Afric’Actu : Et si Diomaye Faye gagnait dès le premier tour ?

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Dimanche 24 mars 2024,  7 millions de Sénégalais inscrits sur les listes électorales se sont enfin rendus aux urnes pour départager 19 candidats – dont une femme, l’entrepreneure Anta Babacar Ngom. Si aucun n’atteint  la majorité absolue, un second tour sera  nécessaire, dont la date pourrait être fixée après le 2 avril – le terme constitutionnel du mandat de Macky Sall.

Depuis le début de la campagne, deux camps se dégagent nettement : celui de la coalition autour de Bassirou Diomaye Faye et celui du candidat  désigné par Macky Sall, l’ancien premier ministre Amadou Ba.  Toutefois, Bassirou Diomaye Faye, constituant un tandem avec Sonko et soutenu par la coalition de l’ex-Pastef,  aurait toutes les chances de l’emporter dès le premier tour. Sa  campagne de rupture, adulée par les masses populaires aspirant à un changement de gouvernance, est désormais auréolée des ralliements de taille de dernière minute : celle de Wade père et fils.

Pour les Sénégalais, les enjeux de cette présidentielle sont multiples : respect des libertés fondamentales et de la démocratie. Tourner la page du  régime  Macky Sall est leur objectif principal. Toutefois son successeur devra s’atteler à relever l’Indice de développement humain (le pays a reculé au 170e rang mondial sur 190 en 2021) afin de réduire le chômage.

De même, il devra  s’efforcer  à réduire  la corruption des élites. D’autant que la politique néolibérale,  conduite par Macky Sall, n’a  profité qu’à de grandes entreprises (le plus souvent françaises ou européennes) et à une minorité locale.

Un autre enjeu, pas des moindres,  est que  le Sénégal  s’apprête à devenir, pour la première fois de son histoire, un producteur d’hydrocarbures. D’une façon implicite, c’est la question de la souveraineté – sujet sensible dans toute l’Afrique de l’Ouest – qui est au cœur de cette élection.

Bassirou Diomaye Faye et l’ex-Pastef évoquent la fin du franc CFA, mais « dans le cadre de la Cedeao », précise le candidat.

Courtisé depuis qu’il a été mis hors-jeu  de cette présidentielle, Karim Wade à  in fine officialisé, les 22 courant-soit  au  dernier jour  de campagne, le ralliement du Parti démocratique sénégalais (Pds) au candidat de l’ex-Pastef. Ce qui constitue  un coup dur pour le candidat de la majorité sortante, Amadou Ba.

Hier dimanche soir, le Sénégal devrait savoir, après quatre ans d’une crise politique inédite dans son histoire, si la page Macky est tournée ou non.

Gaoussou Madani Traoré

 

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