Madiou Simpara, candidat à la présidences de la CCIM : "Mon ambition est de créer plus de valeur ajoutée pour l'économie"
Au cours d'un entretien accordé à nos confrères du site Mali Online, le candidat à sa propre succession à la présidence de la Chambre de commerce et d'industrie du Mali (CCIM), Madiou Simpara, parle du bilan de son mandat en cours. Il a saisi l'occasion pour se prononcer sur les prochaines élections à la CCIM.
Avant d'évoquer son bilan pendant les trois ans à la tête de l'institution, Madiou Simpara a rendu un vibrant hommage aux plus hautes autorités de notre pays en particulier le président de la Transition, le général d'armée Assimi Goïta, le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, ainsi que le ministre en charge de l'Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, pour lui avoir facilité l'accomplissement de cette mission exaltante.
Il a aussi rappelé que c'est après l'empêchement de l'ancien président Youssouf Bathily d'exercer ses fonctions qu'il a été sollicité pour assurer la présidence de la Chambre de commence et d'industrie du Mali. Après avoir accepté cette nouvelle charge, Madiou a consulté ses collègues de bureau pour la poursuite des activités. "C'est ainsi que nous avons pu réaliser beaucoup de choses notamment l'approvisionnement correct du pays en denrées de première nécessité pendant toute la durée des sanctions imposées par la Cédéao ; la contribution financière des opérateurs économiques dans la gestion des inondations que notre pays a connues ces dernières années ; l'approvisionnement du pays en sucre et en céréales lors des mois de ramadan ; l'organisation des rencontres avec les opérateurs économiques du Burkina Faso et du Niger en vue d'harmoniser les échanges dans l'espace confédéral AES", dira-t-il.
Sur la question de l'interdiction de l'importation de la farine et des pâtes alimentaires, il a laissé entendre que, sous son magistère, la Chambre de commerce et d'industrie du Mali a joué un rôle très important dans la gestion de ce dossier parce qu'au début la question n'était pas comprise. Il ajoutera qu'en analysant de très près pour qu'un pays se développe il faut obligatoirement des unités de transformation et adopter des politiques de protection de celles-ci contre la concurrence déloyale.
C'est ainsi que, dira-t-il, le ministre en charge du Commerce a décidé d'interdire l'importation de la farine et des pâtes alimentaires. Au début, soulignera-t-il, la Chambre a rencontré d'énormes difficultés dans la mise en œuvre de cette mesure. Et de poursuivre que finalement cette interdiction a été très bénéfique pour nos unités de transformation. Car, elles sont devenues des entreprises viables en couvrant la demande et en payant régulièrement les charges de fonctionnement, les salaires des employeurs, les cotisations sociales entre autres.
Selon lui, "à travers cette mesure, la Chambre compte encourager les opérateurs économiques à s'investir davantage dans les unités de transformation afin de créer la valeur ajoutée, diversifier notre économie et créer de l'emploi pour nos jeunes". Et d'ajouter que "cela permettra à notre pays d'intégrer le cercle restreint des pays producteurs en créant des marchés au lieu d'être un pays uniquement de consommation".
En réponse à la question relative à la transition entre le secteur du commerce et celui de l'industrie de transformation, il a affirmé que "les difficultés évoquées çà et là dans cette transition relèvent beaucoup plus de la perception des gens que de la réalité". Sinon, martèlera-t-il, "normalement toutes les unités industrielles commencent à petite échelle et se développent au fur et à mesure. Mais, ceux qui veulent commencer directement à produire à grande échelle rencontreront forcement des difficultés".
Parlant de sa candidature, il a indiqué que "c'est au cours de l'achèvement du mandat de l'ancien président qu'il est venu à la conclusion qu'il peut apporter beaucoup au monde des opérateurs économiques en étant à la tête de la Chambre de commerce et d'industrie du Mali". C'est pourquoi, a-t-il renchéri, il a décidé de briguer la présidence de la CCIM pour la prochaine mandature afin de poursuivre la dynamique déjà enclenchée, consolider les acquis et partager ses expériences avec les commerçants et les industriels maliens.
En répondant à la question de savoir comment, avec des multiples charges de chef d'entreprise, briguer la présidence de la CCIM qui est d'ailleurs très contraignante, il a été formel : "J'ai constaté que je peux être utile pour le secteur. C'est pour cela que j'ai décidé de briguer la présidence de la CCIM malgré les contraintes. Cela aussi constitue un acte de patriotisme".
En évoquant ses projets pour la prochaine mandature, il dira qu'il mettra celle-ci à profit pour inciter les commerçants à devenir des industriels pour renforcer notre système économique. "Mon ambition est de promouvoir la création des unités de transformation afin de créer de la valeur ajoutée", a-t-il dit.
Concernant la question sur la construction des marchés notamment à Koulikoro, Madiou Simpara a fait savoir que pour assurer l'écoulement des produits, les commerçants et les industriels ont forcément besoin de marchés modernes. C'est pourquoi, dira-t-il, "la construction des marchés occupe une place centrale dans son programme qui permettra également de prévenir les incendies que notre pays a connus ces dernières années. Et d'ajouter qu'au-delà de Koulikoro, la Chambre compte construire des marchés dans toutes les régions où le besoin de fait sentir".
En parlant du rôle de la Chambre, Madiou Simpara a expliqué que "la CCIM sert d'interface entre les autorités et les opérateurs économiques. A ce titre, elle transmet les orientations des autorités aux opérateurs et les difficultés de ces derniers aux autorités".
En conclusion, il est revenu sur son appel de Koulikoro en invitant les différentes équipes de campagnes au calme et à la sérénité pendant tout le déroulement du processus électoral parce que les commerçants, les industriels et les prestataires sont des entités qui ont les mêmes missions.
Boubacar Païtao