L’ANGESEM : Face au défi de la gestion des eaux usées

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C’est désormais une réalité : la station moderne de traitement des eaux usées de teinturerie dans la zone industrielle de Sotuba est opérationnelle depuis 2013. 

Installée dans l’enceinte de la station d’épuration des eaux usées industrielles, sise à Sotuba, la station de traitement des eaux usées de teinturerie est une réponse novatrice pour protéger le fleuve Niger et l’environnement. En activité, cette station permet de traiter les eaux de teinture qui deviennent de plus en plus une menace pour l’environnement et la santé des populations.

Pour se convaincre de l’importance de cette nouvelle station aménagée, nous nous sommes rendus sur le site et avons été guidés par les techniciens des lieux notamment, le chef section laboratoire et le chef section exploitation. À la suite de ces agents, le chef d‘antenne, nous a fait part du bien fondé d’un tel ouvrage. Ici, les techniques expérimentées font que les eaux usées de teintureries sont traitées avec précaution.

Les raisons d’une telle infrastructure

Le constat patent qui se dégage est que la pollution de l’environnement est devenue un problème crucial à Bamako et environs. Pour l’Agence Nationale de Gestion des Stations d’Épuration du Mali (ANGESEM) cette pollution découle d’une mauvaise gestion des déchets due essentiellement aux activités humaines. Et avec le développement des activités de la teinturerie, le nombre de teinturières a augmenté à Bamako de l’ordre de 463 actuellement avec une production journalière d’au mois 500 litre par teinturière.

Éparpillées à travers la ville, les teintureries utilisent divers produits chimiques qui impactent directement la nature des effluents rejetés.

Les eaux usées de teinturerie se caractérisent par une teneur élevée en matières organiques et une forte coloration. Elles sont fortement basiques pouvant causer des impacts négatifs sur la peau, le système respiratoire, sur le sol et sur l’eau.

À  Bamako, la teinture est faite à l’intérieur des concessions, aux abords des rues ou le long des cours d’eau et des collecteurs. Les eaux sont soit déversées sur le sol, dans les rues, soit dans les caniveaux ou dans le fleuve et les marigots. Elles sont déversées dans ces milieux sans aucun traitement préalable.

Activité génératrice d’emplois et de revenus, la teinturerie ne demeure pas moins une activité polluante de l’environnement et source potentielle de maladies

À terme, ce dispositif novateur est conçu dans le but ultime de rendre les produits chimiques moins nocifs à l’environnement.

En mettant en place un tel projet, l’ANGESEM répond à un souci, celui des plus hautes autorités qui est d’atténuer les risques de pollution de la nappe phréatique et préserver du coup les ressources en eau.

Pour la matérialisation d’une telle station, ce sont environ 3oo millions de FCFA qui ont été mobilisées uniquement dans les installations.  La mise en œuvre d’un tel projet pilote aidera à la préservation de l’environnement et à l’amélioration du cadre de vie des populations. Vivement, un tel ouvrage pour la protection de notre environnement.

Adama Coulibaly

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