influences régionales. Je peux dire du point de vue de l’ATA, que nous – nos leçons, nos points à retenir, sont que dans les pays avec lesquels nous travaillons, on observe un niveau élevé de volonté et de désir de sécuriser le pays hôte dans lequel nous travaillons et avec lequel nous collaborons.

Les organisations civiles d’application de la loi se sont engagées envers les communautés qu’elles servent à leur offrir le meilleur soutien et les meilleures conditions de sécurité possibles,  tout comme nos forces de police ici aux États-Unis. Et donc avec cet engagement et ce désir, ces thèmes communs, nous constatons dans les pays dans lesquels nous travaillons une volonté et un désir d’être finalement aussi bien informé et bien formé que possible pour faire face non seulement aux problèmes d’origine locale, mais aussi aux problèmes auxquels sont confrontées les régions, de sorte qu’en fin de compte, ces organisations puissent être – et ces pays puissent être plus sûrs.

Modératrice : Merci. Je vois que nous avons Anita Powell de Voice of America sur notre ligne. Opérateur, ouvrez la ligne, s’il vous plaît.

Anita, est-ce que vous êtes à l’écoute ?

Opérateur : Elle vient de sortir de la file d’attente. Je vais tout de même ouvrir sa ligne. Un moment.

Modératrice : Oh, d’accord. Pas de problème. D’accord, la question suivante est une question d’AG Haussmann d’API en Côte d’Ivoire concernant spécifiquement la Côte d’Ivoire et les attaques là-bas et ce que fait le département d’État des États-Unis et comment un programme comme l’ATA peut mettre fin aux morts et contribuer à traduire les gens en justice.

Madame la sous-secrétaire adjointe Cabus.

Mme Cabus : Certes, l’ATA offre la possibilité de renforcer les capacités, et certainement, elle le permet aussi – cette capacité permet d’affiner, de mettre en œuvre et de maintenir en place des processus fondamentaux d’enquête et de poursuite, et c’est là que réside l’avantage d’un programme de type ATA. Je pense que c’était peut-être une question à deux volets, et je – le sous-secrétaire adjoint Gonzales pourrait peut-être mieux répondre à la deuxième partie. Mais surtout, ce qui est vraiment le plus important, c’est l’aspect lié aux capacités de tout cela – la capacité de garantir le respect de l’état de droit, des droits de l’homme et l’existence de solides processus d’enquête pour que les criminels et les acteurs malveillants puissent être traduits en justice efficacement et en temps opportun. Et c’est ce que l’ATA aurait à offrir dans le cadre d’une formation efficace.

Gonzales : Et je voudrais rebondir là-dessus.

Modératrice : Oui, s’il vous plait.

Gonzales : Je pense que l’un des avantages d’un programme comme celui-ci est le fait même qu’il rassemble des experts – en l’occurrence, des enquêteurs et des magistrats – de plusieurs pays voisins. Car, en fin de compte, qu’il s’agisse de menaces terroristes ou de criminalité transnationale organisée, l’insécurité croissante et les moteurs de l’insécurité non seulement en Afrique de l’Ouest mais dans le monde entier sont transnationaux. Et donc, réunir des partenaires de chaque côté des frontières contribue vraiment à garantir que les méchants, si vous voulez, ne soient pas en mesure d’exploiter les espaces non gouvernés où les périmètres éloignés des pays où les autorités sont relativement moins présentes Cela contribue à renforcer, qu’il s’agisse de l’ATA ou d’autres programmes, les capacités des responsables de la sécurité aux frontières. Et encore une fois, dans un cas comme ce programme où les autorités judiciaires sont directement en contact avec les enquêteurs, il y a cette complémentarité mutuelle de communication sur les modalités de gestion d’une enquête pour s’assurer que les informations collectées et transmises au processus judiciaire sont utiles et répondent aux besoins du processus judiciaire pour garantir la responsabilisation, que ce soit à l’intérieur d’un pays ou, dans les cas plus complexes, entre les pays. Et donc les programmes comme celui-ci comportent de nombreux avantages pour améliorer l’efficacité des forces de l’ordre, encourager la responsabilisation du gouvernement et, en dernier lieu, protéger la population.

Modératrice : Merci. Madame la sous-secrétaire adjointe Cabus, l’ATA permet de remédier aux carences dans plusieurs domaines, en particulier la protection des frontières nationales et la réponse aux incidents critiques. Comment la COVID a-t-elle affecté ces déficiences et comment la formation de l’ATA intègre-t-elle la limitation des effets de la COVID aux activités des forces locales pour mieux travailler pendant la pandémie et dans un environnement post-COVID ?

Mme Cabus : Voyons si je peux me souvenir de toutes ces questions en même temps ici. Permettez-moi de dire ceci sans équivoque : la COVID n’a pas diminué les menaces dans le monde, et en particulier dans la région de l’Afrique de l’Ouest, et je peux le dire sans hésitation. Elle a toutefois affecté notre capacité à dispenser des formations en raison de préoccupations d’ordre sanitaire et de bien-être. Dans certains cas, la formation a été reportée ou annulée, et nous venons juste de commencer à reprendre la formation en Afrique de l’Ouest en mars de cette année 2021. Nous nous engageons cependant à rattraper le temps perdu. Cela n’a pas réduit notre désir d’être en contact avec nos pays partenaires et de dispenser autant de formation que possible. Et nous fournirons certainement tout ce à quoi nous nous sommes engagés.

La COVID s’accompagne de nombreuses nouvelles exigences, et donc, nous dispensons nos formations en toute sécurité et conformément aux directives, en particulier de nos Centres de contrôle et de prévention des maladies ici aux États-Unis. Et bien que la formation ait été réduite pendant une grande partie de 2020, nos instructeurs retournent de plus en plus sur le terrain avec engagement et la volonté de dispenser une formation dans des conditions aussi proches de la normale que possible. Et 75 pour cent de nos mentors de l’ATA sur le terrain – donc notre personnel qui travaille avec le pays d’accueil pour veiller au maintien et à l’avancement de la formation – y sont de retour, et s’acquittent de leurs tâches et fonctions.

Nous nous engageons à veiller à la sécurité et la santé de nos pays partenaires, et nous ne prendrons donc aucun risque indu pendant la pandémie de COVID, mais nous avons conscience du fait que les menaces persistent et nous avons également trouvé un moyen de dispenser une formation efficacement, avec quelques modifications, de sorte à pouvoir rattraper le temps perdu, notamment en 2020, à cause de la COVID.

Nous sommes donc vraiment de retour sur la voie d’un rétablissement de la pleine capacité, car nous comprenons l’importance de ce que nous essayons de faire à la fois pour les pays individuels et pour les partenariats régionaux.

Modératrice : Merci. Opérateur, nous allons passer aux questions en direct. Anita Powell de Voice of America. Opérateur, ouvrez la ligne.

Question : Bonjour, est-ce que tout le monde peut m’entendre ?

Modératrice : Oui, nous vous entendons très bien.

Question : Tant mieux. Je voulais juste m’exprimer un peu plus clairement – ma question était peut-être difficile à comprendre. Qu’avez-vous appris de votre côté sur les forces de l’ordre et le système judiciaire de ces trois pays, d’autant plus que le système de police et de la justice des États-Unis fait actuellement l’objet d’un examen approfondi ? Qu’est-ce qu’ils vous ont appris sur l’absence de marginalisation des populations, ce qui pourrait être considéré comme un premier pas vers l’extrémisme et la radicalisation ? Qu’est-ce qu’ils vous ont appris à ce sujet ?

Mme Cabus : Je dirais – la sous-secrétaire adjointe Julie Cabus au micro – je dirais qu’il y a des thèmes universels en matière l’application de la loi qui transcendent les frontières, les pays ou les régions, pour ainsi dire. Et je parle souvent d’engagement envers la communauté, d’engagement pour le respect et les droits de l’homme, et l’universalité de ces thèmes est évidente tant ici aux États-Unis que dans des endroits comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Et il y a aussi une reconnaissance et une compréhension du fait qu’il y a des processus en place, qu’il y a des lois et des règles de conduite et que les capacités d’interaction et d’intervention de la police sont indissociables de l’efficacité judiciaire et qu’il y a – qu’il existe des relations quel que soit le rôle que l’on joue, que l’on soit l’enquêteur, l’agent de police local, ou le juge saisi d’une affaire, qu’il existe des relations qui doivent être nouées et entretenues pour un maintien de l’ordre efficace dans le respect des procédures régulières.

Et donc en 22 ans d’expérience dans mon travail – et pour tout vous dire, j’ai eu le plaisir de servir au Niger au début de ma carrière – mon expérience m’a montré que ce sont des thèmes universels, que ce sont des politiques qui transcendent les frontières. Et donc pour nous, pour nos formateurs et pour nos interlocuteurs du côté américain, je pense que ce qu’il importe surtout de retenir est certainement que quelle que soit la langue l’on parle ou l’endroit où l’on peut vivre dans le monde, il y a – il y a des choses qui sont absolument universelles en matière de maintien de l’ordre et d’application de la loi, et c’est un peu une affirmation du fait que nous sommes différents mais que nous sommes les mêmes, et c’est utile dans le cadre de la prestation de la formation parce qu’il y a une croyance fondamentale en des choses comme les liens communautaires, les droits de l’homme, et cela facilite beaucoup la prestation de la formation lorsque l’on a ces principes fondamentaux en commun.

Modératrice : Merci. Nous allons maintenant passer en direct à une question de Katarina Hoije de Bloomberg News. Opérateur, veuillez ouvrir la ligne.

Question : Bonjour à tous. Juste une question pour rebondir sur ma question précédente sur le changement de la stratégie américaine dans le Sahel. Comme vous l’avez noté, la situation en matière de sécurité s’est détériorée, et non seulement le niveau de sécurité, mais on a assisté à des coups d’État assez récents au Mali et à une récente tentative de coup d’État au Niger. Au Mali, nous savons que les soldats – certains des soldats qui dirigeaient les coups d’État ont été entraînés par les États-Unis. Au Niger, cela n’a pas encore été confirmé. Je me demande ce qu’est votre réaction face au fait que les soldats que vous avez formés se retournent plus tard contre leurs gouvernements ? Et aussi, est-ce quelque chose que vous avez pris en compte lorsque vous envisagez une nouvelle stratégie ou une ancienne stratégie [inaudible] ?

Modératrice : Monsieur le sous-secrétaire adjoint Gonzales, s’il vous plait.

Gonzales : Bien sûr merci. Notre formation vise certainement à renforcer les capacités du personnel des forces de l’ordre et du secteur de la sécurité, et nous sommes donc prudents non seulement parce que c’est ce qu’il convient de faire, mais aussi parce que la législation américaine exige que nous procédions à des contrôles complets, que ce soit des unités ou des personnes que nous allons former. Nous appliquons ces directives très sérieusement pour nous assurer de bien connaître les personnes que nous formons et que nous dispensons une formation à des personnes qui ne font pas l’objet d’allégations crédibles de violations graves des droits de l’homme. Et nous restons donc attachés à ces principes. Nous continuerons de travailler avec nos partenaires pour renforcer les capacités du personnel et des institutions du secteur de la sécurité afin qu’ils puissent en fin de compte faire respecter les constitutions et les lois des pays dont ils sont responsables. Et notre engagement reste solide en termes de soutien, qu’il s’agisse du secteur de la sécurité ou des institutions civiles, afin d’apporter notamment au Mali mais aux pays du Sahel une plus grande sécurité, une plus grande stabilité et l’espoir d’un avenir prospère.

Modératrice : Merci. Madame la sous-secrétaire adjointe Cabus, quel est le rôle des partenaires de mise en œuvre dans le pays ? Y a-t-il – évidemment, il y a des gens du système judiciaire que nous utilisons, du système policier. Quel est précisément leur rôle et qui décide du choix des personnes qui participent à ces programmes ?

Mme Cabus : Merci pour cette question. Les partenaires de mise en œuvre représentent, essentiellement, ou apportent un ensemble de compétences qui a été identifié comme un besoin pour le pays d’accueil. Et dans la mesure où nous, à l’ATA, dispensons la majorité de nos formations à l’étranger, nous préférons utiliser les écoles, les champs de tir et les installations de formation des pays partenaires. Nous fournissons essentiellement des experts aux partenaires de mise en œuvre qui dispensent la formation spécifique qui a été conçue et convenue par les États-Unis et le pays d’accueil. Les forces des pays partenaires démontrent ensuite de manière tangible les modalités d’amélioration de leurs capacités grâce à la formation et l’équipement de l’ATA, et ainsi nos partenaires de mise en œuvre sont en mesure de voir le fruit du travail entre eux et le pays d’accueil.

Essentiellement, c’est la dispensation. C’est essentiellement l’expertise qui fait l’objet d’un accord entre les États-Unis et le pays hôte, et il incombe aux partenaires de mise en œuvre de répondre à cette demande. Nous nous appuyons donc sur l’ensemble des capacités de maintien de l’ordre aux États-Unis pour fournir le personnel le plus compétent susceptible de dispenser des formations de la plus haute qualité possible.

Modératrice : Merci. Encore quelques questions avant de conclure. Puisque le sous-secrétaire adjoint Gonzales a déjà parlé du lien en Afrique de l’Ouest et de ce qui se passe au Mozambique, y a-t-il une possibilité qu’il y ait des programmes ATA pour la région de l’Afrique australe ? Madame la sous-secrétaire adjointe Cabus.

Mme Cabus : J’aimerais croire que tout est possible. On ne nous a demandé que récemment d’évaluer le Mozambique dans la perspective d’un programme ATA, ce dont nous nous réjouissons et nous attendons avec impatience la poursuite de notre partenariat avec le Mozambique. Il s’agit d’un processus à long terme qui fait intervenir un travail avec l’ambassade américaine locale et le pays partenaire et d’autres éléments du département d’État afin d’identifier les besoins de formation, d’équipement et de mentorat les plus appropriés. Il s’agit de programmes consultatifs qui exigent un budget et une planification avant leur mise en œuvre.

Nous considérons donc le Mozambique comme le premier pas dans cette direction, et nous sommes certainement disposés à examiner toutes les propositions qui pourraient bénéficier à nos partenaires de la région australe de l’Afrique.

Modératrice : Merci. Enfin, quels résultats les États-Unis espèrent-ils obtenir avec ce programme ? Et s’il y a des exemples de réussite dont vous pouvez nous faire part sur l’ATA, veuillez le faire maintenant. Madame la sous-secrétaire adjointe Cabus.

Mme Cabus : Très concrètement, nous espérons pouvoir améliorer les capacités d’investigation des pays partenaires et de leurs enquêteurs. Nous espérons garantir l’état de droit et les principes des droits de l’homme, et nous espérons faciliter la coopération régionale transfrontalière en partageant les meilleures pratiques, comme mentionné un peu plus tôt.

Nos réussites sont incroyables et aussi, dans une certaine mesure, tout à fait uniques. Par exemple, des agents des forces de l’ordre formés aux États-Unis à la sécurité diplomatique de plus de deux douzaines de pays ont participé à Flintlock, l’exercice ouest-africain, en 2020. Il s’agit d’un exercice de lutte contre le terrorisme qui a eu lieu en février en Mauritanie et au Sénégal. Cet exercice régional fait intervenir la police nationale et la gendarmerie mauritaniennes, toutes deux formées par le bureau de l’assistance antiterroriste. Elles ont procédé à des interceptions de véhicules à Nouakchott, et Flintlock est le plus grand exercice de contre-terrorisme d’Afrique axé en partie sur la coordination entre les nations transsahariennes. Il s’agissait donc d’une entreprise de grande envergure pour nous en 2020, et cela montre les capacités qui existent dans une région très vaste en termes physique du monde. Donc, une belle réussite pour nous.

Le Bénin a été le dernier pays à s’associer au partenariat en matière de sécurité diplomatique, dans le cadre d’un programme spécial appelé Special Program for Embassy Augmentation Response. C’est – l’acronyme correspondant est SPEAR. Et un protocole d’accord officiel a été signé entre les États-Unis et le Bénin pour développer cette capacité. Il s’agit d’un groupe de forces de l’ordre hautement qualifié et spécialisé. Pensez en termes de force de réaction rapide ou d’équipe de type tactique, et ce programme a pour but de faciliter le développement de cette capacité pour le Bénin et disposer d’une meilleure capacité de réaction dans les locaux diplomatiques de la capitale nationale.

Modératrice : Merci. Et enfin, Monsieur le sous-secrétaire adjoint Gonzales, si vous pouvez nous dire quelques derniers mots et nous expliquer pourquoi des programmes comme l’ATA sont si importants pour la politique de sécurité des États-Unis en Afrique.

Gonzales : Absolument. Fondamentalement, l’insécurité en Afrique de l’Ouest affecte directement les intérêts américains et constitue une menace pour nos valeurs, nos partenaires et nos citoyens. Et donc, en fin de compte, il est dans l’intérêt national des États-Unis de veiller à ce que nos partenaires soient en mesure de mieux surveiller, détecter et dissuader les menaces qui se présentent, et lorsqu’ils ne sont pas en mesure de le faire et en cas de frappes ou d’attentats, il est dans notre intérêt de nous assurer qu’ils ont les capacités de comprendre comment ça se produit, de demander des comptes à ceux qui en sont responsables et d’apprendre de ces expériences pour être mieux à même de les détecter et de dissuader à l’avenir. Et c’est exactement ce que ce programme ATA entend faire. Nous sommes vraiment ravis d’en voir les résultats, non seulement en ce qui concerne la collaboration dans le pays et l’amélioration de l’efficience et de l’efficacité de la collaboration entre les enquêteurs et les magistrats, mais vraiment cette question transfrontalière, en revenant à cette question de la criminalité transnationale organisée et de la nature transnationale des menaces extrémistes.

Nous restons donc déterminés à travailler également dans le cadre de ce type d’efforts – du côté de la sécurité, ainsi qu’à nous attaquer aux moteurs de la gouvernance et du développement qui sont si vitaux pour la viabilité et le succès à long terme de la région du Sahel. Merci.

Modératrice : L’appel d’aujourd’hui se termine là-dessus. Je tiens à remercier Julie Cabus, sous-secrétaire adjointe du bureau de la Sécurité diplomatique, et Michael Gonzales, sous-secrétaire adjoint au bureau des Affaires africaines, de s’être joints à nous et remercier tous nos participants. Si vous avez des questions sur l’appel d’aujourd’hui, vous pouvez contacter le Centre médiatique régional pour l’Afrique à [email protected] Merci.

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2 COMMENTAIRES

  1. My approach in dealing is align with information obtained from admiral decades ago. United States have in every way held to those seemingly goals for Africa plus me thus is untrustworthy to high degree.
    As for American government yes admiral told me your ultimate plus I have experience your attempts to implement it. Not only Americans this world know I do not or will not ever trust you. Business will be limited or none between us.
    Best Africa will not allow you to ” back door” it.
    Stupid is what stupid do.
    Henry Author Price Jr aka Kankan

  2. Meeting was meaningless technology showpiece. Terrorists have very much shown same communications withal but to manage attacks against Malian soldiers plus citizens of Sahel. In short that meeting was fucked up attempt by Biden government to push me out of assisting my people unless his untrustworthy government is included. Have not Biden plus second class citizen then President Obama done enough injury in Mali. To embrace Biden government for sake of laundering corrupt funds is as stupid as member of Malian government should be plus I hope terrorists use that action if taken by members of Malians government or military as recruiting tool. It will work wonderfully. Sometimes you will not be suitably rescued by others to right passage. In this world Caucasian will only do for Negroids where they profit most. Instead you have to dig yourself out of shit hole. That is where Sahel nation’s exist. We have to take goal oriented time limit approach.
    Stupid is what stupid do .
    Henry Author Price Jr aka Kankan

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