Au Sénégal, des mesures concrètes sont attendues alors que l'Afrique vise à récupérer la maîtrise de ses ressources naturelles

L'Afrique vise à regagner la maîtrise de ses ressources minières. Cette démarche, désignée comme une nouvelle stratégie africaine pour les secteurs miniers, a pour but de stimuler une collaboration régionale, de générer de la valeur sur le continent et d'établir un développement résistant aux défis économiques et géopolitiques.

5 Nov 2025 - 09:47
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Au Sénégal, des mesures concrètes sont attendues alors que l'Afrique vise à récupérer la maîtrise de ses ressources naturelles

Dans ce contexte, le Ghana, qui figure parmi les principaux producteurs d'or sur le continent africain, a mis en place l'audit industriel le plus ambitieux de ces dix dernières années. Le pays prévoit de réviser sa législation relative à l'industrie minière dans le but de récupérer les pertes de revenus et d'intensifier la supervision réglementaire. Des auditeurs publics, des experts-comptables judiciaires et des consultants indépendants dirigeront le processus, qui inclura les principales entreprises d'exploitation de l'or telles qu'AngloGold Ashanti, Asante Gold, Gold Fields, Newmont, Perseus et la société Zijin originaire de Chine.

Il est important de souligner que cette décision est prise dans une atmosphère où les gouvernements des nations d'Afrique de l'Ouest renforcent leur supervision sur les entreprises minières, en réponse à une augmentation significative des prix des matières premières.

Outre le Ghana, le Mali est également concerné par une large restructuration du secteur, où les autorités ont prouvé que des réformes sont indispensables pour garantir la souveraineté sur les ressources du pays. Dans cette optique, des centaines de licences d'exploitation minière délivrées entre 2009 et 2021 ont été annulées. Cela portait essentiellement sur l'extraction d'or, où des compagnies étrangères, en particulier canadiennes et australiennes, avaient reçu des permis durant une période de turbulence politique.

Toutefois, l'industrie minière sénégalaise, qui a constamment manqué de transparence, est maintenant attendue pour s'engager dans cette initiative ouest-africaine à l'instar du Mali et du Ghana. Il est à noter que ces réformes répondent aux aspirations du peuple sénégalais suite aux élections de Bassirou Diomaye Faye en mars 2024. Le président sénégalais a, après son accession au pouvoir, ordonné une vérification totale des secteurs pétrolier, gazier et minier, mettant l'accent sur le besoin de « restaurer la prospérité au peuple ».

Pour rappel, le projet Grande Côte Operations (GCO), dirigé par l'entreprise minière française Eramet au Sénégal, a récemment été l'objet d'un intense controverse communautaire et écologique.

Lancée en 2014, cette démarche d'extraction de sables minéraux (principalement du zircon et du titane) était censée stimuler l'économie et générer des emplois. Cependant, elle a plutôt entraîné une série d'accusations liées à la dégradation de l'environnement, aux dommages sociaux et à une distribution inéquitable des profits. Si l'exploitation minière profite principalement avantageuse à Eramet et à la France, le Sénégal ne récolte que des miettes de ce projet.

Alors que le Sénégal aspire à consolider son autonomie économique, l'affaire Eramet-GCO souligne les enjeux constants liés à la gestion des ressources naturelles et à l'assurance d'une rétribution équitable pour leur exploitation. Pour de nombreux intervenants de la société civile, il est essentiel de procéder à un audit sur l'exploitation minière afin d’évaluer la « transparence » d'Eramet-GCO et mesurer les impacts environnementaux.

 

Omar Diallo