L’accord de Genève : Encore une prouesse de la diplomatie qatarie
C'est avec une très grande joie que j'ai accueilli le brillant succès diplomatique du Qatar à travers le récent Accord de Genève (Suisse), conclu ce 19 avril entre les parties à la crise en République démocratique du Congo, sous les auspices de Son Altesse Cheikh Tamim Bin Hamad Al Thani, Emir du Qatar.
Depuis la fin de l'année 2021, le M23, avec un soutien extérieur, s'est emparé de vastes pans de territoire dans l'Est du pays, une région ravagée par les conflits depuis plus de trente ans. Suite à cette guerre fratricide, et au regard du nombre incalculable de victimes civiles innocentes des atrocités génocidaires, du ciblage des hôpitaux, des églises et mosquées, des camps de réfugiés et d'autres habitations en violation de toutes les lois de la guerre et du droit international humanitaire, la plupart des dirigeants du monde, malgré la grogne et le soulèvement légendaires des populations face à l'holocauste du peuple congolais, la communauté internationale est restée muette, sourde et aveugle, émettant péniblement quelques balbutiements en guise de solution.
Heureusement, la grandeur d'un pays ne se limite pas seulement à sa puissance militaire, à l'étendue de son territoire, ni même à sa puissance économique, mais aussi à sa vision diplomatique. C'est cela que l'Etat du Qatar, qui ne cesse d'étonner le monde par ses succès et ses réalisations extraordinaires, a démontré en accomplissant une œuvre dont la plupart des nations ne peuvent que rêver. Le Qatar a réussi là où les grandes puissances ont échoué. Ce petit pays par la superficie, mais grand par sa diplomatie et ses ambitions, a réussi la signature de cet Accord de Genève, une prouesse saluée dans le monde entier et qui constitue une première lueur d'espoir dans la décrispation des tensions. Les ténèbres qui ont régné si longtemps et obscurci les perspectives de paix ont été dissipées par la force de sa diplomatie.
La signature de cet accord prouve une fois de plus que la grandeur d'un pays ne se mesure pas uniquement à sa puissance militaire, à son territoire ou à sa richesse économique, mais à la qualité de sa vision diplomatique. L'Etat du Qatar a ainsi accompli une œuvre remarquable, réussissant là où les grandes nations et les institutions internationales ont échoué.
Cette performance exceptionnelle de la diplomatie qatarie est d'abord le résultat des efforts que Son Altesse a déployés au cours de sa gouvernance, qu'il a su orienter avec clairvoyance depuis son accession à la magistrature suprême, mais aussi à travers le soutien apporté aux pays en difficulté (famines, inondations, catastrophes naturelles, guerres, réfugiés), comme dans le cas de la RDC.
Son Altesse a su maintenir le cap en mobilisant toute son énergie pour parvenir à la signature d'un accord de paix durable, grâce à sa vision de pacificateur. Ce succès de la diplomatie qatarie est à saluer pour plusieurs raisons.
C'est d'abord son implication directe dans la décrispation des crises à travers le monde, notamment par la facilitation des libérations d'otages, les négociations sérieuses et les échanges de prisonniers de guerre. C'est grâce à cette diplomatie de l'ombre que des avancées significatives ont été obtenues dans plusieurs régions du monde. C'est aussi grâce à cette prouesse diplomatique que le mouvement du 23 mars (M23) et le gouvernement de la République démocratique du Congo ont pu signer, le samedi 19 juillet, un accord de cessez-le-feu à Doha, au Qatar.
Cet Accord de Genève, sanctionné par une déclaration de principe, stipule que les deux parties doivent s'abstenir de toute attaque, de toute propagande haineuse, ainsi que de toute tentative de conquête par la force de nouvelles positions, en vue d'aboutir à une paix définitive. C'est pourquoi nous affirmions déjà que si l'attribution du prix Nobel de la Paix était conditionnée aux efforts constants en faveur du maintien de la paix dans le monde, Son Altesse l'Emir du Qatar en serait un candidat légitime. Nous exprimons, à cette occasion, nos vives félicitations, nos encouragements et notre soutien pour une éventuelle distinction au prix Nobel de la Paix 2025.
Mohamed Kimbiri, Président du Collectif des associations musulmanes du Mali.