SOUTIEN A LA CANDIDATURE D’ATT: Haute tension à l’URD ?

Le mentor du parti URD et non moins président de la commission de l’UEMOA, Soumaïla CISSE, était à Bamako le week-end passé. Est-ce pour canaliser la tension politique qui...

26 Juillet 2006 - 09:08
26 Juillet 2006 - 09:08
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Le mentor du parti URD et non moins président de la commission de l’UEMOA, Soumaïla CISSE, était à Bamako le week-end passé. Est-ce pour canaliser la tension politique qui monte au sein de son parti après la volonté affichée par le RMP, à la faveur de sa conférence nationale du week-end dernier, d’être candidat à la présidentielle prévue en 2007 ? Car c’est désormais deux camps qui s’opposent à l’état-major de l’URD «non partant » pour son propre compte : le soutien à ATT et le courant favorable à IBK. La consigne électorale est-elle suffisamment respectée au Mali pour que les militants à la base s’y conforment comme les états-majors politiques le leur demandent ?
Le week-end dernier a marqué un tournant décisif dans la pré campagne électorale en vue des joutes politiques à venir dont la conquête de Koulouba qui s’annonce dure pour les futurs protagonistes, à commencer par le président Amadou Toumani TOURE qui est naturellement candidat à sa propre succession en 2007. En témoigne, en effet, cette petite phrase prononcée à Samanko, le 29 juin dernier, par ATT qui remettait à cette occasion 300 tracteurs aux paysans maliens : «L’Inde a fait sa révolution agricole en 4 ans ; moi, j’aurai besoin de 6 ans pour faire celle du Mali ». Entendez par-là : «1 an qui me reste plus 5 ans grâce à un nouveau mandat ». Car, en lisant à travers les lignes et les mots, ce chiffre 6 ne correspond à rien d’autre. De son côté et à la faveur de la conférence nationale du RPM tenue les 22 et 23 juillet dernier, IBK a levé toute équivoque au sujet de sa candidature éventuelle aux élections présidentielles de 2007 : «Le RPM revigoré est en ordre pour poursuivre, avec détermination et engagement constant, sa mission. La conférence, dans une belle et réchauffante unanimité, a souhaité que le parti prenne sa part et toute sa part aux prochaines élections générales que notre pays s’apprête à vivre en 2007. Que ce soit lors des présidentielles ou des législatives, In ch’Allah, le RPM assumera sa mission et sa vocation ».
Croiser le fer 
Les dés sont donc jetés de part et d’autre : IBK et ATT croiseront sans doute le fer politique en 2007 pour conquérir ou rester à Koulouba. Aussi, les pré positionnements se multiplient-ils en ce qui concerne les acteurs politiques d’un côté comme de l’autre. C’est ainsi que, selon des sources proches des états-majors politiques, les leaders se concertent dans les salons feutrés de Bamako pour savoir sur quel pied «profitable » faudra-t-il danser et surtout ne pas danser.
A ce jeu et plus que tout autre, selon les mêmes sources, c’est le parti URD (Union pour la république et la démocratie) qui est perçu comme celui dont les militants à la base sont le plus divisés sur le soutien à ATT ou à IBK même si les partisans du premier semblent dominer ceux favorables au second au niveau de l’état-major. Le choix est d’autant plus cornélien que le poids du passé récent pèse très lourd sur les uns et les autres. En effet, IBK et Soumi étaient tous les deux des ténors de l’Adema-Pasj qu’ils ont successivement quitté après s’être battus l’un contre l’autre par Alpha interposé. C’est dans ce contexte qu’il faut situer le soutien de IBK (à travers Espoir 2002) à ATT au détriment de Soumi qui était le challenger au second tour des présidentielles de 2002.
Enterrer la hache de guerre 
Mais d’après le courant minoritaire dans l’état-major et majoritaire dans le peuple URD, selon les mêmes sources, cette querelle ne doit plus être de mise. Car les uns et les autres sont aujourd’hui convaincus que tous les deux avaient été montés l’un contre l’autre par l’ancien locataire de Koulouba de manière à pouvoir mettre en scelle son favori caché qu’était le général Amadou Toumani TOURE. Par conséquent, argumentent les partisans du rapprochement entre les deux leaders et leur parti respectif, rien ne doit plus s’opposer à leurs retrouvailles en 2007.
Le débat était relancé de plus belle le week-end dernier après les ambitions présidentielles que le RPM a affichées pour 2007. Est-ce pour y prendre part que le président de la Commission de l’UEMOA était-il à Bamako ? De nombreuses sources proches des états-majors politiques en sont convaincues : Soumi était venu tâter de main propre le pouls de la nouvelle situation. Va-t-il réviser sa position pour se porter lui-même candidat ou est-il déjà forclos par les textes de l’UEMOA en rapport avec les délais incompressibles pour rendre sa démission de ce poste international ?
Soutien calculé et réfléchi ?
Toujours est-il que, selon les mêmes sources, les trois partis (Adema-Pasj, RPM et URD) partagent en grande partie le même électorat de base puisqu’ils sont des frères siamois. Aussi, les états-majors «légitimes » peuvent-ils décider de renoncer à présenter un candidat pour la conquête de Koulouba en 2007. Mais ils vont être inéluctablement confrontés à deux écueils de taille : la dissidence au sommet et le non respect de la consigne de vote par la base. Si l’Adema-Pasj est le plus confronté au premier cas de figure, l’URD risque d’être plus victime du second cas.
Le soutien calculé de soutenir ATT en 2007 pour se positionner après lui en 2012 est-il bien réfléchi ? Ce qui est sûr, puisque ces soutiens sont de divers bords contradictoires, c’est un seul leader qui aura la bénédiction de ATT après ses «10 ans » de règne consensuel. Tous les autres étant les gros dindons pompeux de la farce politique. D’autre part, ATT va-t-il choisir parmi les leaders politiques qui l’ont farouchement combattu avant de se rallier à sa cause pour des raisons de démocratie alimentaire qui puise son alibi fallacieux de la peur bleue de l’opposition comme le régime Alpha en avait donné le mauvais goût aux plus téméraires des démocrates convaincus et patriotes sincères sur les lèvres ?
Par Seydina Oumar DIARRA-SOD