La filière bois connaît actuellement une crise sans précédent. Depuis plus d’une semaine, Bamako est mal servi en bois de chauffe et en charbon de bois. Cette crise est consécutive aux contrôles incessants que les agents du Service de la Conservation de la Nature (SCN) ont effectués il y a de cela quelques jours. Pour qui connaît les habitudes des femmes maliennes, il ne sera plus automatiquement facile de substituer le gaz au charbon de bois.
Depuis quelques temps, les contrôles au niveau des postes forestiers de Niamana, Kassela et Maraka Counko sont devenus sans complaisance. C’est pourquoi beaucoup de personnes qui évoluaient dans cette filière ont momentanément arrêté cette activité. Et si par hasard, un commerçant ou une commerçante de la filière de bois est appréhendé par les agents du Service de la Conservation de la Nature, pour chaque chargement, il ou elle paie une contravention d’environ 100.000 FCFA. Or dans un passé récent, avec une somme de 10.000 FCA, le chargement de bois était acheminé à Bamako.
Actuellement, en plus de la contravention qui est exorbitante, le/la commerçant (e) doit faire face aux frais de transport et de déchargement.
Deux alternatives s’offrent alors à ces commerçant(es) : renoncer momentanément à leur activité, ou prendre le risque, un risque considérable, de payer la contravention.
Pour éviter d’être soumis aux tracasseries du Service de la Conservation de la Nature, beaucoup d’exploitants de bois ont décidé pour le moment de cesser leur activité. Ce renoncement se sent actuellement au niveau des prix. La quantité qui était vendue à 50 F est rendue actuellement à 100 F. Et pour qui connaît la période de vaches maigres qui sévit actuellement, il n’est pas facile pour beaucoup de faire face à cette surévaluation.
Cette crise ne serait-elle pas provoquée pour décourager la population par rapport à l’utilisation du bois afin de l’orienter vers l’utilisation progressive du gaz? En tout cas, il n’est un secret pour personne que depuis un certain temps, des campagnes de sensibilisation en faveur de l’utilisation du gaz passent sur les ondes de l’ORTM. Ces agents ne seront-ils pas de mèche avec les sociétés productrices de gaz ?
Si cette hypothèse se confirmerait, les Bamakois doivent se tourner vers un autre type de bois fait à base de gousse de bœuf. Signalons que ce charbon dégage assez d’énergie et pollue moins. Donc économiquement et écologiquement rentable.
Almamy SYLLA (Stagiaire)