Contribution : Que peut-on réellement espérer d’une société allergique à la vérité?
Que peut-on espérer d’une société, où l’on ne répond plus à un argument par un argument, mais par l’insulte, la diffamation, l’intimidation, le dénigrement ou la traque de celui qui ose penser autrement ?
Que peut-on espérer d’une société qui transforme des personnages vulgaires et impudiques en vedettes, pendant qu’elle méprise la morale, la pudeur, le savoir et les valeurs ?
Que peut-on espérer d’une société qui applaudit la médiocrité, banalise tout ce qui la tire vers le bas et encourage précisément les comportements qui la maintiennent dans la stagnation ?
Que peut-on espérer d’une société où une partie de la jeunesse choisit pour modèles des personnages qui ne lui transmettent ni le goût de l’effort, ni la discipline, ni la connaissance, ni le sens du travail ?
Nous voulons le développement, mais nous applaudissons exactement ce qui nous maintient dans le sous-développement.
Aucune nation ne se construit dans le vacarme, la facilité et la médiocrité.
Si la Chine compte aujourd’hui parmi les grandes puissances mondiales, elle le doit notamment au travail, à la discipline, à la production, à la formation et à une vision du développement poursuivie sur plusieurs décennies.
Si des pays autrefois confrontés à de grandes difficultés économiques, comme la Thaïlande, ont réussi à progresser considérablement, ce n’est pas par miracle. C’est aussi par le travail, l’investissement, l’éducation, l’industrie, la formation et la volonté de produire davantage.
Le développement ne tombe pas du ciel. Il se construit.
La quête permanente du gain facile fragilise profondément une société. Elle détruit progressivement le goût de l’effort, banalise les raccourcis et donne l’illusion que l’on peut réussir sans apprendre, sans travailler, sans persévérer et sans produire.
Et malheureusement, nous évoluons dans une société, où beaucoup rêvent encore de réussite par la voie de la facilité: gagner rapidement, devenir célèbre rapidement, s’enrichir rapidement, obtenir une position rapidement, parfois sans accepter le parcours, les sacrifices et les efforts nécessaires.
Aucune société sérieuse ne peut avancer avec cette mentalité.
Il faut réhabiliter le travail.
Il faut remettre le mérite au centre.
Il faut redonner de la valeur aux métiers, à l’apprentissage, à la formation professionnelle, à l’entrepreneuriat productif, à la connaissance et à la discipline.
Il faut surtout offrir à notre jeunesse d’autres modèles: des femmes et des hommes qui incarnent le travail, le mérite, la créativité, la connaissance, le sens des responsabilités et qui contribuent réellement à faire avancer la société.
Une jeunesse a besoin de modèles qui lui donnent envie d’apprendre, de se dépasser, de construire et de contribuer utilement à la société.
Car ce qu’une société choisit de valoriser finit toujours par façonner les rêves et les ambitions de ses enfants.
Lorsque nous valorisons le travail, le mérite, le savoir et l’excellence, nous préparons une génération capable de relever son pays.
Nous ne sortirons pas de la stagnation uniquement en changeant ceux qui nous gouvernent. Le véritable changement commencera lorsque nous accepterons collectivement de transformer notre rapport au travail, au mérite, à la vérité, à la responsabilité et à l’effort. Car, aucune Nation ne peut progresser si les mentalités et les comportements de sa société restent inchangés.
Le changement de mentalité s’impose. Et de ce changement de mentalité découlera nécessairement un changement d’attitudes, de comportements et, à terme, de société.
Par Binta Jean BITTARD