Adaptation aux changements climatiques: La CNOP partage les résultats du FSSA

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La Coordination Nationale des Organisations Paysannes(CNOP) a organisé le samedi 2 juillet 2011 au Grand Hôtel  un atelier national de partage des résultats du Fonds de Soutien aux Stratégies Locales d’Adaptation aux Changements Climatiques(FSSA). C’était en présence du représentant du ministre de l’Agriculture, du Directeur adjoint de l’Agence de l’Environnement et du Développement Durable(AEDD), du point focal FSSA, des bénéficiaires de projets,…

Le point focal FSSA au Mali, Salif Sissoko a d’abord souhaité la bienvenue à tous les participants pour leurs présences. Aussi, il a décliné le programme avant de remettre la parole à Hammadoun Dramé, représentant du ministre de l’Agriculture. Ce dernier a vivement remercié le FSSA pour son soutien aux communautés locales à travers la CNOP. Selon lui, c’est les communautés locales qui sont à la base, donc elles méritent d’être soutenues surtout que ce sont elles soutiennent les actions du gouvernement.

Avant la communication introductive de Salif Sissoko sur les résultats majeurs du FSSA, les participants ont eu droit à une projection de film de capitalisation réalisée sur les associations et coopératives des trois pays (Mali, Burkina-Faso, Sénégal) bénéficiaires du Fonds de Soutien aux Stratégies Locales d’Adaptation.

Au Mali, le reportage a concerné la coopérative Jeka baara à Sibiribougou, et la coopérative agricole à Timissa.

Toutes ces coopératives ont parlé des incidences économiques du FSSA dans l’amélioration de leurs conditions de vie. Par exemple : A la coopérative Jeka Baara, les revenus tirés de la vente des paniers autocuiseurs et foyers Nyeta pour un montant de 970 000 FCFA ont été versés à la caisse d’épargne et de crédit de la coopérative. Ce qui a permis à celle-ci d’accorder des prêts à 53 femmes du quartier de Sibiribougou pour mener des activités diversifiées comme le petit commerce, la transformation des fruits et légumes.

A Timissa, dans la région de Ségou, la coopérative agricole a diffusé des techniques simples de culture (production de semences adaptées, valorisation des pratiques traditionnelles de production, diversification des cultures) qui ont donné des résultats importants.

Dans sa communication introductive sur les résultats majeurs du FSSA,  Salif Sissoko a parlé entre autres : des trois postulats et ou défis du FSSA qui consistent à : démontrer que les organisations paysannes peuvent assurer le leadership dans l’élaboration et la mise en œuvre de projets d’adaptation par une approche qui les responsabilise ; Prouver que les stratégies locales d’adaptation portées par les organisations paysannes sont viables, efficaces et efficients ; Etablir que l’approche multi-acteurs apporte de  la valeur ajoutée  pour la durabilité et la diffusion des pratiques (locales) d’adaptation.
Par rapport aux incidences sur les conditions de vie, le FSSA a permis l’amélioration de la productivité des systèmes de production, l’augmentation des revenus, le renforcement de l’autonomie économique des groupes vulnérables, la réduction de l’insécurité alimentaire.

Quant aux incidences sur l’environnement, on note : Une réduction de la consommation de bois, la régénération du couvert ligneux et la diminution des coupes abusives, l’intérêt et l’engagement des populations et des autorités locales.

Le FSSA a eu également des incidences sur les capacités des acteurs face aux changements climatiques.

Les leçons à tirer de l’intervention du FSSA dans les pays bénéficiaires sont entre autres : l’existence d’un potentiel de leadership et d’innovation technique et institutionnelle au niveau local est bien confirmée; la contribution multidimensionnelle des différents projets dans la réduction de la vulnérabilité des populations face aux changements climatiques; La conception et la mise en place d’un mécanisme d’accompagnement efficace et non inhibiteur constitue un des plus grands défis,  repenser les approches des programmes d’adaptation en valorisant le savoir faire et les capacités de leadership des organisations paysannes ; lorsque l’accompagnement est souple, bâti sur la demande, et s’appuyant sur les pratiques existantes des associations locales, il permet à celles-ci d’acquérir assez rapidement les capacités complémentaires nécessaires pour la conduite de leurs projets ; l’institutionnalisation des approches en matière d’appui aux stratégies d’adaptation passera également par une meilleure prise en compte de la problématique et des stratégies locales dans la définition des politiques locales.
Moussa Touré.

 Changements climatiques
L’agriculture industrielle est-elle pour quelque chose ?

Cependant, l’agriculture industrielle qui est gourmande en combustibles fossiles peut être tenue responsable des changements climatiques à cause du fait que la moitié des émissions de gaz à effet de serre provienne de cette agriculture.

Par exemple, le Danemark exporte plus de 85% de sa production de porc dans le monde entier. Cet excès de production tient au fait que  « les porcs sont gavés de soja » selon les dires du haut commissaire à l’agriculture, Marian Fischer Boel.
Ce modèle de production intensive est basé sur des importations de soja. Ce soja a fait des milliers de kilomètres pour arriver au Danemark, cette culture a poussée sur des terres du sud d’où les populations ont été expulsées et les forêts détruites, avec d’énormes quantités d’engrais, de pesticides et d’herbicides qui ne peuvent être nettoyées. Cela fait partie d’un système transnational de production et de distribution qui a utilisé les ressources du monde à un taux jamais égale afin de générer d’immenses fortunes pour une minuscule minorité.

Depuis des années, cette philosophie a régit l’agriculture au Danemark, le résultat en est une concentration de la terre sans précédent, une industrialisation de la production et une production clairement dirigée vers l’exportation. Ce processus a eu des conséquences désastreuses pour les paysans danois. Il a détruit les communautés rurales danoises et pollue et dégradé l’environnement.

En plus, elle réchauffe la terre, détruit les moyens d’existences des populations et supprime le modèle d’agriculture paysanne qui offre les vraies solutions aux réchauffements climatiques.

Une production paysanne durable et la souveraineté alimentaire qui, ne sont pas gourmandes en combustibles fossiles, peuvent refroidir la planète, protéger la biodiversité et relocaliser la production et la consommation, réduisant les transports et la consommation d’énergie.
Aussi, dans les régions d’Afrique, le développement d’exploitations forestières industrielles (pour du bois, papiers…) par les grandes firmes multinationales, a exproprié les peuples indigènes de leurs forêts. Ces compagnies privées ont abattu les forêts jusqu’à épuisement. Ces compagnies laissent généralement derrière eux, une région complètement dévastée.
On peut donc en déduire qu’en prenant en compte la production, la transformation et le transport, la chaine alimentaire au sens large pourrait être tenue responsable de la moitié des émissions de gaz à effet de serre.

C’est pourquoi, la Via Campesina estime qu’il est temps de relocaliser la production alimentaire, d’en finir avec les grandes exploitations agricoles gourmandes en combustibles fossiles, de rendre la terre aux paysans(nes) et de mettre en place la souveraineté alimentaire. Une telle démarche, selon la Via Campesina, produirait une réduction allant de la moitié aux 2/3 des émissions globales actuelles. Si on y ajoute une forte réduction de la consommation, cela mènerait à une réduction significative et efficace des émissions, contrairement aux fausses solutions envisagées lors de négociation de la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques(CCNUCC) qui favorisent l’agro-industrie, les crédits carbones ou tout une série de « remèdes miracles » technologiques.

Une telle transformation de l’agriculture mondiale permettrait non seulement de contribuer largement à la résolution de la crise climatique, mais également de produire de la nourriture saine pour tous et de créer de l’emploi pour des millions d’hommes et de femmes.
Moussa E Touré, juriste de l’environnement et de la santé, tél : 76383729, email : [email protected]

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