Burkina: perpétuité requise dans le meurtre de Viviane Compaoré

Le ministère public a requis la réclusion criminelle à perpétuité contre Yannick Bougouma, jugé pour l’assassinat de l’ancienne ministre burkinabée Viviane Compaoré, à l’issue d’une audience marquée par les aveux de l’accusé et des échanges troublants devant le tribunal.

14 Mar 2026 - 09:03
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Burkina: perpétuité requise dans le meurtre de Viviane Compaoré

Le parquet a requis la réclusion criminelle à perpétuité contre Yannick Bougouma, poursuivi pour l’assassinat et le vol aggravé de l’ancienne ministre Viviane Compaoré, lors de l’audience consacrée aux réquisitions du ministère public, a rapporté l’Agence d’information du Burkina (AIB).

Selon les éléments évoqués au cours des débats, l’accusé a reconnu s’être rendu dans la nuit, depuis le quartier Tampouy, au domicile de la victime situé à Karpala. Face aux questions du parquet, il a admis s’être introduit dans la maison, avoir pris deux couteaux dans la douche et « achevé » la victime.

Interrogé sur le geste d’étranglement qui aurait précédé la mort de la victime, il a répondu de manière déroutante : « Je ne suis pas le premier à avoir étranglé quelqu’un. Il y a les commandos, les hindous », suscitant l’incompréhension dans la salle d’audience.

Le procureur lui a également présenté plusieurs objets retrouvés à son domicile lors de son arrestation, notamment des vêtements, un téléphone, un sac d’ordinateur et une tablette appartenant à la victime. Questionné sur l’usage qu’il comptait faire de la tablette, l’accusé a répondu laconiquement : « C’est pour naviguer », provoquant des réactions dans la salle.

Au cours de l’audience, des images du corps sans vie de Viviane Compaoré ont été projetées devant la cour. Interpellé par le procureur, l’accusé a reconnu la victime et admis être l’auteur des faits, tout en adoptant une attitude jugée troublante, alternant moments de silence et sourires.

Dans ses échanges avec les différentes parties, il a livré des réponses souvent brèves et incohérentes. À la question de savoir s’il regrettait son acte, il a d’abord déclaré ne pas savoir « comment regretter », avant d’affirmer plus tard qu’il regrettait ce qui s’était passé.

Lors des interrogatoires, l’accusé a également reconnu consommer régulièrement de la drogue et a affirmé qu’il s’était rendu chez la victime avec l’intention de lui donner la mort, sans toutefois expliquer clairement les motivations de son acte.

L’expertise psychiatrique versée au dossier conclut à une schizophrénie paranoïaque, tout en estimant que le discernement de l’accusé n’était pas aboli au moment des faits, mais seulement altéré. Selon l’expert, l’intéressé « sait ce qu’il fait, mais agit de manière anormale », recommandant néanmoins une prise en charge médicale.

Dans sa plaidoirie, la partie civile a soutenu que les infractions d’assassinat et de vol aggravé sont constituées et a demandé que l’accusé soit reconnu coupable. Elle a toutefois réclamé un franc symbolique au titre des dommages et intérêts, estimant que « la mort ne peut être monnayée ».

Le parquet, pour sa part, a insisté sur la gravité des faits et le comportement de l’accusé à l’audience, estimant que l’ensemble des éléments du dossier justifie la peine maximale prévue par la loi, soit la réclusion criminelle à perpétuité.

Le tribunal doit désormais se prononcer sur la culpabilité de l’accusé et la peine à lui infliger à l’issue des délibérations.

HO/Sf/APA

Source: https://fr.apanews.net/