L’exploitation traditionnelle des mines d’or dans la Commune rurale de Naréna remonte à plusieurs siècles. Elle est devenue, de nos jours, l’activité principale des populations au détriment des autres activités paysannes, notamment l’agriculture.
Selon des études menées par la mairie de Naréna pour élaborer la convention locale pour la protection des ressources naturelles, il existe environ 14 sites miniers exploités de façon traditionnelle par la population communale.
Nonobstant un climat semi forestier qui arrose abondamment la localité, l’agriculture est reléguée au second plan. Sur les sites miniers règne une grande animation. On y trouve des vendeurs de café, de brochettes, de pain, des « dibitiers ». Des étalagistes proposent toutes sortes d’articles : tissus, friperie, ustensiles de cuisine. Des mécaniciens réparateurs de bicyclettes et de motos ainsi que des gargotières s’y sont également installés.
Les quelques grammes d’or remontés des mines par d’exploitants chanceux sont aussitôt cédés contre espèces sonnantes et trébuchantes aux nombreux acheteurs qui pullulent dans la zone munis de leur balance. Quotidiennement, certains exploitants empochent des montants allant de 1500 à 50 000 F CFA.
Certains exploitants se sont associés et travaillent en groupe afin de gagner plus. Sur les sites, ce sont les hommes qui descendent dans les puits pour extraire les minerais. Ce minerai est ensuite remonté à la surface à l’aide d’une corde tirée par des femmes. Elles sont les plus nombreuses sur les sites et procèdent au nettoyage du minerai pour en sortir des paillettes ou des pépites.
Ce travail d’orpaillage a changé la vie de nombreuses personnes dans la Commune, mais la majorité de la population vit dans la pauvreté. Cette précarité de nombreuses familles dans la Commune serait consécutive au fait que l’orpaillage traditionnel a pris le pas sur les exploitations agricoles.
Les autorités à tous les niveaux n’osent élever la voix pour dénoncer cet état de fait par crainte de révolte. Pour prévenir les cas d’éboulement souvent fréquents, les autorités locales ont essayé de rationaliser l’exploitation mais surtout en interdisant l’accès aux anciens sites.
Il s’agit de la seule action timide que le maire Namory Konaté a entreprise dans le cadre de la convention locale pour la protection des ressources naturelles en voie d’élaboration. En attendant des mesures plus vigoureuses, les sites sont toujours animés, les éboulements font des victimes, les champs sont peu ou pas du tout entretenus.
Kalane Djibril
(Radio Jamana Naréna)