Sokonafing en commune III ! Bras de fer entre la population et des spéculateurs fonciers

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Informer l’opinion publique sur la situation litigieuse du foncier qui prévaut à Sokonafing, en commune III du district de Bamako, autour du foncier. Voilà d’un trait, le mot d’ordre d’une conférence de presse animée le samedi dernier par les habitants de cette localité. La cérémonie qui s’est tenue devant une maison illégalement démolie, a été présidée par le chef de village, Sabatiè Traoré, qui avait à ses côtés, des conseillers de la Mairie de la commune III du district de Bamako, les responsables de l’Association des Propriétaires Fonciers et Concessionnaires Ruraux (PFCR).

Les larmes aux yeux et extrêmement surmontés, les habitants de Sokonafing, en commune III de Bamako sur la route de Kati, sont sortis de leur réserve pour informer l’opinion publique du litige foncier qui continue de leur couper le sommeil. « Non à la spoliation de nos terres ! Sokonafing, c’est notre terre ! À bas les prédateurs fonciers ! ». Autant, de messages qu’on pouvait lire sur les banderoles, à la faveur de cette rencontre.

Dans cette histoire, des opérateurs économiques maliens prétendent, tour à tour, à la propriété des parcelles déjà habitées ou en construction dans cette localité de Sokonafing. Et cela à travers des titres fonciers, qui selon les notabilités du quartier sont faux et archifaux.

Ils sont au moins, quelques opérateurs économiques à être cités dans cette affaire qui jette le froid dans le dos de plus d’un. En effet, les sieurs  Ousmane Sidibé ; Abdoulaye N’Diaye ; un certain Haïdara et d’autres personnes soutenues par le tribunal de Kati, clament  à qui veut l’entendre, que les terres de Sokonafing, conservées et habitées pendant plus de 60 ans, leur appartiennent tout en faisant fi aux principes du droit coutumier.

Pourtant, la section administrative de la Cour suprême avait donné raison au quartier de Sokonafing qui relève de la commune III du district de Bamako et non du cercle de Kati. Dans un document dont nous disposons une copie, il ressort que la section administrative de la Cour Suprême, en son audience publique ordinaire du 8 janvier 2015 et délibéré le 9 janvier 2015, a rendu un arrêt relatif au litige foncier qui oppose la Mairie de Kati au Conseil de quartier de Minkoungo-Sokonafing et SirakoroDounfing.

Cet arrêt N°007 du 09 janvier 2015 de la Section administrative de la Cour Suprême annule l’arrêté d’approbation du lotissement de Kati Sananfara Extension de même que les permis d’occuper délivrés par la Mairie de Kati dans le cadre dudit lotissement en lien avec les parcelles du Conseil de quartier de Minkoungo-Sokonafing et Sirakoro Dounfing, en Commune III du District de Bamako.

Une bombe à retardement à désamorcer en toute urgence

En dépit de cette décision de la Cour Suprême, la situation n’a pas changé d’un iota. Et les parcelles du village de Sokonafing, selon les habitants, n’échappent toujours pas à l’appétit vorace de ceux qu’ils appellent  ‘‘des prédateurs fonciers’’ qui selon eux, sont de mèche avec le tribunal de Kati.

Selon Sabatié Traoré, chef de village de Sokonafing, cette localité relève de la commune III du district de Bamako. Donc, le tribunal de Kati ne peut en aucune manière attribuer des titres fonciers sur la terre de Sokonafing. « Nous avons conservé cette forêt depuis bien avant la pénétration des troupes françaises. Et nous avons résisté pour que rien ne l’’arrive. Ils marcheront sur nos cadavres sinon nous n’allons pas céder », averti le chef de village qui a appelé à la résistance.

Face à cette situation, les intervenants ont lancé un cri de cœur aux nouvelles autorités de transition, lesquelles sont appelées à faire respecter la décision de la Cour Suprême afin que les pauvres propriétaires terriens restent dans leurs droits.

Adama Coulibaly

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