L’enseignement, l’autre goulet d’étranglement

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Certes, le sujet de l’enseignement taraude les esprits, touche les émotions surtout dans un pays comme le nôtre où le niveau des apprenants dégringole de façon exponentielle.

A chaque fois qu’on pense avoir trouvé la solution, on se rend compte qu’on est dans un mirage. Ensuite aborder ce sujet dans un contexte où on fait face à des défis énormes, où tout est urgent, dans un pays où le peuple est émotif voire fanatique dans sa grande majorité, où les gens semblent être à la fois indifférents et intolérants face à tout propos contraire, peut-être risqué.

Aborder surtout ce sujet en n’ayant ni des qualités intellectuelles requises encore moins des qualités morales au-dessus de la moyenne, de surcroit dans un pays de grands intellectuels, d’érudits et d’hommes de culture de renom, peut ressembler à un pédantisme ou à la prétention.

Mais lorsque le temps semble s’arrêter en ces moments où tout urgence et priorité, le silence devient pénible, presque coupable. Et, me revenant à l’esprit l’adage qui dit que l’avenir d’un pays dépend de sa jeunesse, en tant que jeune malien qui aime son pays d’un amour qui m’arrache les larmes pour paraphraser l’autre, je me sens interpellé pour ne pas être du côté des mauvais témoins de l’histoire. En conséquence, je ne saurai me dérober de l’expression de la responsabilité et du devoir patriotique que nous imposent ces moments lourdement chargés d’incertitudes et d’inquiétudes car quand l’enseignement éternue, c’est tout le système qui tousse.

Aujourd’hui, réfléchir sérieusement sur l’avenir du pays revient à commencer et à terminer par l’enseignement qui est le cœur du système qui nous a tous produit. Un système est un ensemble d’éléments, j’allais dire d’organes. L’enseignement est le cœur de ce système, c’est-à-dire qu’il représente dans un système ce que représente un moteur dans un véhicule. Quand le moteur s’arrête, on pousse le véhicule dans tous les sens, en vain.

Mais je fais aussi parti de ceux qui pensent que les enseignants ne doivent pas être les seuls à supporter la crise, quelques soient les motifs qu’on puisse évoquer. Les enseignants, soldats du savoir, architectes du destin des enfants de la République et garants de l’avenir ont accepté fièrement de monter en première ligne pour servir la nation souvent au prix de leur vie et loin de tout confort. Ils méritent notre soutien, notre respect et tous les égards de la part de la patrie.

Notre continent de par ses traditions et son histoire a toujours su rasséréner le débat sous l’arbre à palabre. C’est ce qu’on attend de nos autorités, de nos aînés, des érudits, des leaders d’opinion pour redonner confiance et espoir à un pays déjà durement éprouvé. L’avenir du pays dépend de l‘éducation de ses fils. La clé de la réussite, c’est l’éducation.<< Dis-moi quelle jeunesse tu as, je te dirai quel peuple tu seras>> prophétisait le Président Wade.

Nul doute que le Professeur Famanta, ministre en charge de l’enseignement, un homme aux qualités intellectuelles et humaines irréprochables avec une détermination sans faille, venu à ce poste à un moment décisif de l’histoire de notre pays, repositionnera les espoirs, trouvera les moyens indispensables pour un enseignement de qualité et renouera l’indispensable dialogue avec tous les acteurs afin de redonner un nouveau souffle à l’un des secteurs le plus vital de la vie de notre grande nation. Partout où il est passé il a étalé ses compétences et ses qualités. Aujourd’hui, il est interpellé par l’histoire et par un nouveau challenge républicain pour venir sauver un secteur presque à terre.

Des engagements seront pris. Qu’ils soient scrupuleusement respectés car l’histoire nous apprend toute relation basée sur la vérité et la bonne foi, s’inscrira dans l’éternité. En revanche, toute relation basée sur la fourberie est vouée à un cuisant échec.

L’enseignement doit être non seulement une affaire de tous mais une priorité de tous. Le Mali est tétanisé par une crise multiforme et multisectorielle. Si rien n’est fait, particulièrement pour ce qui concerne l’enseignement, nous poursuivrons notre descente et rien ne pourra nous empêcher de toucher le fond. Il nous faudrait rapidement le tirer des bas-fonds où il se trouve pour le replacer sur la voie du vrai développement et de la croissance car le peuple malien mérite bien de reprendre sa place parmi les grands peuples capables de se prendre en charge et de se maintenir sur la voie du développement durable et du progrès. La condition sine qua non pour s’ériger en une nation chaque jour sur le chemin du développement c’est une bonne éducation. Cela nécessite un don de soi inédit, la réhabilitation de la fonction technique au détriment de celle politicienne. Tous les segments du développent reposent sur l’enseignement, sans lui toutes les politiques sont vouées à l’échec.

Tout le peuple demande ce que veulent laisser les dirigeants et ceux qui ont le levier des décisions pour la postérité. Souhaitent-ils avoir une mention honorable sur les langues de la postérité ?

Ils peuvent choisir d’être célébrés et glorieusement portés par l’histoire ou de ne laisser que des tristes souvenirs dans les caniveaux de celle-ci.

Le Mali étant un pays exigeant le respect des aînés et d’autrui, en conséquence, je m’excuse si ma contribution heurte des sensibilités.

Je vous remercie

ABDOULAYE MAIGA

Interne en Pharmacie

TEL : (+223) 7113428

E-mail : [email protected]

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