Identifier les enjeux et les stratégies pour le développement d’un environnement lettré au Mali : tel est l’objectif d’un atelier national qui s’est ouvert mardi au Centre national des ressources de l’éducation non formelle.
La Journée internationale de l’alphabétisation est célébrée le 8 septembre de chaque année. Au Mali, au regard de toute l’importance que les autorités maliennes accordent à l’événement, un atelier se tient depuis le 5 septembre dernier au Centre national des ressources de l’éducation non formelle. Il porte sur les orientations et les stratégies de développement de l’environnement lettré au Mali. Cette formation est organisée par le ministère de l’Education nationale en collaboration avec certains de ses partenaires.
Les participants (services publics et privés, élus locaux), venus de différents horizons du pays, vont débattre pendant 4 jours de l’identification des enjeux et les stratégies pour le développement d’un environnement lettré au Mali.
L’atelier rentre dans la ligne de mire de la 2e phase du Programme décennal pour le développement de l’éducation (Prodec). Il s’inscrit également en droite ligne des actions à mener dans le cadre de l’initiative Life, qui prévoit le développement de l’environnement lettré.
Amadou Sidibé
Ils ont dit :
Emmanuel Sagara (Académie africaine des langues) :
« Cet atelier est le énième du genre. S’il faut identifier et analyser les orientations et stratégies de développement de l’orientation lettré, je pense qu’on en a suffisamment fait. La dernière remonte aux Etats généraux des langues africaines à Ségou. A Ségou, des textes ont été adoptés et traduits dans ce sens. Ces textes dorment depuis là. L’engagement politique de nos plus hautes autorités et même de certains de nos élus fait défaut pour l’application des textes. Lorsque des parlementaires, censés défendre les intérêts des citoyens, se battent pour qu’on ne parle pas nos langues nationales dans l’hémicycle, je dis que c’est grave. Et après on s’étonne qu’il n’y ait pas d’environnement lettré. Je dirai que tout ce qu’on va prendre comme recommandations a été déjà pris à Ségou ».
Idrissa Diakité (professeur à la Flash) :
« Le développement de nos langues nationales passe obligatoirement par l’adoption d’un statut approprié. Sans cela, je pense que toutes les initiatives seront butées à des difficultés d’application. Il faut une politique qui oblige les gens à utiliser les langues nationales quels que soient les discours. Surtout que l’Union africaine a déclaré 2006, Année des langues nationales. A commencer par les plus hautes autorités qui, devant les populations, prononcent pratiquement leurs discours dans la langue officielle sans que celles-ci ne saisissent leur message. C’est ce qui est arrivé quelque part au cours d’une cérémonie où l’autorité, croyant séduire la population par son discours, s’est finalement retrouvée dans un brouhaha ».
A. S.