Du Rififi dans l’orpaillage : Les vérités de base bonnes à savoir

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Ces dernières semaines ont vu des troubles dans certaines zones d’orpaillage de chez nous. Il faut cependant dépasser le sensationnel pour regarder les choses en face : pour l’intérêt général et la recherche de la vérité.

‘’Si ce qui se dit est vrai, alors les forces de l’ordre et les autorités ont déconné‘’. C’est le raisonnement et la conclusion d’un citadin qui est sensé être au fait de l’actualité. En fait il ne sait pas grand-chose. Ila entendu des choses et il crie avec d’autres qui n’en savent pas plus. Le seul argument des uns et des autres c’est : ‘’Ne bolo’’ (pour moi). Les faits ? Les lieux ? Ils n’en savent rien. Ils ne connaissent pas l’Agg (n’ont jamais entendu parler) et ils n’ont que de vagues idées selon lesquelles les forces de l’ordre sont allées brutaliser (en faisant plusieurs dizaines de morts) et chasser les pauvres innocents qui cherchaient de quoi nourrir leurs familles. Et ce, sans aucun avertissement ni préavis. Il faut ajouter que cela plait beaucoup de croire que les salauds d’autorités ne savent que persécuter les pauvres.

Les citoyens devraient pourtant prendre l’habitude de dépasser l’évènementiel et le tape-à-l’œil primaire pour apprécier les choses à la base. Considérer les véritables données des problèmes et rechercher où se trouve l’intérêt du Mali : Etat, nation et majorité des citoyens.

Aller acheter son or à  Dubaï

La vérité est que l’or a toujours existé au Mali. Mais notre or n’a toujours brillé que pour les autres, que pour l’extérieur. En la matière, notre malédiction a commencé avec Kankou Moussa qui a appauvri le pays pendant un siècle en ramassant tout l’or disponible pour aller enrichir d’autres à l’autre bout du monde. Et nous en avons fait un héros national pour ça. Après lui tous les regards et les roitelets ont continué à faire don de tout l’or disponible au premier visiteur de passage. Notre or a toujours brillé pour les autres ; des lointains… qui ne nous ont jamais rien apporté de bon (à part l’esclavage et la colonisation).

Aujourd’hui encore, les Maliens sont obligés d’aller acheter (à prix d’or) de l’or à Dubaï. Nous produisons environ 50 tonnes d’or par an (sans les produits de l’orpaillage qui sortent du pays en douce) et nos femmes nous poussent à l’étranger pour acheter de l’or. Aberrant non ?

C’est ainsi que les Maliens ont pu entendre les nouveaux locataires du Ministère en charge des mines développer, sur les ondes de l’Ortm, un raisonnement qui trahissait son recouvrement et sa résolution à changer les choses. ‘’Les Maliens aiment l’or et l’achètent très cher à l’extérieur’’, a dit Dr. Amadou Baba Sy avant d’ajouter que l’Etat malien ne dispose de la moindre pépite d’or’’. Le ministre Sy a d’ores et déjà saisi les sociétés d’exploitation minière, officiellement et par écrit, pour leur signifier que désormais, une partie de l’or du Mali doit rester…au Mali. Ce lot à rester chez nous prendra deux directions : la satisfaction des besoins socio-économiques des populations et la condition progressive d’un stock pour l’Etat qui sera une garantie solide à l’avenir. Pourquoi personne n’y avait pensé, sommes nous tenter de nous questionner.

Ceci dit, les sociétés minières sont hôtes que nous sommes obligés de recevoir. La vérité simple est nue et que l’Etat du Mali ne peut pas exploiter l’or du Mali (industriellement). Quelles que soient les logiques considérées, un hôte a droit à la sécurité dans une zone bien déterminée qui sera sacrée selon les règles sociétales, économiques, financières et de confiances. Lorsqu’une société d’or vient au Mali, il négocie avec l’Etat du Mali et l’octroie d’un périmètre dans lequel il investit- moyennant finance- pour la recherche, l’exploitation, la résidence, etc. Les sociétés d’exploitation minière. C’est une autre vérité-tolérant les orpailleurs normaux sur les sites qui leur sont accordés. Mais ils ne peuvent pas accepter des orpailleurs qui viennent avec leurs engins lourds exploiter leurs terrains. Qui l’aurait accepté ?

Le voleur qui crie à l’injustice

La vérité est que le Mali est aux quatre vents et les étrangers viennent de partout pour exploiter l’or du Mali artisanalement et ramènent les produits chez eux sans que rien ne profite au Mali. Et ce sont eux qui viennent avec des procédés inconnus dans l’orpaillage malien : le cyanure, le mercure, la mécanisation de l’orpaillage qui constitue une concurrence déloyale vis-à-vis des sociétés australienne, sud africaine et canadienne…

Les dernières troubles qui ont eu lieu à Kobana ont concerné un site accordé par l’Etat malien à une société canadienne. L’Agg (African Gold Group : le groupe africain pour l’or) en bonne et dure fourrure. C’est depuis le coup d’Etat du 22 mars que les orpailleurs ont déferlé sur les sites dans l’anarchie. La vérité est que l’Agg se plaint de la présence de hordes illégales mécanisées sur son site. La vérité est que les occupants illégaux ont été sollicités à débarrasser le plancher : en vain.

Tous les Maliens connaissent le Malien : on lui demande gentiment de quitter une zone illégalement occupée et il fait la sourde oreille. Et si on veut l’obliger il crie à l’injustice. C’est une vérité que chacun de nous connait.

Alors la vérité est qu’il faudra savoir : ou nous sécurisons les sociétés minières étrangères et elles viendront, ou alors l’Etat du Mali se montre laxiste et elles s’en vont. La vérité est que c’est l’Etat qui accorde les parcelles aux sociétés étrangères et que ce sont les collectivités territoriales qui (moyennant dessous de table sans consulter les cadastres) qui donnent les permis aux orpailleurs. Les seconds, en fermant les yeux accordent des titres sur des parcelles des sociétés. C’est une insécurité pour ces dernières que le nouveau ministre des mines veut régler. Mais le sommet de l’Etat doit suivre.

A.Tall  

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