Radiés du Service National des Jeunes : 40 fonctionnaires paient le prix de l’indiscipline

Décidément, on ne blague pas au sein du Service National des Jeunes (SNJ...

4 Juin 2026 - 09:45
 0
Radiés du Service National des Jeunes :  40 fonctionnaires paient le prix de l’indiscipline

Décidément, on ne blague pas au sein du Service National des Jeunes (SNJ). Cela s'explique par une décision ferme signée le 02 juin 2026 où le Directeur Général du Service National des Jeunes, le Colonel-Major Tiémoko Camara, a prononcé la radiation de 40 agents fonctionnaires appartenant à la 7ème Cohorte du SNJ pour des faits d’insubordination et de refus d’obéissance.

Dans cette septième cohorte, ils sont au total 634 enseignants des collectivités territoriales, 255 auditeurs de justice, 120 greffiers en chef, 759 admis à la Fonction publique de l'État, 162 élèves fonctionnaires de l'École nationale d'Administration ainsi que le reliquat des cohortes antérieures n'ayant pas encore accompli leur service militaire obligatoire.

Selon plusieurs informations concordantes, les 40 agents concernés sont tous des responsables de l’administration publique. Il s’agit, entre autres, des agents de l’action sociale ; des administrateurs ; des attachés d’administration ; des agronomes ; des auditeurs de justice ; des greffiers en chef ; des contrôleurs des Douanes ; des Inspecteurs des Impôts, du Trésor, des Finances ; des professeurs ; des enseignements ; et des conseillers des Affaires étrangères. Ils auraient quitté, discrètement, le centre d’instruction afin de rejoindre Bamako pour célébrer la fête de Tabaski, en violation des consignes strictes données par leur hiérarchie. Une attitude jugée incompatible avec les exigences de discipline et de rigueur imposées dans le cadre du Service National des Jeunes.

Cette décision forte intervient dans un contexte où les autorités maliennes accordent une importance particulière au respect de l’autorité, à la discipline administrative et à la formation civique des futurs cadres de l’État. Pour de nombreux observateurs, cette affaire soulève une interrogation essentielle : comment de futurs serviteurs de l’administration publique peuvent-ils prétendre incarner l’autorité de l’État tout en défiant les règles élémentaires d’obéissance et de discipline ?

En effet, le SNJ, considéré comme un creuset de formation citoyenne et patriotique, a justement pour vocation de préparer les jeunes à servir la nation avec responsabilité, loyauté et engagement. Institution obligatoire au Mali, le Service National des Jeunes repose sur une mission de renforcer l’éducation civique, physique, morale et professionnelle des jeunes afin d’en faire des citoyens utiles au développement et à la défense du pays. Sa devise, « Apprendre, Servir, Défendre », traduit l’esprit de sacrifice, de discipline et de patriotisme que l’institution cherche à inculquer aux jeunes générations.

Rappelons que le SNJ s’appuie sur trois piliers fondamentaux. D’abord, la formation militaire et physique, destinée à développer la discipline, l’endurance et la préparation à la défense nationale. Ensuite, la formation morale, qui vise à promouvoir le civisme, la loyauté, le respect de l’autorité et la cohésion sociale. Enfin, la formation professionnelle, qui contribue à améliorer l’employabilité et l’insertion socio-professionnelle des jeunes, notamment des non-fonctionnaires.

À travers cette radiation collective, la Direction du SNJ rappelle qu'aucune entorse aux règles ne sera tolérée, surtout au sein d’une institution chargée de former les futurs cadres et bâtisseurs de la République. Toutefois, cette affaire porte à croire que certains jeunes agents de l’administration publique ne sont pas prêts pour la patrie surtout à un moment où le Mali fait face à d’importants défis sécuritaires et institutionnels nécessitant davantage de rigueur et d’engagement au service de la nation.

Adama Coulibaly