Education : Le secteur à la traîne

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A la place du nouveau ministre de l’Education nationale, beaucoup de cadres allaient claquer la porte face à la tournure que prend le bras de fer entre le gouvernement et les enseignants. Rendre le tablier vaut mieux pour le ministre, au moins pour être en paix avec sa conscience et soulager sa conscience. L’on se demande comment ce cadre arrive à dormir pendant que les enfants par millions sont privés de leur droit d’apprendre.

Le sort de ces enfants est un cas de conscience qui devrait toucher particulièrement le premier responsable de l’Education. D’abord en tant que l’interface entre les enseignants et les plus hauts responsables du gouvernement qui détiennent le cordon de la bourse, le nerf de la guerre qui dure depuis deux ans sans aboutir à un résultat satisfaisant.

Il n’y a pas de solidarité gouvernementale qui tienne dans le cas de la grève des enseignants du Mali dont le combat repose sur une loi. Le ministre a le devoir de se montrer soucieux de l’avenir de l’Ecole malienne dont il est un fruit. C’est à lui de faire pression sur ses employeurs afin de faciliter l’application de l’article 39 dont ses collègues enseignants pourraient bénéficier.

Me ministre qui est aussi enseignant sait bel et bien que c’est l’Etat malien qui a failli à son devoir de payer aux enseignants leurs dus. Ce droit a été acquis après une longue et pénible guerre qui a valu à certains enseignants des ennuis et des privations de toutes sortes. On se souvient que les syndicalistes ont fait l’objet de brimades et de menaces afin qu’ils puissent abandonner le combat au cours des années passées et même maintenant.

De guerre lasse, le gouvernement a voulu forcer la main des enseignants cette année en brandissant la menace de recruter des remplaçants aux grévistes. Cette pression a été précédée de différentes actions tendant à décourager les enseignants comme les retentions de salaire, les mutations de syndicalistes et l’envoi d’émissaires ou d’intermédiaires aux proches des responsables syndicaux qui sont à Bamako.

Le ministre qui retournera surement à l’enseignement après son passage dans le gouvernement n’a rien fait pour orienter le gouvernement vers des économies d’échelle. Ni le ministre ni les autres membres du gouvernement n’ont proposé des mesures visant à réduire les dépenses inutiles du gouvernement dans le but de faire face aux revendications des enseignants. Les grosses voitures, les millions de litres de carburant et bien de dépenses superflues continuent.

A.D

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1 commentaire

  1. Vous avez bien dit et tout dit Mr le journaliste. C’est tout à votre honneur et à celui de votre organe. Mr Famanta a très vite oublié, hélas. On l’a bien connu à Koulikoro depuis l’IPR ancien jusqu’à l’IPR nouvelle version.S’il y a quelqu’un mieux placé pour défendre les revendications du reste légitimes des ENSEIGNANTS, c’est bien lui venant de la corporation et bien au parfum de leurs difficultés au quotidien. Ou alors a t-il oublié qu’après tout, malgré le poste purement politique qu’il occupe aujourd’hui, il reste et restera ENSEIGNANT métier noble par essence. Oublie t-il qu’après il retournera à l’enseignement où sans doute il retrouvera ceux-là mêmes qu’il a délibérément refusé de défendre à moins de passer le restant de sa vie à ce poste, ce qui du reste est potentiellement impossible.
    Il devrait avoir en bon ENSEIGNANT, soucieux de l’avenir des millions d’enfants surtout de pauvres dans les rues depuis plus d’un trimestre, de l’amélioration des conditions de travail de ses collègues, l’humilité de dire non au PM qui viole impunément les lois républicaines et rendre le tablier, toutes choses qui l’auraient grandi et l’auraient fait entré dans l’histoire par la grande porte. Mais dommage qu’il privilégie son poste politique au dépens de son honneur. HELAS!

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