La mise en liberté de l’agresseur du gérant de la cabine téléphonique « Nansa » à Yanfolila, le sieur Bourama Coulibaly dit Batjini, provoque une vive indignation au sein des populations. Arrêté et déféré à la maison d’arrêt pour coups et blessures volontaires, l’homme y est sorti à moins d’un mois pour des raisons difficilement déchiffrables par des populations. Que s’est-il passé ?
D’après des informations parvenues à notre rédaction, dans la journée du 27 juillet dernier, le juge de Yanfolila, M. Lassine Diakité a remis en liberté le nommé Abdoulaye Bamba, auteur des coups et blessures volontaires sur la personne de Bourama Coulibaly, dans la nuit du 7 au 8 juin dernier (voir Kabako N° 384 du 30 juin 2006) pour l’avoir soupçonné d’avoir des liaisons intimes avec sa femme Kadidia Kéménani dite Kadidiabilenni. Les mêmes informations indiquent que la décision du juge a été motivée par un certificat médical délivré par le médecin-chef du centre de santé de Yanfolila, Dr Guindo, qui atteste que le détenu souffre d’une déficience mentale. Alors, le juge en se référant à ce document médical a purement et simplement élargi son client. Mais, si le juge qui ne saurait ignorer ce document fusse-t-il de moralité douteuse, devrait ordonner l’évacuation du « prétendu malade mental » sur le centre psychiatrique du Point G afin d’éviter une éventuelle récidive ou pour apaiser le public. Mais, ce qui est sûr, c’est que la partie plaignante croit plutôt à un montage grotesque tendant à noyer le poisson dans l’eau. C’est pour cette raison que Me Daba Diallo, avocat à la Cour et conseil de la partie civile n’a pas hésité d’interjeter appel pour percer le mystère qui entoure cette affaire. Il l’a signifié à la justice de Yanfolila, le 3 août dernier. Alors, c’est le début d’une autre bataille juridiciaire et on se demande qui aura le dessus.
Pour mémoire, dans la soirée du 7 juin dernier, le sieur Chaka Kéménani avait chargé d’une commission pour sa famille, Bourama Coulibaly dit Batjini, gérant de la cabine téléphonique « Nansa ». Celui-ci attend jusqu’à la fermeture de sa cabine avant de se rendre chez les Kéménani pour s’acquitter de la commission que le chef de cette famille lui avait confiée. Avant de prendre congé, il demande à la fille de Chaka, l’état de santé de son enfant qui souffrait d’une maladie. Au même moment, le beau-frère de celle-ci qui rôdait dans les environs, croit aussitôt que le gérant faisait la cour à la femme de son frère. Sans chercher à comprendre, le jeune homme a couru pour informer son frère Abdoulaye Bamba de ce qu’il venait de voir. Celui-ci à son tour, pique une crise de jalousie indescriptible. Il s’arme d’un coupe-coupe pour aller se poster dans le noir non loin du lieu de travail de son « rival ». A peine Batjini est-il arrivé à la hauteur de son poursuivant que celui-ci a surgi de sa cache pour lui asséner des coups de coupe-coupe sur sa tête et sur ses bras. Tombé évanoui, son agresseur l’abandonne dans le sang pour se diriger sur la gendarmerie où il s’est constitué prisonnier. La gendarmerie de Yanfolila ouvre une enquête. A la clôture du dossier dans lequel il n’existait nulle part des documents médicaux attestant une quelconque maladie mentale, Abdoulaye Bamba est mis à la disposition de la justice qui lui a offert une cellule à la prison de Yanfolila où il ne passera pas un mois pour raisons de déficience mentale, semble-t-il. Une décision que le conseil de la partie civile attaque avec véhémence en justice. Affaire à suivre.
O. BOUARE