Crise aggravée du carburant : A quand le bout du tunnel ?

La pénurie de carburant, qui secoue le Mali depuis plusieurs semaines, pousse certaines populations à pousser des cris de détresse.

27 Octobre 2025 - 09:05
27 Octobre 2025 - 08:48
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Crise aggravée du carburant : A quand le bout du tunnel ?

Si gouverner c’est prévoir, la gouvernance d’un pays implique le déploiement de toutes les énergies pour apporter des solutions aux besoins fondamentaux des gouvernés.

Il est, en effet, révoltant que le pays soit aussi sèchement sevré d’approvisionnements en hydrocarbures, du fait de la crise sécuritaire. Ce qui oblige les populations à une vie ralentie à travers l’arrêt de leurs activités. C’est à croire que le pays est à l’arrêt, surtout le week-end passé, où de nombreuses stations-services ont jeté la clé sous le paillasson. Car, même si le pays est en guerre (asymétrique) contre les terroristes et leurs sponsors étrangers, il est impérieux que le peuple perçoive un minimum de provisions pour exister. Car, le semblant de normalité qui prévaut impose la capacité de l’Etat à assurer la mise à disposition de ressources minimales de survie.

Ce manque de carburant a entraîné des dommages inestimables dans la mesure où le pays connaissait depuis plusieurs années déjà une crise énergétique sans précédent. Comment faire fonctionner les groupes électrogènes de certains services stratégiques comme ceux des hôpitaux ? Quid des services d’urgences de ces structures de santé ? Qu’en est-il de ces millions de personnes qui vivent au jour le jour à travers leurs déplacements à motos ou en voitures ?

C’est donc des millions de Maliens qui souffrent cruellement de ce manque criard de carburant pour faire leurs activités de subsistance. C’est aussi à l’Etat, donc aux autorités de tout mettre en œuvre, pour assurer la disponibilité du précieux liquide.

Cette grave pénurie incite des voix à s’élever, alors même que le peuple est décidé à faire preuve de résilience. Mais, celle-ci, comme la patience a des limites. Puisque cette pénurie risque de provoquer une hausse généralisée des prix des denrées de première nécessité. Et cela a déjà commencé, dans la mesure où certains prix de produits alimentaires flambent déjà dans les marchés, les coûts des transports étant en forte hausse. Si rien n’est fait dans les meilleurs délais, la situation pourraient susciter un marasme socio-économique intenable… C’est pourquoi, malgré la volonté de résilience et de solidarité vis-à-vis des dirigeants, les observateurs s’inquiètent de cette crise majeure. Et ils interpellent les plus hauts dirigeants d’explorer les voies et moyens susceptibles d’apaiser la tension perceptible. Jusqu’où peut-on tenir avec cette situation de paralysie générale du pays. Car, depuis plusieurs jours, les services publics, les entreprises privées, bref tous les secteurs d’activités sont presque totalement paralysés. Il urge d’en appeler au génie malien pour se sortir de cet engrenage. Le plus tôt sera le mieux ! ET tous les compromis possibles doivent être envisagés, même ceux qui s’assimilent à des pilules trop amères à avaler.

 

Boubou SIDIBE/maliweb.net