Entre nous : Le choc de l’horreur

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Les forces de police prennent position devant l'hôtel Radisson Blu de Bamako, ce 20 novembre 2015. AFP PHOTO / SEBASTIEN RIEUSSEC
Les forces de police prennent position devant l'hôtel Radisson Blu de Bamako, ce 20 novembre 2015. AFP PHOTO / SEBASTIEN RIEUSSEC

Ils ont encore frappé. Pas à Paris, ni à Beyrouth, encore moins à Sevaré mais à Bamako. Ces illuminés, atteints par la myopie de l’obscurantisme, ont ciblé, le 20 novembre 2015, l’hôtel Radisson Blu de Bamako. L’assaut des forces de sécurité maliennes appuyées par leurs partenaires français, américains et de la Minusma, a duré plus de neuf heures. Le bilan est lourd : plus de 20 morts et de nombreux blessés. Tout le pays est sous le choc de l’horreur comme ce fut le cas à Paris, le 13 novembre dernier. Après le Restaurant La Terrasse, c’est la deuxième attaque terroriste de grande pleur à Bamako en 2015. Cette attaque terroriste la plus sanglante dont notre pays a été victime depuis les évènements de mars 2012, intervient dans un contexte marqué par le retour progressif du Mali sur la scène internationale. Elle intervient également au moment où les parties signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation sont engagées dans un dynamisme marqué par le retour de la confiance.

On savait que le Mali est une cible privilégiée des organisations terroristes avec d’autres pays comme la France, les USA, le Niger, le Nigéria, le Tchad, le Cameroun. De Paris à Bamako, c’est la même atrocité, commise par des petits lâches qui ôtent la vie des innocentes personnes sans aucune raison valable. Le mode opératoire des auteurs de l’attaque de l’hôtel Radison Blu est presque le même que celle de la Terrasse. On mitraille les gens en tirant à bout portant. Ces illuminés, incapables de faire quoi que ce soit sans une forte dose de drogue dure, sont des criminels comparables à tout point de vue à Satan. Pour avoir tué froidement des innocents, ils bruleront en enfer comme laisse présager leur fin tragique en ce bas monde.

Il faut tirer les enseignements de cette attaque en prenant des mesures qui s’imposent en la matière. La diligence avec laquelle les auteurs de cette tuerie ont agi suppose une grande préparation qui a nécessité la mobilisation  d’un certain nombre de complicités. Il faut qu’on arrête de se faire des illusions. Le vent de l’intégrisme religieux qui souffle sur notre pays et que certains esprits veulent camoufler est un terreau fertile à la promotion des idées extrémistes, le berceau du terrorisme. La très complexe lutte contre le terrorisme devient encore plus difficile au Mali compte les attaques des barbares qui veulent déshumaniser le monde avec des atrocités indignes de ce 21ème siècle. Comme ce fut le cas en janvier 2013, lorsqu’une horde de terroristes narcotrafiquants avait attaqué la ville de Konna dans l’optique de marcher sur Bamako. Tenu de l’extrême sensibilité au contrôle des mosquées notamment des prêches. Face à une jeunesse désespérée et désemparée, les discours des plus grands narcotrafiquants comme Iyad Ag Agaly, Belmoktar ou encore Amadou Kouffa, trouvent rapidement une oreille attentive.

Il est impératif de barrer la route à ces illuminés, drogués, marchands d’illusions qui veulent faire de cette religion de paix et de tolérance qu’est l’islam un fonds de commerce. La République doit rester débout. La République du Mali et ses amis ne cèderont jamais à la panique créée par ceux qui sont frappés par l’ignorance, l’obscurantisme et l’intolérance.

La République du Mali et ses amis resteront toujours debout et ne courberont jamais l’échine sous

 Chiaka Doumbia

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