Projet «formation à distance» : Obligation d’une volonté politique et de dispositions pédagogiques

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Pour circonscrire les répercussions désastreuses de la maladie Covid-19 sur le sort des enfants, des initiatives se multiplient dans tous les Etats. Notre pays n’est pas resté en marge ! C’est dans ce cadre que le gouvernement par la voix de son Ministre de l’Education Nationale, le Professeur Mahamadou Famatan, a d’initié le projet  intitulé ‘‘Formation à distance’’ (FAD) par le canal de la télévision nationale.  Un programme d’enseignement à distance via l’audiovisuel dont le lancement officiel a eu lieu, le mardi 14 courant.  Une solution, certes, mais pas du tout la vraie ‘‘Solution’’. Pas la solution, dans la mesure où la télévision nationale ne couvre pas non seulement tout le pays mais aussi ce ne sont pas toutes les familles de Bamako et des autres centres urbains du Mali qui sont dotées de postes téléviseurs. Donc, il s’agit là qu’un projet déjà mort-né !

Dans la recherche  des voies et moyens pour atténuer les dégâts plausibles du virus ‘‘Covid-19’’ dans le secteur de l’Education, le gouvernement, à l’instar de ceux des autres pays africains, expérimente les éventualités censées servir d’opportunités et entrainer l’adhésion des différentes couches sociales les plus fragilisées et dont l’avenir semble de plus en plus préoccupant. A savoir les enfants qui ne vont plus à l’école.

C’est dans ce  cadre qu’est né le projet de « Formation à distance » (FAD) pour assurer,  via méthode télé-enseignement, l’éducation nationale au profit du monde scolaire malien.  L’initiative est, certes, légitime ; mais, pas tout à fait bien  réfléchie, ni pédagogiquement bien planifiée. Et pour cause,  ce n’est pas sous tous les toits de la capitale et à l’intérieur du pays où sont suivies régulièrement  et par tous les enfants les images de l’ORTM (Office de Radiodiffusion et télévision du Mali). Ce, en ce sens que tous les foyers de Bamako et des centres-urbains  de l’intérieur n’ont pas tous leurs postes téléviseurs. Ensuite,  compte tenu du taux de couverture de la télévision nationale, ce ne sont pas dans toutes les campagnes  où les images de l’ORTM sont effectivement reçues ou régulièrement captées.  Donc, on a qu’à beau vanter les mérites de ce projet de formation à distance, il y a le ver dans le fruit.  Pratiquement, ce projet ne saurait permettre à tous les enfants maliens ni de suivre directement ces cours à distance ni de bénéficier de ses effets escomptés.

A l’examiner de près, il est à souligner que cette FAD aurait mieux gagné si à l’amont les auteurs du projet avaient  eu le flair  de confier sa diffusion à tous les organes audiovisuels  de la place ; à savoir la Radio nationale et les stations FM de l’intérieur qui sont les médias de proximité les mieux appropriés dans ce domaine.  Les radios de proximité, à commencer par les la radio Mali, la Chaîne 2, les radios rurales,  les Radios privées, toutes émettant en bandes FM,  sont accessibles à toutes nos couches sociales et sont captées dans toutes les localités, dans toute les familles et par les enfants issus de toutes les couches socioprofessionnelles maliennes. Dans le domaine de l’audiovisuel, la radio nationale et les autres  chaines privées restent  les organes de proximité. Par rapport à la télévision nationale, les radios émettant en FM sont directement accessibles et plus suivies par les populations et les enfants destinataires de cette FAD.  Car, dans toutes les localités où il n’y a pas encore de la télévision, la radio est là pour informer, sensibiliser, former, éduquer et cultiver les masses citadines et paysannes. C’est indéniable, la radio reste dans l’ensemble la masse média au service de toutes les populations. Quelque soit les catégories sociales (hommes, femmes, jeunes, enfants, personnes âgées, intellectuels, analphabètes, professionnels, travailleurs, chômeurs, etc.) et l’endroit où se trouvent les populations  ou  encore leurs  niveaux de vie au plan socio-économique, la radio est accessible à tous.

En somme,  le présent projet de formation à distance envisagé par le gouvernement à l’endroit  des enfants  suite à la pandémie du siècle (probablement) ne devait se limiter à la télévision nationale exclusivement.  Le ministre  Mahamadou Famatan,  ne doit pas, de ce fait, se targuer d’exploit comme il s’en est permis, le mardi dernier, à la faveur du lancement officiel dudit programme. Dans son discours, il déclare publiquement que ce  «vaste et ambitieux programme d’enseignement et de formation », initié par son département,  a pu prendre corps grâce à  la mobilisation de toutes les ressources à l’interne  du ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique.  Selon lui,  ce projet  est émanation de tous les services compétents du ministère de l’Éducation Nationale. Mais ce qui ne semble pas croyable ; car,  rien n’atteste qu’il y a eu la véritable main d’Experts  à l’amont de ce projet. Seulement, l’idée est encourageante puisque qu’il s’agit d’une solution alternative susceptible d’aider à limiter les dégâts collatéraux de la fermeture des classes due au virus Covid-19.

Certes, le projet est lancé ; mais, pour atteindre le but initial il faudra au gouvernement une véritable volonté politique. Bref, pour l’instant, le présent programme d’enseignement de rattrapage démarre sur fond de discrimination des enfants. Cela avec nombreux autres paramètres à tenir compte tant au plan pédagogique que médiatique.

Djankourou  

 

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