Édito : Si IBK avait écouté Idriss Deby et l’opposition malienne !

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Le président  Ibrahim Boubacar Keïta
Le président malien Keïta accueille son homologue tchadien Idriss Déby (g) à l'aéroport de Bamako, le 18 septembre 2013. AFP (photo archives)

A l’investiture officielle du Président IBK en Septembre 2013 au Stade du 26 Mars, le Président Idriss Deby dans son allocution avait en fonction de son expérience dans la gestion post-crise au Tchad, averti IBK, de se considérer comme le président d’un Etat en crise et par conséquent qu’il doit associer son challenger Soumaïla Cissé à la gestion du pays pour qu’ensemble, l’union des cœurs et des volontés tire le Mali vers le haut. En effet, s’il avait bien compris ce message de Deby, il devrait commencer par mettre l’opposition dans les gouvernements successifs. Egalement, par rapport à la gestion de la crise surtout après la débâcle des FAMA, le 21 Mai 2014, lors des négociations à Alger, il devrait prendre l’avis de la majorité des maliens sur la conduite à tenir, à travers des concertations nationales. Contrairement à ce que IBK croyait, ces concertations n’avaient pas pour but de lui enlever l’initiative de la conduite des dites négociations, mais permettre à la nation d’annoncer dès le départ, ce que le peuple peut accepter, et ce qu’il refuse afin d’avoir un accord applicable, et d’éviter une mainmise totale de la France sur le Mali.

Mais sa riche carrière politique de conseiller diplomatique du Président Alpha Oumar Konaré, puis Ambassadeur, ensuite Ministre des affaires étrangères, Premier Ministre, Chef de partis politiques, Président de l’Assemblée Nationale, Président de la République, n’a rien apporté d’appréciable à la résolution des problèmes maliens.Au contraire, le bateau Mali continue  de couler. Les nombreuses crises sociales, la mauvaise gestion  des deniers publics, le manque de programmes fiables, pour tirer le Mali de la pauvreté, le griotisme politique comme critère de promotion dans l’administration, ont fini par décevoir le peuple. Ce peuple meurtri du Mali, a désormais opté  pour ce principe fondé sur le  coup pour  coup, contre les  dérives du régime. Des exemples existent à cet effet, la révision constitutionnelle de 2017, les nombreuses surfacturations dans les marchés publics, la mauvaise organisation et la triche dans l’élection présidentielle de 2018, l’histoire récente de l’enseignement de l’homosexualité dans les Collèges à Ségou, les nombreux gouvernements successifs au moins au nombre de huit en six ans de pouvoir, la gestion catastrophique du conflit au centre du Mali.

Si la classe politique a failli, les religieux n’entendent plus rester les bras croisés pour assister au dépérissement du pays. Ils trouvent que la situation va de mal en pis, et qu’il faille ne plus rester sourd et muet face à la situation. Voilà donc le parcours piégé de la démocratie malienne d’Alpha Oumar Konaré à IBK. Qui l’aurait cru le 8 juin 1992 ? Que Dieu, l’Imam Dicko et BoulléHaïdara sauvent le Mali !

Grogne sociale des travailleurs :  2019, une année pleine de défis !

L’année 2018 qui vient de s’écouler a été, pour le Mali, une année de crises multiformes, à savoir, la sécurité, l’humanitaire, celle socio-éducative et sportive. La nouvelle année, celle de 2019 vient de débuter avec des vieilles contradictions non encore résolues. Il est alors impératif et judicieux pour les autorités de changer de fusil d’épaule pour cette année nouvelle.

Il est évident que chaque année reste jalonnée par de nouveaux défis à relever. Des défis qui ne sont pour la plupart que des prolongements de ceux de l’année écoulée non résolus.

En effet, le curseur  est  monté d’un cran  entre le collectif des syndicats de l’enseignement et le ministère de l’éducation nationale.  Faute d’accord, une grève de 100  heures, soit 5 jours a été déclenchée, allant du lundi 7 janvier au vendredi 12 janvier pour la quasi-totalité des syndicats enseignants, sur toute l’étendue du territoire national. En effet par rapport aux 10 points de revendications, les syndicats insistent afin que le gouvernement tienne compte des promesses qu’il a faites pendant les négociations de l’année écoulée.

Quant au bureau exécutif de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM), il  a tenu une assemblée générale, le  mardi 25 décembre 2018, pour informer les militants du contenu du cahier de doléances qu’il a déposé le 2 mai 2018.  Le hic est qu’en aucun moment le gouvernement n’a montré son intérêt pour le traitement de ces dossiers. C’est la raison pour laquelle, le bureau exécutif de l’UNTM a envisagé une grève de 72 heures à partir du 9 janvier. Dans ce préavis, le syndicat condamne la cherté de la vie, réclame une harmonisation des avantages par catégorie, l’augmentation de l’âge à la retraite et pour le secteur privé et pour le secteur public, la revue de la grille salariale    . Selon le Secrétaire Général de l’UNTM, Yacouba Katilé cette grève est susceptible d’être reconduite. Pour rappel le cahier de doléances comprend 12 points essentiels.

L’UNTM après un diagnostique sans complaisance  de la gestion des problèmes dans la fonction publique d’Etat, caractérisée, par la permanence de l’injustice sociale, se fondant sur des conventions de l’organisation internationale du travail, ratifiées par notre pays, demande non pas la réduction de l’injustice, mais plutôt la disparition définitive des inégalités, des discriminations constatées entre citoyens du même pays, titulaires du même diplôme, et de la même catégorie.  Selon lui, ces insuffisances existent non pas pour des raisons de rentabilité ou apports au développement économique, mais seulement sur la base de motivations subjectives, souvent politiques. Selon Yacouba Katilé, l’Etat s’est arrogé le droit d’instaurer cette injustice.

A en croire, le bureau de l’UNTM avant le dépôt du préavis, au mois de mai,  il a saisi le gouvernement pour la résolution de certaines  doléances. En effet en 2014, le bureau de l’UNTM a signé un accord avec le gouvernement qu’il s’est engagé à  respecter à la lettre. Mais malheureusement, le bureau  a constaté  qu’à ce jour certains de ces points n’ont connu aucun début d’exécution.

Le Secrétaire Général de l’UNTM soutient que l’UNTM a alerté a plusieurs reprises le gouvernement sur la question mais en vain. En effet, il s’agissait d’apporter certaines modifications à la convention concernant, les chauffeurs, les employeurs d’hôtel, la situation des compressés, les fonctionnaires candidats à la retraite, entre autres.  Le bureau a été surpris de constater que le gouvernement a décidé de débattre ces questions dans la conférence sociale, contrairement à la pratique, cette situation a été déplorée par le Secrétaire Général.Et, Katile de mettre en garde le gouvernement si la lutte syndicale se déplace sur le champ politique. D’ailleurs, elle menace même de saisir le Bureau international du travail pour sanctionner le gouvernement malien

Selon le patron de l’UNTM, la question des travailleurs se discute dans un cadre tripartite  entre les travailleurs, le gouvernement et le patronat.  Il précise que le bureau est au courant  des combines et des tentatives de déstabilisation ou de fragilisation de l’UNTM de la  part de certains gouvernants qui assurément se trompent de période, et se croient rusés en imitant le colon dans la politique de diviser pour mieux régner. Le bureau de l’UNTM a décidé de ne pas participé à  une telle conférence sociale, a martelé M.Katilé.

Face à ces dérives de nos plus hautes autorités, les travailleurs exigent une justice sociale à tous les niveaux et pour tous dans le partage des ressources de l’Etat. En attendant le bras de fer continue entre les deux parties.

     Seydou Diarra         

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