Edito : L’orpaillage par dragage, pire que le terrorisme !

En fin novembre, précisément 26 novembre 2025, les autorités maliennes ont lancé une vaste opération contre les dragues utilisées pour l’orpaillage sur le fleuve Niger.

04 Déc 2025 - 09:08
Mis à jour: 11 mois
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Edito : L’orpaillage par dragage, pire que le terrorisme !

Dans la région de Koulikoro,  vingt-trois (23) engins ont été détruits, après que des  études menées par le ministère de l’environnement aient révélées  une dégradation considérable des cours d’eau sur le fleuve Niger. Il se  trouvait que l’armée malienne avait déjà  mené, du 21 au 23 juillet 2025, une opération contre l’orpaillage par dragage. Dénommée « Djoliba Saniya » (Propreté du fleuve en Bamanankan), cette première  opération a concerné cinq localités de la région de Koulikoro dans le Mandé : Bancoumana, Hamdallaye, Kangaba, Balanza et Danga.  Toutes les deux opérations de destruction des dragues ont été médiatisées.

Cependant  la pratique  continue, alors que  l’utilisation des  dragues est formellement interdite par la législation malienne. Le Code minier adopté en 2023 prohibe l’exploitation par dragage dans le lit des cours d’eau, une interdiction déjà posée par l’ordonnance n°2019-022/P-RM. Des  arrêtés régionaux, notamment à Koulikoro et Ségou, rappellent cette restriction et autorisent la saisie immédiate  des engins concernés. En dépit ce cadre réglementaire, des dragues continuent  pourtant d’opérer  en masse dans certaines zones, parfois de nuit pour éviter les contrôles. L’orpaillage  par la drague  est un business informel  lucratif qui  implique divers acteurs. Ce sont : les Somono (qui ne pêchent plus), les forgerons (qui fabriquent la coque des dragues), les propriétaires fonciers, les pouvoirs communaux, les agents des services techniques, les orpailleurs immigrés. Tous y voient dans cette pratique malsaine,  une façon  rapide de gagner de la richesse.

En raison de l’hypothétique manne financière dont  ces acteurs espèrent obtenir, la pratique  de l’orpaillage par dragage ne faiblit pas dans cette région. Au contraire, elle se densifie. Pourtant,  nul n’ignore  qu’à  cause de l’usage  abusif du mercure par  les orpailleurs par dragage, l’eau du fleuve Niger n’est plus potable. Pendant  que  les  ressources halieutiques (notamment les poissons et les algues) se raréfient. Mais le drame ultime est que les populations riveraines,  utilisant l quotidiennement  l’eau du fleuve, n’accédant plus aux ressources halieutiques,   sont longuement confrontées à des maladies cancérigènes qui les tuent de façon insidieuse. Sans oublier que les produits agricoles  et d’élevage  des zones riveraines,   sont  grandement contaminés. Ces conséquences avérées  sur l’hygiène de vie des populations ne sont-elles pas suffisantes pour que chacun comprenne  que nous sommes face à un véritable drame collectif  orchestré par les orpailleurs  par dragage? Devons-nous alors rester impassibles en se résignant  pendant que des générations entières (actuelles et futures)  soient sacrifiées,  à cause des  actions  perfides de quelques individus  cupides?

Des  études scientifiques et enquêtes  récentes de terrain  ont décrit  l’impact du dragage sur le fleuve Niger.  Ces études alertent  en expliquant  que les engins  utilisés remuent les sédiments.  Ce qui augmente la turbidité de l’eau et perturbe les habitats aquatiques. Des observations menées près de Bamako et à Koulikoro indiquent une érosion accrue des berges et une modification du lit du fleuve. Une étude réalisée à Koursalé  rapporte que 100 % des habitants interrogés estiment que la qualité de l’eau s’est dégradée à cause des dragues. Des recherches publiées sur les affluents du Niger signalent également une baisse des poissons dans les zones concernées.

A l’issue de la connaissance de toutes études  pourquoi  les autorités maliennes  ne prennent pas  des décisions drastiques afin  d’arrêter ce drame  collectif  de l’orpaillage par dragage,  pire que le terrorisme international ? Le Gouvernement ne doit-il pas soumettre  dans l’urgence au CNT un projet de loi pour assimiler la pratique de l’orpaillage par dragage aux crimes de terrorisme ? De toute façon,  vu l’ampleur  du  phénomène, nous sommes indubitablement face à  une véritable course contre la montre pour  sauver les vies de nos populations !

 

Gaoussou Madani Traoré

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Commentaires (3)

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lemanyan
lemanyan 11 mois
Vous savez ce qu est le terrorisme . Ce pays est devenu un pays de slogan . Tous des grande gueules de rien du tout
His Excellency Dicko Mali's Messiah
His Excellency Dicko Mali's Messiah 11 mois
Lancée ce vendredi 5 décembre, la Coalition des forces pour la République (CFR), dont la direction est assurée par l’imam Mahmoud Dicko, l’ancien président du Haut Conseil islamique du Mali, appelle le peuple malien à la résistance et à la désobéissance. «Le Mali traverse aujourd’hui l’une des crises les plus graves de son histoire contemporaine. Notre Etat est affaibli, notre peuple est meurtri, nos institutions sont dévoyées, et notre souveraineté est bafouée par une alliance toxique de prédation économique, de militarisation kleptocratique et d’instrumentalisation de la peur», ont écrit les membres de la CFR, dans un communiqué rendu public ce vendredi. Les rédacteurs ont estimé que «face à l’effondrement sécuritaire, à la faillite de l’autorité publique, aux massacres de civils et de militaires, à la censure systémique, aux arrestations arbitraires et au verrouillage total de la vie politique», la résistance «n’est plus une option morale : elle est un devoir national». Décrit comme un mouvement de résistance républicaine, non violent et inclusif, ce mouvement créé par les forces vives du Mali se donne pour mission de rendre possible le retour à «l’ordre constitutionnel, protéger les populations, rétablir les libertés et préparer un dialogue national inclusif avec l’ensemble des acteurs maliens, y compris les groupes armés nationaux, conformément aux conclusions de toutes les Assises et Conférences de paix depuis 2017». Les rédacteurs du communiqué font savoir qu’ils résistent parce que le Mali «est en train de disparaître sous nos yeux. Parce que l’Etat tue ses propres soldats par incompétence, abandon ou mensonge. Parce que des centaines de civils sont massacrés dans le silence imposé par la terreur». La CFR accuse la junte au pouvoir à Bamako d’avoir «transformé la souveraineté en slogan et livré [notre] sécurité à des mercenaires», appelant les soldats et hommes de rang «à la désobéissance éthique lorsqu’on [vous] ordonne de mourir dans des opérations incohérentes, sans moyens ni stratégie, pour des ambitions personnelles», et à mettre fin aux massacres de civils et de militaires en ouvrant un dialogue national avec les acteurs armés maliens. Elle a également appelé les magistrats «à la résistance judiciaire», les travailleurs «à la désobéissance civile organisée, pacifique, méthodique» et la diaspora «à se mobiliser diplomatiquement, financièrement et logistiquement». «Le Mali ne sera sauvé ni par les armes étrangères, ni par les mensonges d’Etat, ni par la peur. Il sera sauvé par son peuple. Nous appelons chaque Malienne et chaque Malien à rejoindre la Coalition des forces pour la République, à refuser la fatalité», ont conclu les rédacteurs du communiqué.
lemanyan
lemanyan 11 mois
Bien dit . Un pays ne se construit avec des slogans et des tappages sur la poitrine . Il faut poser des actes .Au Mali la justice a ete mise au service de la terreur . Quiquonque ose dire la moindre des choses contre cette junte est mis en prison . Aucune feuille de route - un avion volant sans tour de control - on montre ses muscles a tout egard . La diplomatie de la grande gueule et du Delija .
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