Pr. Abdoulaye Traoré, Recteur de l’Université de Ségou : « Il faut nous que sortons du cercle vicieux de location des bâtiments…

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Avec un effectif de 1500 étudiants repartis entre 11 filières de formation et plus d’une centaine de professeurs, l’Université de Ségou qui a comme crédo la culture de l’excellence, veut se démarquer des autres par ses bonnes méthodes de travail. Pour son recteur, le Pr. Abdoulaye Traoré, ‘’ne devient pas étudiant à l’Université de Ségou qui le désir ’’.

En effet l’université de Ségou créée par ordonnance en 2010 est la première université installée en région au Mali et nous avons 4 années d’activité en tant que formation universitaire. Car nos activités ont réellement démarré en janvier 2012 avec dans un premier temps la Faculté d’Agronomie et de Médecine  Animale (FAMA), la Faculté des Sciences Sociales (FASSO) et l’Institut Universitaire de Formation Professionnelle (IUFP). Actuellement nous avons au total, 11 filières de formation dans les structures de formation avec un effectif global d’environ 1500 étudiants y compris les nouveaux inscrits de l’année 2015-2016. Avec une cinquantaine d’enseignants permanents  en plus des autres professeurs qui font la navette entre Ségou et Bamako. Car c’est l’Etat qui recrute les enseignants en fonction des besoins et des ressources financières disponibles.

Et la particularité de l’Université de Ségou, c’est qu’aucune filière n’est ouverte au hasard. Toutes les filières sont ouvertes après études du marché de l’emploi, donc tous les étudiants qui vont sortir de ces filières de formation seront probablement insérés.

Quant au choix des enseignants, nous avons des critères  très rigoureux en matière de sélection. Et ce sont les meilleurs parmi, les postulants qui sont toujours choisis.

Par ailleurs, il est aussi important de préciser que ne devient pas étudiant de l’Université de Ségou qui le désir. Car l’inscription n’est pas automatique mais elle se fait sur  étude de dossiers pour les facultés et sur concours pour l’Institut. Et ces critères sont valables pour tous les étudiants. Après le dépôt des dossiers, une commission est mise en place sur  décision du recteur. Et c’est cette commission qui après examen des dossiers publie la liste des étudiants autorisés à s’inscrire, toute chose qui n’est pas le cas ailleurs. Alors quand l’étudiant a son nom sur la liste il prépare son dossier complet y compris les frais d’inscription et les frais de formation qu’il déposera ensuite.

Et sur cet aspect, le ministre de l’Enseignement Supérieur, Me Mountaga Tall a eu la bonne idée de mettre en place, en partenariat avec les néerlandais, un dispositif qui permet aux étudiants de s’inscrire en ligne. Toute chose qui les épargne des longues heures d’attente pendant les inscriptions et à l’administration d’éviter certaines anomalies dans les dossiers des étudiants. Pour cette année sur les 17 000 néo bacheliers déjà 16 000 se sont inscrits en ligne. Et cela a contribué à augmenter le nombre d’inscrits de l’Université de Ségou, car  avant les étudiants qui ne sont pas basés à Ségou étaient obligés de s’y rendre pour suivre toute la procédure de l’inscription. Mais aujourd’hui tout cela n’est plus qu’un triste souvenir car les étudiants peuvent désormais s’inscrire même à travers leur Smartphone à condition d’avoir accès  à Internet. Nous saluons vraiment cette initiative du ministre Tall.

Un autre aspect important à savoir c’est que l’Université de Ségou dès son ouverture en 2012, a démarré avec le système LMD (Licence Master Doctorat) avec lequel nous évoluons toujours.

Mais nous devons signaler aussi que tout n’est pas rose à l’Université de Ségou. D’abord au point de vue des infrastructures, l’Université de Ségou ne dispose que d’un seul Amphithéâtre de 500 places. Excepté cet Amphithéâtre, tous les autres bâtiments même ceux qui abritent l’administration nous ont été cédés en bail. Toute chose qui n’est pas sans conséquence sur nos ressources financières.

Cependant nous sommes entrain de faire des efforts avec  l’appui du gouvernement le bâtiment de l’Institut de Formation Professionnelle est en chantier et les travaux sont presque terminés. Cela m’amène à préciser que l’Etat nous a octroyer 509 hectares dont 9 ha à Sébougou et 500 ha dans la commune rurale de Pélengana, donc en termes d’espace nous sommes à l’aise. Mais il nous faut des financements pour construire les infrastructures sur cet espace.

Nous avons aussi quelques soucis avec nos enseignants qui viennent en grande majorité de Bamako et c’est l’Université de Ségou qui prend en charge sur fonds propre, leurs frais de déplacement, leur hébergement et la restauration. En plus des heures supplémentaires qui sont rémunérées à 10 000 Fcfa en raison d’une heure. Ces dépenses sont exorbitantes par rapport aux ressources financières que   l’Université dispose.

En ce qui concerne le volet social, il y a ici un démembrement du Centre National des Œuvres Universitaires (CENOU) qui s’occupe de tout ce qui concerne, les bourses, les logements entre autres. Mais à ce jour, il n’y a pas de campus universitaire à Ségou et les étudiants sont donc confrontés aux problèmes de logement. Si on ne trouve pas de solutions d’ici peu, ça risquera de constituer  un frein à l’évolution de  l’Université de Ségou, car les étudiants qui ne sont pas d’ici ou qui n’ont aucune connaissance à Ségou ne pourront pas étudier dans ce cas.

En perspectives, nous avons en projet la création de deux autres facultés dont la Faculté du Génie et des Sciences (FGS) et la Faculté des Sciences de la Santé (FSS). Et cette année nous envisageons d’ouvrir la Faculté du Génie et des Sciences, les documents  de création sont déjà dans le circuit administratif et dès qu’ils seront prêts, la faculté ouvrira ses portes à la rentrée prochaine. Et l’année suivante, nous projetons d’ouvrir la Faculté des Sciences de la Santé.

Mais il faut nous que sortons du cercle vicieux de location des bâtiments, et nous sommes en train de nous battre pour que l’Etat augmente le budget spécial d’investissements pour pouvoir construire les infrastructures. En même temps nous avons aussi pris contact avec des bailleurs de fonds, notamment en Chine et dans certains pays du Golf qui se sont engagés à nous aider à construire des infrastructures. Mais avant, l’Etat doit donne sa garantie pour que ceux-ci investissent. Et notre vision c’est la culture de l’excellence.

Propos recueillis par Abdoulaye NIANGALY

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