Crise des hydrocarbures : La pression retombe
Plus de 69 millions de litres de produits pétroliers réceptionnés en une semaine. Le dispositif se renforce pour éviter de nouvelles ruptures et mieux desservir l’intérieur du pays
Les longues files d’attente devant les stations-service pourraient-elles bientôt devenir un mauvais souvenir ? Les signaux sont en tout cas encourageants. L’approvisionnement national en produits pétroliers connaît une nette amélioration, après plusieurs mois marqués par des difficultés logistiques. Entre le 20 et le 26 juillet 2026, plus de 69 millions de litres de produits pétroliers ont été réceptionnés, grâce à l’arrivée de plusieurs convois de camions-citernes. Le constat a été fait hier à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), lors de la 29è session hebdomadaire du cadre de concertation État-secteur pétrolier, présidée par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo.
Cette amélioration est le fruit des mesures prises pour sécuriser et fluidifier l’approvisionnement. La concertation entre l’État et les opérateurs se poursuit, afin d’anticiper les besoins des prochains jours et semaines. À la sortie de la rencontre, Moussa Alassane Diallo s’est réjoui de la situation. «Nous constatons avec beaucoup de satisfaction la nette amélioration en cours», a-t-il déclaré. Mais le ministre entend aller plus loin. Des dispositions urgentes sont notamment prévues pour Koutiala et Bandiagara, afin de renforcer l’approvisionnement dans ces localités. Autre chantier : la constitution d’un stock national de régulation. Les réflexions sont menées avec le GMPP et le GPP, ainsi qu’avec les sociétés chargées de la gestion des stocks, notamment l’Omap, Star Oil et Sanké. Les récents échanges avec les partenaires ivoiriens constituent également un motif de satisfaction. Le ministre a salué leur contribution, mais aussi le rôle déterminant des Forces de défense et de sécurité dans l’escorte des convois. «Toutes ces mesures sont de nature à stabiliser notre système d’approvisionnement», a expliqué le ministre, citant également les travaux d’entretien engagés sur des axes stratégiques comme Bamako-Kadjana, Bamako-Kéniéba et Bamako-Kati.
Même optimisme du côté du Groupement des maliens professionnels de pétrole. Son secrétaire permanent estime que «99 % de nos problèmes ont été résolus». Les opérateurs veulent désormais dépasser Bamako et assurer une desserte régulière de l’intérieur du pays.
Pour soutenir cette ambition, les partenaires ivoiriens ont inauguré à Yamoussoukro un bac de 20 millions de litres de gasoil exclusivement destiné au Mali. L’objectif est de porter la capacité d’acheminement à 1.675 camions-citernes par semaine, contre environ 1.000 actuellement. «Nous ferons tout pour qu’il n’y ait plus de rupture, pour qu’il n’y ait plus de rangs dans les stations», promet le secrétaire permanent du GMPP.
L’amélioration est donc réelle. Reste désormais à la consolider pour que le retour à la normale ne soit pas seulement une accalmie, mais une situation durable.
Fatoumata KAMISSOKO