Lancement des travaux d’exploitation de la mine de fer de Simandou en présence de Kagamé et Oligui : Mamadi Doumbouya est-il devenu fréquentable aujourd’hui ?

La bonne question qu’il faudrait se poser est celle de savoir pourquoi un autre auteur d’un coup d’Etat dans un pays de la sous-région ouest africaine est-il devenu subitement fréquentable alors même qu’il est toujours en transition et d’autres de la même catégorie que lui ne le sont pas, hormis les quelques partenaires traditionnels ?

17 Nov 2025 - 09:54
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Lancement des travaux d’exploitation de la mine de fer de Simandou en présence de Kagamé et Oligui : Mamadi Doumbouya est-il devenu fréquentable aujourd’hui ?

La réponse est toute simple c’est parce que le Général Doumbouya a décidé de sortir de la période d’exception pour intégrer le concert vertueux des nations démocratiques. En effet, le 11 novembre 2025 qui consacra l’inauguration de la mine de fer de Simandou en Guinée, sera gravé en lettres d’or dans les annales de l’histoire de la Guinée. Il est à la fois le lancement des travaux de l’un des plus grands gisements de fer au monde, mais aussi et surtout le symbole du retour de la Guinée dans le giron des pays démocratiques et stables, donc fréquentable. Ainsi, la présence des Présidents Rwandais Paul Kagamé et Gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema est le signe que la Guinée est de retour dans le concert des nations et que son Président commence à être fréquentable. La décision de mettre fin à la transition par la tenue prochainement des élections en est- elle pour quelque chose ? D’autres pourront-ils s’inspirer de son exemple pour sortir de la période exceptionnelle qu’est la transition ?

Le lancement le mardi 11 novembre 2025 au port de Morébaya, à 80 km de Conakry, des travaux d’exploitation de la mine de fer de Simandou par le Général Mamadi Doumbouya revêt une double signification. Il est à la fois le début de l’exploitation de l’un des plus grands gisements de fer au monde, avec des incidences financières de beaucoup de dizaines de milliards de Dollars pour l’économie guinéenne, de création d’emplois et de réalisations d’infrastructures socioéconomiques, mais aussi et surtout marque le début de la fin de l’isolement de la Guinée sur la scène internationale. Avec la Présence, à cette cérémonie de deux figures importantes de la scène politique africaine, à savoir Paul Kagamé, le Président d’un petit pays par sa superficie, mais grand par son aura et son niveau de développement et aussi du Président Gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, symbolisant la fin d’une époque, celle du pouvoir kaki et le retour à la normalité constitutionnelle avec l’organisation d’élection Présidentielle. Le Général Mamadi Doumbouya peut s’estimer heureux pour avoir lancé enfin les travaux de l’exploitation de cette mine de fer, un vieux projet datant des décennies ; heureux également car en plus de la légitimité nationale dont il jouissait déjà, il vient d’avoir celle très précieuse de l’international, ce qui lui permettrait d’organiser en toute tranquillité l’élection présidentielle, même si certains grands ténors de la scène politique guinéenne ont été exclus, comme l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo et l’ancien Président de la République  Alpha Condé.

La décision de mettre fin à la transition par la tenue prochainement des élections en est- elle pour quelque chose ?

La réponse est positive, car au 21ième siècle il est encore inadmissible qu’un pays soit géré autrement que par la démocratie qui est le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. En s’emparant du pouvoir par la force on se met en marge du monde civilisé et on devient un parias indésirable dans les grands foras et dans les concerts des nations démocratiques. Donc Mamadi Doumbouya en décidant de sortir de ce cercle vicieux en fixant la date de l’élection Présidentielle,  aura franchi un pas important allant dans le sens de la normalisation de ses relations avec le reste du monde avide de stabilité et de paix. Il imite en cela Mahamat Idriss Deby du Tchad,  et son hôte du jour Brice Clotaire Oligui Nguema du Gabon, tous arrivés au pouvoir par effraction, mais qui ont décidé de se soumettre au suffrage populaire. Ces deux Putschistes qui se sont vêtus du manteau des démocrates seront rejoints par le Général Mamadi Doumbouya qui a à son tour fixé la date des élections en Guinée dont il est le grandissime favori. Pour le moment sa fréquentation est limitée à ceux qui croient en sa bonne foi et qui ont de l’estime pour lui. Après la tenue des élections et la proclamation des résultats sans coup férir il intègrera le grand cercle du monde moderne et tissera des relations avec tous les pays du monde. Comme pour dire qu’il n y a pas d’alternative à la démocratie car c’est le seul mode de gouvernance qui met le peuple au cœur de la gestion de la RES PUBLIKA.

D’autres pourront-ils s’inspirer de son exemple pour sortir de la période exceptionnelle qu’est la transition ?

Le cercle non vertueux des transitions en Afrique se rétrécit drastiquement après la sortie du Gabon, du Tchad et bientôt de la Guinée, il ne restera plus que trois pays, à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Les autorités militaires au pouvoir dans ces trois pays sont fortement interpellées pour qu’elles s’inspirent du bel exemple de ces trois autres pays qui ont fait le choix de quitter le cercle vicieux et inopportun de la transition. Elles doivent envisager un plan de sortie de la transition concocté et murement réfléchi de concert avec toutes les forces vives de leurs pays respectifs. Le salut de leurs peuples respectifs passera par une sortie de la transition et un retour à l’ordre constitutionnel normal. En effet,  la solution aux différentes crises qui secouent les trois pays en transition politique passera par le retour à l’ordre constitutionnel. Ce qui leur permettra d’élargir leurs cercles de soutien et de solidarité face au péril sécuritaire. Le retour à l’ordre constitutionnel normal permettra également de bénéficier de beaucoup de projets sans lesquels point de développement et ce serait bonjour à une ruée des jeunes vers les terroristes qui leur miroiteraient à coup sûr un bien-être et un emploi que leurs Etats n’ont pas pu leur offrir à cause de la crise et d’autres facteurs comme l’isolement et le mauvais environnement des affaires.

En somme, Ce coup de maître du Général Mamadi Doumbouya qui  lui a permis de réunir à ses côtés deux figures majeures de la politique africaine, doit faire des émules dans la sous-région. Qu’on ne s’y trompe pas nul ne pourra se sauver tout seul et aucun pays n’est à l’abri d’une crise majeure comme celle que les trois pays sahéliens connaissent de nos jours. Donc il est un impératif absolu de s’unir pour former un bloc de solidarité et d’entraide. Renforcez la CEDEAO et bannissez toute forme de coup d’Etat dans la sous-région pour commencer à bâtir un destin commun ensemble

Youssouf Sissoko