Industrialisation : SIKASSO Multiplie les Initiatives

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Après avoir fait leurs preuves dans le transport, les opérateurs économiques de la troisième région se lancent dans le développement du secteur manufacturier.

La crise politique en Côte d’Ivoire et les difficultés actuelles de la filière cotonnière dans notre pays, consécutive à la baisse du prix du coton sur le marché mondial ont perturbé l’activité économique à Sikasso. Ces difficultés n’ont cependant pas ébranlé le tissu économique de la 3ème région. Celui-ci s’est, au contraire, réorganisé autour d’un nouveau pôle de développement : l’émergence de nouvelles unités industrielles dans la capitale du Kénédougou. Loin d”asphyxier l’économie sikassoise, cette série de crises a plutôt stimulé le génie créateur des acteurs économiques de la 3ème Région. Le parc industriel s’est renforcé avec de nouvelles unités de manufacture. Il s’agit de l’usine de traitement de semences, de l’huilerie Abou Ouro, de l’usine de produits pharmaceutiques et phytosanitaire et une usine de montage de tracteur en chantier. Celles-ci viennent ainsi s’ajouter aux unités d’égrenage de la Compagnie malienne de développement des textile (CMDT).

La société sémencière du Mali (SOSEMA) est une unité de delintage des semences, c’est à dire, qu’elle débarrasse les fibres qui restent sur la graine de coton après l’égrenage. Cette opération est ensuite complétée par une sélection des graines les plus saines qui sont subséquemment traitées aux fongicides et insecticides puis ensachées par doses unitaires de 16 kg à l’hectare. Elle sélectionne traite et ensache également les graines de maïs, de haricot, de mil et de riz.

AMELIORER LA PRODUCTIVITE :

Le delintage est un procédé industriel de traitement. Il est très peu connu chez nous. Son objectif est d’augmenter le pouvoir de germination des semences traitées, de diminuer la quantité de semences nécessaires pour emblaver un hectare. Ainsi, pour le coton, les quantités nécessaires par hectare passent de 40 kg à 12 kg, ce qui permet à la CMDT de réaliser une économie substantielle. Le delintage permet également d’améliorer la productivité des champs qui passe de 3 à 5 %, du fait de l’homogénéité des plantes durant leur croissance. Ce qui donnera un coup d’accélérateur à la compétitivité de notre agriculture qui passe d”une agriculture familiale, à une agriculture de rente.

La Sosema est le fruit d’un partenariat entre public-privé et la CMDT. Ce partenariat s”est scellé à travers un contrat tripartite CMDT, l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali, agissant au compte du groupement des syndicats des producteurs cotonniers et vivriers du Mali (GSCVM) et un entrepreneur privé, Ousmane Sidibé. Pour un coût de réalisation s’élevant à 850 millions de Fcfa, la Sosema emploie 106 travailleurs pour une capacité nominale de traitement horaire de 3 tonnes de semences. Elle traite le coton et les céréales (maïs, riz, le haricot et le mil).

L”huilerie Abou Ouro Traoré a mis au point le biocarburant à base de l”huile de coton. "La graine de coton devient plus intéressante que la fibre elle-même" se réjouissait, le président de la Chambre d”agriculture, Bakary Togola. Tout comme l”huile de pourghère, le carburant à base du coton fait tourner les moteurs diesel. La démonstration a été faite devant le chef de l”État, lors d”une récente tournée à Sikasso. Amadou Toumani Touré s”est félicité de cette prouesse technologique.

Avec l”exploitation industrielle de l”éthanol, un autre type de biocarburant à base de la canne, le Brésil régule, non seulement, le marché mondial du sucre, mais également celui du pétrole. Avec le développement de cette filière, le Mali ne pourra t-il pas mieux tirer profit de sa production cotonnière ?
L”huilerie Abou Ouro a été créée en décembre 2005. Le coût d”investissement s”élève à 2,5 milliards de Fcfa, réalisé sur fonds propre. Les Établissements Abou Ouro Yacouba Traoré emploient à ce jour 550 personnes, permanents et saisonniers confondus. La majorité des employés est constituée à 80 % de jeunes.

COMMERCIALISER LE BIOCARBURANT :

L”usine a eu une capacité de production journalière de 80 fûts de 200 litres d”huile alimentaire, 200 tonnes d”aliment de bétail et 20 000 morceaux de savon de linge. Bientôt la chaîne de production s”étendra sur une nouvelle unité industrielle en chantier. Pour un coût de réalisation de 3 milliards Fcfa. Cette nouvelle unité, où il est prévu d”employer des centaines de personnes, s”attachera à produire et à commercialiser le biocarburant, qui a déjà prouvé sa valeur marchande, et des engrais. Pour atteindre ces objectifs, Abou Ouro ambitionne de promouvoir, en plus du coton, la culture du Colza, du tournesol et du pourghère dans les zones CMDT. Les travaux techniques de ce projet ont déjà débuté. En outre, il envisage d”étendre ses tentacules dans la zone Office du Niger, notamment à Macina, où il se propose d”aménager 5 000 ha de plaine, une rizerie, une usine de production de farine de blé et une unité de transformation de tomate. Abou Ouro lorgne aussi la société d”exploitation du phosphate de Tilemsi.

5 MILLIARDS DE FCFA :

L”usine de fabrication et de conditionnement de produits vétérinaires et phytosanitaires de Kaboïla, PKM international, est une première dans la sous-région. Il englobe 5 unités de production : l”unité de fabrication et de conditionnement des produits vétérinaires ; l”unité de fabrication de bidons ; l”unité de conditionnement de produits phytosanitaires ; l”unité de production de poussins et l”unité de production d”aliments de volailles. Le PKM international assurera la couverture en produits vétérinaires et phytosanitaires des pays de la Communauté économique de développement en Afrique de l”ouest (CEDEAO) et même une partie de l”Afrique centrale à travers une quarantaine de dépôts. Le coût de réalisation de cette usine à dimension continentale s”élève à plus de 5 milliards de Fcfa, réalisé sur fonds propre.

Une autre usine de montage de tracteurs est en chantier à Sikasso. Avec la réalisation de toutes ces infrastructures industrielles, la troisième région soignera très rapidement ses blessures. Rappelons, qu”avant cette série de crises, Sikasso s”était illustrée dans le développement du secteur du transport, à cause de sa position géographique. Il constitue une région carrefour, entre notre pays et la Côte d”Ivoire, la Guinée et le Burkina Faso.

A O. DIALLO



Matières-premières : Les prix battent de l”aile

L”or et le pétrole enrhumés par l”incertitude rempant qui gagne les marchés

OR : L”once a grimpé jusqu”à 688,64 dollars mardi, au plus haut depuis le 19 mai 2006, mais est retombé ensuite au plus bas depuis trois semaines.
Le métal jaune a perdu 5,7 % de sa valeur en trois jours, "déprimé par le sentiment négatif du marché et l”appréciation du dollar, après un indice ISM industriel américain plus fort que prévu", ont expliqué les analystes de Barclays Capital.

L”or semble avoir perdu son statut de valeur-refuge, les investisseurs le considérant "comme une autre valeur à risque", a estimé Jon Nadler, analyste du courtier Kitco. Il fait ainsi l”objet de liquidations, alors que les Bourses mondiales restent sous pression.

Le métal jaune a pâti aussi du rebond du yen et du coup de frein mis par les cambistes au "carry trade", pratique consistant à jouer sur les rendements des actifs financiers et qui profitait jusqu”alors aux devises fortes et à l”or.

"Les marchés financiers devraient se calmer lors des prochaines sessions, et cela laisse envisager une prochaine hausse de l”or", a indiqué John Reade, analyste de UBS.

Du côté de l”offre, la deuxième mine d”or mondiale, celle de Yanacocha au Pérou, a annoncé une production en baisse de 21,6 % en 2006 à 2,612 millions d”onces, en tablant sur 1,6 million d”onces pour 2007, selon Barclays Capital.
Sur le London Bullion Market, l”once d”or valait 651,90 dollars vendredi au fixing du soir, contre 683 dollars vendredi dernier.

Pétrole : Les cours du pétrole ont terminé en légère baisse vendredi, la nervosité ayant gagné le marché après la forte instabilité qu”ont connue les places financières mondiales cette semaine, mais ils restaient soutenus par une demande américaine très vigoureuse.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en avril a perdu 36 cents, clôturant à 61,64 dollars.
Les cours ont gagné 0,8 % à New York depuis vendredi dernier. Pour la première fois de l”année, ils ne sont pas repassés une seule fois sous la barre des 60 dollars.

Ils ont notamment été soutenus par une demande américaine qui reste très vigoureuse en dépit du ralentissement de l”économie américaine.
Selon les derniers chiffres du département américain de l”Energie (DoE), sur les quatre semaines achevées le 23 février, les Américains ont en effet consommé 21,8 millions de barils de produits pétroliers par jour en moyenne, soit un bond de 7,5% sur un an et un record pour le mois.
Face à cette demande en hausse, l”offre semble à l”inverse se contracter, ce qui contribue à soutenir les cours.

Le rapport du DoE a ainsi fait état, mercredi, d”une baisse plus importante que prévu des stocks américains de produits distillés et d”essence.
Aux dires des analystes, le rebond des cours a néanmoins été ralenti cette semaine par la débâcle qui a frappé toutes les places financières mondiales, dans le sillage de la Bourse de Saïga.

"Le marché espère un retour à la stabilité sur les marchés asiatiques", a estimé Phil Flynn, d’Aaron Trading.
"Les courtiers craignent en effet de revivre la débâcle qui avait suivi la crise financière asiatique de 1997, une crise dévastatrice pour les cours du pétrole, les actions des compagnies pétrolières et les économies des pays producteurs de pétrole", a poursuivi l”analyste.

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